« Le Bûcheron » est une œuvre signée par Indra Singh, artiste originaire de Notre-Dame-de-Ham, en collaboration avec Paul Mailhot, son apprenti soudeur.
« Le Bûcheron » est une œuvre signée par Indra Singh, artiste originaire de Notre-Dame-de-Ham, en collaboration avec Paul Mailhot, son apprenti soudeur.

L’œuvre d’Indra Singh au cœur du village de St-Adrien

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Ce n’est pas sans motivation historique que « le bûcheron » de l’artiste Indra Singh s’impose désormais sur le parvis de l’ancienne église de Saint-Adrien. « Le mélange entre le premier colon de l’époque et l’Abénakis a une signification importante à mes yeux », souligne le sculpteur de Notre-Dame-de-Ham.

L’œuvre entièrement créée à partir d’acier et d’objets recyclés remplace la sculpture de bois qui siégeait à cet endroit depuis une vingtaine d’années et qui se dégradait, raconte Claude Dupont, conseiller municipal responsable de la culture et maire remplaçant de Saint-Adrien.

« Nous avions discuté avec Indra Singh de l’importance emblématique de recréer un marcheur, puisqu’à l’époque de la colonisation, nous étions complètement dans le bois ici. L’idée de garder le concept du bûcheron et d’honorer à la fois les Abénakis vient de lui et je trouve cela fantastique. C’est une belle façon de dire merci à ceux qui nous ont accueillis sur leur territoire », indique M. Dupont.

Pour Indra Singh, il s’agit aussi et surtout d’une façon de s’excuser. « Je veux inviter les natifs à réfléchir à l’histoire de notre territoire. La hache qui a été donnée aux premiers colons a servi à couper les arbres magnifiques de la région. L’œuvre manifeste le désarroi du bûcheron qui coupe un arbre, mais qui coupe son propre pied en même temps », raconte-t-il.

« Les Abénakis ne sont pas des Indiens », précise l’artiste lui-même originaire de l’Inde. « Il faut réécrire l’histoire. Il faut dire la vérité. Il faut s’excuser envers les peuples autochtones à qui nous avons fait beaucoup de mal », admet Indra Singh.

« L’église en arrière-plan donne aussi énormément de sens à l’œuvre », ajoute-t-il en rappelant le triste épisode des pensionnats autochtones, où l’Église tentait de « sortir l’Indien de l’enfant ».

« La hache qui a été donnée aux premiers colons a servi à couper les arbres magnifiques de la région. L’œuvre manifeste le désarroi du bûcheron qui coupe un arbre, mais qui coupe son propre pied en même temps. »

C’est grâce au concours culturel offert chaque année dans la MRC des Sources, en collaboration avec le Regroupement des artistes vivant en ruralité (RAVIR), que l’artiste impliqué dans son milieu a pu proposer ce projet qui lui tenait particulièrement à cœur.

Près de 900 heures, échelonnées sur une année, ont été nécessaires à Indra Singh ainsi qu’à son ami et apprenti soudeur, Paul Mailhot, pour arriver à cet aboutissement qui pèse près d’une tonne. « Ça me fait vraiment plaisir de la voir installée maintenant. J’ai comme des papillons », confie l’homme visiblement heureux.

Indra Singh n’en est toutefois pas à sa première réalisation. Habitant la région depuis maintenant 28 ans, il signe les sculptures d’insectes que l’on retrouve au parc Marie-Victorin de Kingsey Falls, le cheval de fer situé dans le parc d’accueil de la municipalité d’Ham-Nord, le Géant positionné sur le mont Arthabaska et le Dragon ailé situé aux abords de l’école primaire de Saint-Georges-de-Windsor, entre autres.

Paul Mailhot, apprenti soudeur et Indra Singh, artiste en arts visuels