Les professeurs Martin Lépine et Olivier Dezutter s’intéressent à la culture à l’école, notamment à l’organisation de ce type d’activités en milieu scolaire.

Lumière sur la culture à l’école

L’écart peut varier grandement d’un milieu scolaire à un autre en matière d’organisation d’activités culturelles, montrent les résultats d’une étude qui seront dévoilés lors d’une journée de réflexion sur « La culture à l’école », dans le cadre du Salon du livre de l’Estrie. La formation des enseignants et le soutien financier des programmes par le gouvernement sont des facteurs qui peuvent influencer la vie culturelle des élèves.

Des chercheurs se sont penchés sur « l’impact des activités culturelles sur le rapport à l’écrit des élèves et sur leur motivation en lecture et en écriture », dont le professeur Olivier Dezutter, de la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. M. Dezutter a travaillé avec les cochercheurs Marie-Christine Beaudry, de l’UQAM, Myriam Lemonchois, de l’Université de Montréal, et Erick Falardeau, de l’Université Laval. La recherche s’est intéressée au primaire qu’au secondaire.
« Ce qui est assez frappant, depuis une dizaine d’années, quand j’interroge mes étudiants en formation initiale à l’enseignement, aux futurs enseignants de français, que je leur demande dans votre parcours scolaire, avez-vous eu l’occasion d’aller au théâtre, de rencontrer un auteur dans la classe, chaque année, j’ai un tiers de mes étudiants qui disent oui, qui ont fait cette expérience-là. Mais ça veut dire que j’ai deux tiers des étudiants qui ne l’ont pas fait! » commente M. Dezutter.
« Une première enquête sur l’impact du programme La culture à l’école en 2007 — le seul chiffre dont on dispose — disait qu’il y avait environ 30 % des milieux scolaires qui organisaient des activités. Ça correspond à peu près à ce que l’on a, dix ans plus tard. Les enseignants qui ont répondu à notre enquête, pour la grande majorité d’entre eux, étaient des enseignants qui étaient déjà très intéressés par la question, qui faisaient des activités... »
Cette situation entraîne elle aussi une grande disparité auprès des élèves.  
Des passeurs culturels
Il est donc important que les futurs enseignants puissent s’imprégner du milieu culturel dans leur formation.
L’Université de Sherbrooke a d’ailleurs lancé, cet automne, le projet des passeurs culturels, qui vise à mieux outiller les futurs enseignants. Par l’entremise de ce projet-pilote, l’enseignement des arts et de la culture prendra plus d’importance dans la formation des maîtres. Les futurs enseignants sont invités à assister à différentes représentations culturelles et des liens sont faits avec ces expériences dans leurs cours.
Le professeur Martin Lépine, l’un des artisans de ce projet, souligne que l’offre culturelle dans une école repose bien souvent sur les épaules d’un seul enseignant. « Il prend sa retraite et pouf! Tous les projets tombent à l’eau pendant dix ans », image-t-il. « Je pense qu’il faudrait que ce soit davantage presque institutionnalisé au niveau des établissements scolaires », estime son collègue.
La recherche menée auprès de 269 répondants a aussi montré que plus les enseignants organisent de telles activités, plus ils ont envie d’en faire.
L’organisation dépend aussi fortement « de la stabilité des soutiens financiers et des relations de travail », apprend-on également.
Les garçons se sont montrés sensibles aux activités tenues dans leur école.
« Ces activités les intéressaient, elles avaient un impact sur eux. On a un discours au Québec qui est installé depuis quelques années sur la lecture et l’écriture chez les garçons, on dit qu’on doit s’en préoccuper. On a été très surpris de voir un garçon de 11 ans, dans une classe, dire qu’une rencontre avec un écrivain, ça lui a donné le goût de reprendre la lecture d’un roman qu’il avait mis de côté », raconte M. Dezutter.
Les chercheurs se sont notamment intéressés aux garçons dans l’optique de la lecture et de l’écriture. Le point central de la recherche porte sur les activités culturelles menées en lien avec le cours de français.
La journée de réflexion « La culture à l’école » réunira des chercheurs, mais aussi différents intervenants sur le terrain, dont des enseignants et des bibliothécaires. Elle sera l’occasion de se pencher sur différents thèmes, dont les retombées de la culture en milieu scolaire. Quelque 160 personnes se réuniront au Centre culturel de l’UdeS le vendredi 13 octobre.
L’événement est organisé par le Collectif CLÉ (Collectif de recherche sur la continuité des apprentissages en lecture et en écriture), en collaboration avec la Fédération québécoise des professeurs de français (FQPA), le Salon du livre de l’Estrie et le Centre culturel de l’Université de Sherbrooke.