Mario Jean a amorcé le rodage de son sixième spectacle solo, Aller de l’avant.

Mario Jean, un vétéran qui va de l’avant

Avec 25 ans de métier derrière la cravate, Mario Jean fait figure de vétéran dans le paysage de l’humour. Un paysage qu’il ne délaisse jamais bien longtemps. Même s’il s’est écoulé cinq ans entre son précédent tour de piste (Moi, Mario) et celui qu’il commence à promener sur les scènes du Québec, l’humoriste n’a pas cessé de multiplier les projets. On l’a vu à la télé (dans District 31 et Les pays d’en haut, notamment), au théâtre (Je vous écoute) ainsi que dans la chaise du metteur en scène pour différents projets.

« Depuis le début de ma carrière, je me fais un devoir de ne jamais vraiment arrêter. Je me ressource en continuant d’être présent. Quand tu es trop en retrait, tu perds un peu le beat. Tout évolue tellement vite dans le milieu de l’humour. Le meilleur moyen de rester branché, c’est encore de rester dans le décor, de suivre la vague. »

Entre ses débuts et maintenant, la scène humoristique a pris du coffre.

« L’offre s’est diversifiée. Le public voit beaucoup de spectacles d’humour, il est plus sélectif. L’humour est aussi plus direct. Il y a moins de flaflas, de gros décors et de costumes, de personnages aussi. On fait les choses de façon plus punchée, en établissant une relation directe avec les spectateurs. »

Dans pareil contexte, il faut trouver une façon de se renouveler tout en gardant sa signature.

« C’est là qu’est le défi. Il faut suivre la cadence tout en restant soi-même et en continuant de parler à son public. Il y a des spectateurs qui me suivent depuis mes débuts. Je veux continuer de m’adresser à eux. Je souhaite aussi être fidèle à mon style, à la couleur Mario Jean et à ce qui me caractérise, c’est-à-dire la simplicité, le gros bon sens, la bonhomie dans ce qu’on vit au jour le jour. »

Cette couleur-là teinte Aller de l’avant, sixième effort solo de Mario Jean, qu’il vient roder deux soirs à Magog.

Tendre vers mieux

« J’ai cherché à parler de grands thèmes qui se déploient dans la société. Moi, comme être humain, j’essaie de m’améliorer. Quand je regarde autour, je me demande si tout le monde tend vers ça. Je parle d’un paquet de choses sérieuses, mais le but premier, c’est de faire rire », dit celui qui cause autant d’intelligence et de bêtise humaine que des joies et des peines de vieillir, de surconsommation, de retraite et des enfants qui tardent à quitter le nid familial.

Inspiré par le mouvement #moiaussi et tout ce qui a marqué l’actualité dans la foulée de celui-ci, l’humoriste a aussi bâti un numéro sur le consentement sexuel.

« Ce qui s’est passé m’a interpellé comme homme. Je parle à mes congénères, mais je dévie aussi en évoquant le phénomène des dick pics, qui s’observe chez les jeunes. Ce sujet-là a pas mal d’impact. Des gens n’en reviennent pas que certains envoient des photos de leur pénis pour cruiser. D’autres assurent en avoir déjà reçu. C’est drôle de voir les réactions des gens », dit celui qui a déjà effectué une partie du rodage dans les maritimes.

« Je tenais à aller là-bas. Le dernier spectacle, je l’ai fini sur la déprime en me questionnant pour la suite. Je ne savais plus si je voulais encore faire des shows. Je n’étais sûr de rien. J’ai fait une petite tournée toute simple, sans décor, au Nouveau-Brunswick et en Ontario. Ça m’a redonné le goût de faire de la scène. Les salles étaient pleines, les gens étaient contents. Ça a été un boost incroyable. J’avais le goût de retourner voir ce monde-là. »

Aller de l’avant suggère une projection dans l’avenir... que d’aucuns prédisent sombre. Mario Jean, lui, regarde demain avec optimisme... et réalisme.

« J’ai jasé de ça récemment avec une gang d’amis. On se rappelait comment, au cégep, dans les années 1980, en pleine guerre froide, on était certain que le décompte des jours vers la Troisième Guerre mondiale était commencé. On faisait la liste des pays qui avaient le pouvoir de faire exploser la planète. On vivait là-dedans, on ne voyait pas trop de futur. Finalement, la catastrophe nucléaire n’est pas arrivée. On est encore là. Aujourd’hui, c’est l’environnement qui est une grosse préoccupation, qui nous fait douter de l’avenir. Est-ce qu’on sera encore là dans 30 ans? Je pense que oui. Reste à voir dans quel état. Mais bon, il faut agir, continuer à aller de l’avant. Et faire ce qu’on peut, chacun à sa mesure. »

Vous voulez y aller?

Aller de l’avant
Mario Jean
Les 1er et 2 mars, 20 h 30
Les 14 et 15 juin, 20 h 30
Vieux Clocher de Magog
Entrée : 44 $