Fort de quatre nominations au gala Les Olivier, de sa révélation sur son diagnostic d’Asperger et de sa merveilleuse paternité, Louis T s’amène au Vieux Clocher de Magog avec son spectacle Objectivement parlant.

Louis T : Faire rire et réfléchir

Ceux qui l’ont connu à la télé (Bazzo.TV, Entrée principale) ou sur le web (Vérités et conséquences) le savent : Louis T a l’habitude d’aborder des thèmes plutôt sérieux, avec humour. Son premier spectacle solo, Objectivement parlant, est aussi taillé dans la même pâte.

« Mais je dirais que, sur scène, c’est à la fois plus léger et plus drôle », précise l’humoriste qui ose des numéros sur les armes à feu, la religion, le terrorisme. Des sujets délicats qui l’amènent à marcher sur des œufs. Voire des mines.

« Et c’est ce que je préfère. Parce que si on veut parler de la société, de ce qui se passe actuellement, on n’a pas le choix d’aller là. Après ça, il y a le défi de rester rassembleur. »

Boulimique d’information, Louis T aurait pu embrasser le métier de journaliste « s’il avait mal tourné ». Il a préféré le chemin de l’humour. Mais on remarque la fibre du reporter dans la façon qu’il a de parler d’actualité, de fouiller et de documenter ses sujets, de ponctuer ses performances humoristiques de statistiques, de faire réfléchir à travers les éclats de rire.

« Mon humour n’est pas conventionnel, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai consciemment choisi. Je suis allé vers ce que j’avais naturellement envie d’exprimer », dit celui qui regarde 2017 avec l’impression d’avoir vécu l’une des plus belles années de sa vie.

Autisme d’asperger

Bien sûr, il y a tout le succès remporté par son premier tour de piste sur les scènes du Québec, qui lui a permis de récolter pas moins de quatre nominations au dernier Gala Les Olivier. Mais il y a aussi le diagnostic d’autisme Asperger qu’il a reçu il y a un peu plus d’un an et qui a jeté un nouvel éclairage sur son parcours. C’était un élan naturel : il en a ouvertement parlé sur sa page Facebook. Puis sur le plateau de Tout le monde en parle.

Il ne savait pas, alors, à quel point l’impact allait être positif. Pour lui, pour d’autres.

« Personnellement, recevoir ce diagnostic a été un soulagement. Ça m’a permis de mieux me comprendre. Quand tu te sens différent depuis toujours et que tu ne sais pas pourquoi, ça peut être difficile. J’ai aussi constaté que ça avait créé une ouverture chez les gens. Ils sont plus accueillants devant ma différence. »

Depuis sa sortie publique, il ne se passe pas une journée sans qu’il reçoive un ou deux courriels sur le sujet.

« Il y a des témoignages de gens qui cherchent des ressources. Des personnes de mon âge qui ont fait la même démarche que moi ou qui songent à la faire. Et il y a, en majorité, des parents inquiets pour leur enfant. Je n’avais pas anticipé cet effet-là, au départ, quand j’en ai parlé dans les médias. Moi, je l’ai fait pour me sentir bien. Après quelques semaines, j’ai réalisé que je devenais un exemple, que j’avais une responsabilité. Je vis très bien avec. Même si je ne suis pas représentatif de tous les autistes, ça donne une visibilité à cette condition, ça crée de l’ouverture. Et ça, c’est toujours positif. »

Merveilleuse paternité

Tout ça, il en parle aussi dans son spectacle. Tout comme il évoque le quotidien avec un enfant, lui qui est papa d’un petit garçon de deux ans : « C’est tellement merveilleux, la paternité, je n’avais pas le goût de chialer là-dessus. Mais ce show-là, c’est un premier rendez-vous avec le public, j’avais le sentiment que je devais me présenter, parler de moi un petit peu. »

Son prochain tour de piste commence déjà à mijoter dans son imaginaire et dans ses carnets de notes.

« Je m’intéresse beaucoup à la neuropsychologie, j’ai cette soif de comprendre les autres. Peut-être, justement, parce que je ne comprends pas toujours les gens. Et je m’inclus là-dedans. Je pense que ça va teinter mon deuxième show. »

Vous voulez y aller?

Objectivement parlant
Louis T
Vendredi 15 décembre, 20 h 30
Vieux Clocher de Magog,
Entrée : 29,50 $