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Marc Dupré avec sa conjointe Anne-Marie Angélil.
Marc Dupré avec sa conjointe Anne-Marie Angélil.

Marc Dupré : Retour aux origines

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
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En 1995, Marc Dupré, alors à l’aube de la vingtaine, quittait le nid familial pour son premier appartement, à Magog, pour être artiste en résidence tout l’été au Vieux Clocher, ancienne église transformée en salle de spectacles. Vingt-six ans plus tard, voilà qu’à deux coins de rue de là, il ouvre une microdistillerie... dans une ancienne église. Et c’est son fils Anthony, à l’aube de la vingtaine, qui s’en occupe, et qui vient donc de quitter le nid familial pour son premier logis... à Magog.

« Il s’est acheté un condo tout près d’où j’habitais. Il travaille 50, 60 heures par semaine à la distillerie, alors c’était impossible pour lui de ne pas déménager, ajoute le chanteur. C’est spécial, parce qu’il vit un peu la même affaire que moi. Et je ne te cacherai pas que cette semaine de concerts au Vieux Clocher, c’est un peu pour pouvoir passer la semaine avec mon gars. »

Marc Dupré entamera en effet, dès le 20 juillet, une série de cinq concerts au Vieux Clocher, déjà à guichets fermés. Une façon pour lui de renouer avec ses origines et de remettre les pieds sur cette scène qu’il n’avait pas foulée depuis longtemps, ses plus récents spectacles étant trop volumineux pour s’y glisser.

« Ces dernières années, on partait en tournée avec un camion de 53 pieds. Mais j’ai passé beaucoup de temps à Magog ces derniers temps à cause de la microdistillerie et ça m’a rendu un peu nostalgique. J’en ai vécu, des affaires, ici ! Je me suis revu débarquer avec tout à apprendre, ma voix que je ne savais pas encore comment gérer, les six spectacles par semaine, les petites assistances du début qui finissent par grossir, jusqu’à ce que les salles soient complètes à la fin de l’été... Bernard Caza a vraiment eu du front. Il m’avait simplement vu au Festival Juste pour rire, alors que je n’avais même pas de spectacle ! »

La microdistillerie Cherry River à Magog a été aménagée dans l’ancienne église Saint-Luke.

Dix ans d’imitations

Plusieurs ont oublié qu’à l’époque, Marc Dupré était avant tout imitateur (même si les chanteurs étaient sa principale cible, ce qui lui avait notamment permis de se produire en première partie de Céline Dion). En fait, constate-t-il, une bonne part de son public d’aujourd’hui, plutôt jeune, n’a aucune idée de cette première décennie de carrière où les foules se pressaient pour le voir imiter Bryan Adams, Éric Lapointe ou Michael Bolton.

« Un gros pourcentage n’en a aucune espèce d’idée. Pour les amis de mes enfants, je suis un chanteur, point. En même temps, je n’en parle pas tant que ça. Peut-être parce que, pour moi, c’est un peu la même chose. Que ce soient mes chansons ou celles des autres, ça reste de la chanson. Mais j’avoue que, pour ce spectacle, j’ai le goût de revenir un peu sur ce que j’ai fait au Vieux Clocher au début. J’ai presque envie d’aller fouiller dans un vieux numéro du temps. Mais j’ai toujours gardé de la place pour de l’humour dans mes spectacles, même quand je suis passé à la chanson. »

Cette prestation créée pour l’occasion, Marc Dupré avoue qu’il avait d’abord pensé en faire une captation, soit pour un album en concert, soit un DVD. Lorsqu’il a pris conscience de la préparation et des répétitions nécessaires, il a abandonné l’idée, son calendrier et la pandémie ne lui permettant pas. Il a donc préféré miser sur une soirée plus acoustique, avec davantage de spontanéité.

« Ma fille sera là et elle est censée venir chanter avec moi. Peut-être aussi quelques amis qui sont de passage à Magog. J’ai gardé ça très ouvert. Je ne sais pas trop ce qui va se passer chaque soir. J’ai envie de m’amuser, de revisiter de vieilles affaires, de jaser avec le monde. De toute façon, le Vieux Clocher, c’est une place pour ça », résume celui qui ne sait pas encore s’il y aura une suite à cette prestation.

Sauvée de la décrépitude

Une chose est certaine : avec la microdistillerie Cherry River maintenant installée dans l’ancienne église Saint-Luke, angle Saint-Patrice et des Pins, Marc Dupré n’a pas fini de passer par Magog. C’est à la suggestion de son partenaire d’affaires Francis Delage, résident de Magog de longue date, que le bâtiment patrimonial, construit en 1870, a été sauvé d’un état de décrépitude avancée. Les investisseurs ont également fait ériger une adjonction en respectant scrupuleusement l’architecture d’origine.

« On pourrait presque croire que la rallonge a toujours été là, alors qu’il n’y avait rien avant. Je n’étais pas certain de l’idée de Francis au départ, mais quand je suis entré la première fois, j’ai dit oui instantanément. Je cherchais un endroit avec de l’âme, et c’était ça. Il y a tellement de vécu dans ce lieu ! C’est un édifice où il y a eu des baptêmes, des mariages, des funérailles... »

En dépit des impératifs de préservation du patrimoine, doublés de l’augmentation des coûts des matériaux et de la main-d’œuvre, l’entreprise n’a pas été trop compliquée aux yeux de l’artiste. « Bien sûr, il fallait solidifier les planchers, réparer les fuites, mais nous avons gardé 80 pour cent des boiseries. On a fait le bar avec les bancs d’église, on en a mis sur la terrasse... On a pratiquement tout gardé. Les murs ont été recouverts, mais le bois d’origine est toujours là, en dessous. » 

On a même appris, lors de la première émission de La belle tournée, qu’un local de l’église avait été loué à Patrice Michaud comme studio. « Pendant la construction ! s’étonne encore Marc Dupré. Nous sommes allés le voir plusieurs fois pour vérifier si tout allait pour lui, parce qu’il y avait des journées où ça tapochait pas mal. Une partie de son prochain album est née là. »