Mara Tremblay est venue présenter samedi soir au Boquébière les chansons de son plus récent album.

Mara Tremblay : brillante comme une étoile

CRITIQUE / « Cassiopée », son plus récent album, a été écrit et pensé pour la scène, expliquait Mara Tremblay en entrevue il y a un an. De nouvelles chansons moins complexes que celles des deux opus d’avant, mais qui lui permettraient de « rocker » tout son soûl avec ses collègues en spectacle.

Et elle a rocké samedi soir au Boquébière, devant un public petit mais de grande qualité. Elle a surtout été un livre ouvert, partageant ses états d’âme entre chacune des pièces. Parfois drôle comme ça se peut pas, avec une touchante authenticité, Mara est aussi douce et émouvante par moments, mais la plupart du temps décoiffante et explosive derrière sa guitare. Quelle belle soirée!

La jolie rousse de 49 ans a ainsi fait vivre sur scène la majorité des pièces de son plus frais gravé, mais a bien exploité aussi ses autres albums de chansons originales créés sur deux décennies. En fait, seul Les nouvelles lunes n’a pas été visité, ses deux premiers disques ainsi que le fabuleux Tu m’intimides (non mais ce qu’il est bon, cet album!) meublant, avec Cassiopée, l’essentiel des 105 minutes de prestation sans entracte.

Mara a d’ailleurs souligné la fierté ressentie lorsqu’elle contemple la somme créative qu’elle laisse dans son sillage (et elle met dans le lot ses deux fils, également devenus disciples d’Euterpe). Sa première rondelle, Le chihuahua, aura 20 ans l’an prochain, a-t-elle rappelé.

« Quand je dis que j’aurai bientôt 50 ans, les gens me répondent que je ne les fais pas. Mais moi, je veux qu’on me dise que je les fais! Je trouve ça beau, accumuler de la vie! Ça devrait toujours être célébré! » a-t-elle lancé tel un cri du cœur, pendant que ses admirateurs (surtout des admiratrices en fait) lui disaient à quel point ils la trouvaient belle.

Deuil du violon

Toute de noir vêtue, avec chapeau, robe froufroutante et chandail étoilé, Mara est arrivée sur scène et, sans salutation ni avertissement, a balancé Ton corps au mien dans les dents de l’auditoire. Le ton était donné. Du violon, il n’y en aurait pas (ce qui est certes dommage, sauf qu’on ne veut surtout pas que l’artiste annule à nouveau ses spectacles pour cause de hernie discale cervicale, comme en 2009-2010).

Mais de la guitare électrique, il y en aurait, surtout avec un coéquipier comme Sunny Duval, qui est capable de transposer en électricité les factures plus cristallines (Lumières et diamants) ou électroniques (Toutes les chances, Le printemps des amants). Avec Mat Vezio à la batterie et Marie-Ève Arseneault à la basse et aux claviers, l’interprète en vedette s’est retrouvée solidement appuyée, notamment par un trio choral très touchant dans Le bateau.

Mais Mara aussi peut être une sacrée guitariste quand elle le décide. Elle peut également opter pour une tendresse infinie, par exemple lorsqu’elle décide de faire valser ses ouailles sur Cette heure au lac Notre-Dame ou de leur faire chanter Les aurores en mimant les paroles.

Mais elle est surtout une excellente communicatrice, qui a su faire rapprocher le public et créer une complicité manifeste, entre autres lorsqu’elle est descendue chanter Tu n’es pas libre dans la foule, telle une ombre chinoise devant la scène éclairée.

« Ce matin, je n’ai pas eu un début de journée facile », d’avouer celle qui ne fait plus de cachette sur sa bipolarité. « J’avais plusieurs nœuds. Mais quand je suis arrivée sur scène, tout s’est dénoué. Avec vous, il n’y a plus de nœuds nulle part », a lancé Mara à sa chaleureuse salle.