Marie-Evelyne Lessard

Marie-Evelyne Lessard : choisie par le jeu

La comédienne Marie-Evelyne Lessard se glisse dans la peau de deux nouveaux personnages à la télévision cet automne. Elle incarne Sandrine Boudrias, une physiothérapeute en centre de réadaptation dans la nouvelle quotidienne jeunesse Clash, et Laila Rochat, une nouvelle cliente au bar de danseurs dans la deuxième saison de Cheval-serpent.

Née d’une mère haïtienne et d’un père sherbrookois, Marie-Evelyne est la plus jeune d’une fratrie de six enfants et a été élevée dans une maison où le chant et la danse faisaient partie du quotidien.

« Il y a toujours eu, chez nous, une liberté d’être qui on est. Nos parents ne nous ont jamais dit de faire science ou médecine. Ils nous ont toujours dit de faire ce dont on avait envie, ce qui nous passionnait. Alors c’est certain que ça a laissé la place à la créativité et au développement du potentiel artistique dès le jeune âge », explique celle qui a grandi à Rock Forest, précisant que ses cours d’art dramatique à l’école Le Triolet, avec l’enseignant Patrice Potvin qui l’encourageait beaucoup, ont fait une différence dans son parcours.

Après ses études secondaires, elle quitte la région pour étudier en exploration théâtrale au Cégep de Saint-Hyacinthe puis s’inscrit en exploration théâtrale à Montréal.

« J’aimais chanter, j’aimais danser, j’aimais jouer. Finalement, le jeu m’a choisi », lance-t-elle en riant, ajoutant qu’elle ne se ferme pas de portes même s’il y a un moment qu’elle n’a pas entraîné sa voix pour le chant ni son corps pour la danse.

Massothérapeute deux ans

Lorsque la comédienne s’est présentée aux auditions de Clash, elle avait un avantage sur les autres candidates. « J’ai été massothérapeute pendant environ deux ans avant que les contrats de télé se multiplient, alors j’avais des notions en physiologie et en anatomie. Je connaissais aussi la relation thérapeute-client. C’est certain que ça m’a aidée pour la crédibilité en audition. Après, j’ai quand même fait mes recherches dans le domaine de la physiothérapie. J’ai été coachée par une professionnelle et sur le plateau de tournage. On avait un vrai physio qui m’enseignait les manœuvres à exécuter », raconte celle qu’on a vue au petit écran dans 19-2, 30 vies, Trauma et Les Argonautes.

La fiction Clash, écrite par Martine D’Anjou et produite par Fabienne Larouche et Michel Trudeau, raconte un moment charnière chez six jeunes adultes, âgés de 19 à 25 ans, qui doivent fréquenter un centre de réadaptation après un accident grave et un séjour à l’hôpital. Leur état nécessite de la physiothérapie, de la psychothérapie et des soins médicaux au quotidien. On suit les jeunes sur le chemin tortueux de la guérison.

« Les jeunes font de la réadaptation intensive, alors Sandrine passe beaucoup de temps avec eux et elle devient une confidente et une personne ressource pour eux. Elle est sympathique et empathique. C’est une histoire pleine de résilience, d’humanité, de solidarité. En même temps, il y a des drames et des déchirements. Sandrine apporte de la lumière dans une situation qui a sa part d’ombre », dit celle qui croit que la série jeunesse plaira à un public de 15 à 55 ans.

Après la diffusion des premières émissions à Super Écran, les critiques sont bonnes et Marie-Evelyne se croise les doigts pour que le tournage d’une deuxième saison ait lieu ce printemps. La série sera aussi diffusée à VRAK du lundi au jeudi à 19 h 30, dès le 5 novembre.

Marie-Evelyne Lessard et le cinéaste Martin Laroche lors de l’annonce des nominations pour le gala du cinéma québécois en 2013.

Serpenter entre les chevaux

Dans Cheval-serpent, série qui sera présentée en hiver 2019 à Ici Radio-Canada Télé, Marie-Evelyne interprète une femme de carrière indépendante qui se rend pour une première fois dans un bar de danseurs et crée un lien avec l’un d’entre eux. « C’est une femme en confiance, presque frondeuse, et la relation qu’elle développe avec le danseur causera des remous », souligne la comédienne, déçue que la série n’ait pas été prolongée pour une troisième saison.

Sinon, entre les périodes de tournage, Marie-Evelyne fait du doublage en prêtant sa voix à plusieurs actrices américaines, notamment dans le dernier film de Spike Lee, Opération infiltration.

« Faire du doublage, c’est très technique. Il y a un écran, une bande rythmique avec le scénario et on doit lire et interpréter le texte au même moment. Il faut vraiment séparer son cerveau en deux », explique-t-elle, précisant que, pour la majorité des séances de doublages, elle n’a ni vu le film ni lu le scénario préalablement.

« On lit à une ou deux reprises et on passe à autre chose. Il y a une certaine pression, mais je suis à l’aise dans ce contexte. »

En attendant un film...

Au cinéma, son interprétation de Sophie, dans le long métrage Les manèges humains du cinéaste Martin Laroche, fut saluée par la critique. Lors du Gala du cinéma québécois en 2014, elle a obtenu une nomination dans la catégorie Meilleure actrice. Elle a joué également sous la direction de Guy Édoin, aux côtés de Pascale Bussières et Monica Bellucci, dans le film Ville-Marie.

« Au Québec, il y a uniquement une trentaine de productions par année et il y a tellement d’acteurs, mais j’aimerais vraiment participer à un autre long métrage. On est aussi en pourparlers pour un court métrage. »

En attendant janvier, qui est une importante période d’audition, Marie-Evelyne ira faire des lectures théâtrales dans les écoles primaires du quartier Hochelaga, pour le projet Contes de Noël bleus d’Énergir auquel elle participe depuis cinq ans.

Et même si le métier de comédienne en est un où l’avenir est imprévisible, Marie-Evelyne demeure optimiste. « Je sais qu’il n’y a rien qui tombe du ciel, mais je suis assez proactive. J’ai toujours l’impression qu’il y a un projet qui avance. Chaque année, je me fixe des objectifs. J’essaie d’être en mouvement et de provoquer les choses. »