En plus de faire rire le public à chaque phrase, Boucar Diouf a su glisser des informations pertinentes sur l’histoire du fleuve Saint-Laurent, qu’il considère comme un trésor, qui vaut encore plus que l’or.

Magtogoek, le chemin qui marche : capitaine Diouf porté par le vent

SHERBROOKE — Boucar Diouf a transformé la salle Maurice-O’Bready en énorme voilier, vendredi soir, amenant l’auditoire dans un voyage sur le fleuve Saint-Laurent... et dans le temps.

Toujours dans un humour des plus intelligents, le Québécois d’origine sénégalaise a su charmer, éduquer et faire rire le généreux public, qui a accompagné le capitaine Diouf, ainsi que sa capitoune, une heureuse élue de l’assistance qui a joué le jeu de bouc émissaire.

Tout au long du spectacle, l’humoriste nous plonge dans son histoire en Amérique du Nord, qui a commencé en 1991 à Rimouski, lorsque le jeune était venu faire ses études universitaires à l’UQAR. De Rimouski à Montréal, passant par Trois-Rivières, Québec et beaucoup d’autres, l’humoriste n’en manque pas une, se moquant des accents des différentes places au Québec et disant que le froid nous a donné certaines vertus, dont celle d’être plus concis et moins poétique que certains autres pays francophones.

Longue épopée

Il s’en suit d’une longue épopée ponctuée de croustillantes anecdotes, de sages paroles de son grand-père (et une de sa grand-mère, ce qui arrive moins souvent, à ses dires!) et même de chansons.

Et ces chansons, les Sherbrookois les ont chantées. Qu’il s’agisse de la prière amérindienne Ani couni chaouani ou d’Il était un petit navire, les Sherbrookois se sont donnés, surprenant même Diouf à quelques reprises.

Celui-ci a aussi su rappeler de bons souvenirs aux spectateurs en début de spectacle, racontant l’envers du décor d’une émission Des kiwis et des hommes, où les coanimateurs Francis Reddy et Boucar Diouf avaient apprêté une palourde royale, ayant une texture et une forme des plus douteuses.

En plus de faire rire le public à chaque phrase, le drôle de personnage a su glisser des informations pertinentes sur l’histoire du fleuve Saint-Laurent, qu’il considère comme un trésor, qui vaut encore plus que l’or. Celui qui est installé au Québec depuis plusieurs décennies ne s’est pas caché pour critiquer la décision de l’ex-maire Coderre d’y jeter plusieurs milliards de litres d’eaux usées.

Pipi-caca... intelligent

Si l’humour « pipi-caca » est réputé pour être de l’humour pour les gens immatures, Boucar Diouf a su renverser la tendance. Le monologuiste a su faire réfléchir — et rire — la salle, demandant si le mot marde était positif ou négatif, disant « qu’il est négatif de manger de la marde, négatif de se faire donner un char de marde, mais que ce soit le bout de la marde ou une pauvre petite crotte, ça n’est pas le même sens » a-t-il analysé, toujours avec le plus grand des sourires.

Ceci étant dit, les spectateurs présents dans la salle presque comble du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke semblent avoir adoré leur spectacle, réservant une ovation debout au sympathique humoriste.