Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Marc Levy signe, depuis plus de 20 ans, au moins un roman par année.
Marc Levy signe, depuis plus de 20 ans, au moins un roman par année.

Marc Levy: Contre la «grande criminalité en col blanc»

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
Marc Levy signe, depuis plus de 20 ans, au moins un roman par année. Ses limites, il les repousse chaque fois qu’il commence un projet. L’écrivain français admet toutefois que sa nouvelle série 9 est plus risquée. Pourquoi? Parce qu’il aborde, «sans détour», d’importants enjeux sociaux, voire politiques.

«C’est un livre qui est complètement ancré dans la réalité. Est-ce que c’est un roman où je prends fait et cause? Oui, bien sûr! Je ne suis pas tombé sur ce sujet par hasard», raconte l’auteur à succès, en entrevue au Soleil.

C’est arrivé la nuit et Le Crépuscule des fauves, les deux premiers tomes de la série 9, sont en fait le «fruit d’une très longue enquête».

Avant d’écrire la première phrase de ses nouveaux romans d’action, Marc Levy s’est tout d’abord posé des questions par rapport aux grandes entreprises qui prennent de plus en plus de pouvoir, celles qui, peu importe le domaine, enfreignent les lois sans ne jamais en subir les conséquences.

Il a donc eu envie de partir à la rencontre de «hors-la-loi» qui travaillent quotidiennement pour dénoncer les «vrais» criminels, ceux qui portent le col blanc. Plusieurs personnages de son histoire s’inspirent ainsi des «héros» avec qui il a discuté lors de ses années de recherches.

Originaires d’Oslo, Rome, Tel-Aviv, Madrid, Londres, Paris et Kiev, les protagonistes de la série 9, qui ne se sont jamais rencontrés, mettent ensemble la main à la pâte. Universitaires, entrepreneurs, journalistes, agents de sécurité informatique, peu importe leur métier, ces «Robin des bois des temps modernes» sont tous animés d’un désir de vengeance, pour faire payer «ceux qui se croient au-dessus des lois», pour remettre à l’ordre du jour le «partage des richesses».

Qui sont ces «criminels à col blanc» dans la série 9? Des ultraconservateurs américains qui gagnent des milliards grâce aux énergies polluantes; des propriétaires de fonds d’investissement; des politiciens corrompus; des géants du Web; des dirigeants de grandes banques ou encore des entreprises pharmaceutiques.

L’auteur dénonce ainsi de front des groupes qui profitent de leur argent pour abuser de leur pouvoir sur la population.

«Ça peut paraître un peu grandiloquent, mais il faut remettre les choses dans leur contexte. […] Ces gens ont atteint des puissances économiques qui font qu’ils peuvent tout acheter. Et leur marchandise, c’est vous», déplore le New-Yorkais d’adoption.

Passion et rigueur

Même s’il est animé par une volonté réelle d’alerter ses lecteurs, l’écrivain refuse le titre du «canari dans la mine». On comprend toutefois rapidement le ton qu’il donne à son roman lorsqu’il parle de George Orwell.

«Dans 1984, je ne suis pas certain qu’Orwell souhaite vraiment réveiller les gens. Il veut rédiger une histoire qui va les toucher et qui va éveiller quelque chose chez eux. Moi, ce que j’essaie de faire dans ces romans, c’est de raconter, avec des personnages, une série ancrée dans la réalité des lecteurs. Je laisse ensuite la liberté à chacun de se dire “Mais en fait c’est dingue [ce qui se passe]”.»

Même si la série 9 aborde de grands enjeux de société, elle ne diverge pas tant que ça de ses autres romans publiés dans les dernières années, affirme Marc Levy.


« Mes romans ont toujours eu un thème lié à ce qui nous rattache à l’humanité »
Marc Levy


On aurait d’ailleurs pu croire qu’après plus de 20 œuvres, qui atteignent les 50 millions d’exemplaires vendus à l’international, Marc Levy aurait ressenti une pression qui vient avec le geste de créer. Il n’en est pourtant rien.

«C’est juste l’exigence de celui qui aime vraiment son métier. L’exigence d’un alpiniste qui, même s’il a monté dix ou quinze montagnes avant, sait qu’il peut se casser la figure et tomber dans le ravin. J’ai un appétit de faire mieux, une pulsion qui pousse à être à la hauteur du cadeau que la vie me fait», souligne le populaire écrivain.

C’est arrivé la nuit et Le Crépuscule des fauves sont offerts en librairie.