Le dernier album de Guylaine Tanguay, Mon livre vert, caracole toujours au sommet des ventes

Livre vert et agenda rouge

Guylaine Tanguay vit l'été le plus chargé de sa vie. Depuis que sa carrière a pris un envol soudain en 2015, après la sortie d'Inspiration country, son agenda de spectacles n'a jamais été aussi rempli. Et ce n'est pas la parution en juin de Mon livre vert, album qui caracole toujours au sommet des ventes, qui fera s'essouffler la demande.
Juste pour donner un exemple : le 9 août, elle sera au Festival des traditions du monde de Sherbrooke (FTMS). Le 10, elle doit être en Abitibi. Retour à Montréal le 11. C'est Caraquet au Nouveau-Brunswick qui l'attend le 12. Et le 13, elle sera... à nouveau au FTMS.
Mais la chanteuse country se fait rassurante pour ceux et celles qui craindraient, devant un tel chassé-croisé de parcours sur la carte géographique, qu'elle soit victime du même épuisement que Marie-Chantal Toupin en 2004.
« Ma fatigue passe rapidement. Mon truc, c'est de prendre une semaine à la fois. C'est vrai que le calendrier est très rempli, il n'y a plus de place pour un seul spectacle de plus. En même temps, la tournée est si bien organisée : il ne me reste qu'à suivre. De toute façon, je me vois mal me plaindre : je vis quelque chose que je n'ai jamais vécu. Je joue devant les plus grosses foules de ma vie. C'est incroyable et tellement motivant! »
Si la carrière de Guylaine Tanguay décolle à ce moment-ci, c'est en partie parce qu'elle l'a voulu
ainsi, ne faisant jamais passer la chanson avant sa famille et ses enfants. Mais maintenant que ses trois filles ont grandi et sont devenues adultes ou presque (l'une vit à Whistler, l'autre a commencé l'université et la plus jeune s'apprête à entrer au cégep et s'est trouvée un travail d'été), la Jeannoise avait les coudées plus franches pour investir davantage de temps et d'énergie dans sa vie professionnelle.
Reliure à anneaux
Dans la liste de ses spectacles estivaux figure aussi l'hommage à Marie King qui sera livré dimanche, lors de la soirée de clôture du Festival country du Grand Gatineau. « Marie King, c'est la chanteuse de ma mère, qui chantait tout ce que Marie King chantait. Si Marie King iodlait, ma mère apprenait à iodler. Ça évoque donc plein de souvenirs de ma maman. »
Tout comme l'album Mon livre vert, dont le titre fait référence à la reliure à anneaux verte contenant tout le répertoire de sa mère et dont Guylaine Tanguay a hérité. Une pile de classiques dans laquelle la Girardvilloise a souvent puisé.
En fait, il y a déjà eu deux albums intitulés Le livre vert, parus respectivement en 2012 et 2014. On peut d'ailleurs les retrouver sur les sites de vente de musique en ligne, mais comme l'artiste avait épuisé les exemplaires physiques et qu'elle n'avait pas envie de simplement les rééditer, elle a choisi de faire paraître un nouvel album comportant les chansons les plus demandées par le public.
Il faut dire que, jusqu'en 2015, Guylaine Tanguay n'a jamais fait de grands tirages de ses gravés. « Ils étaient surtout destinés à la vente après spectacle. On ne pouvait pas les retrouver en magasin. J'apportais ma petite caisse de disques à chaque prestation. »
Pour Mon livre vert, Guylaine Tanguay est allée tout refaire les enregistrements à Nashville. Si elle préfère dire qu'elle « se débrouille » avec la langue de Shakespeare plutôt que de se déclarer parfaitement bilingue, son accent a été à la source de toutes sortes d'anecdotes.
« Là-bas, ils trouvent ça mignon, exotique. Ça les fait rire, mais pas d'une façon méprisante. Heureusement, mon accent disparaît lorsque je chante. Mais je me souviens, après une prestation à Nashville, d'une spectatrice venue me féliciter. Quand elle m'a entendue parler, elle a éclaté de rire : "Mais d'où viens-tu?" D'habitude, je réponds Montréal ou le Québec pour que ce soit plus facile, mais elle n'avait aucune idée où c'était. Elle était persuadée, en m'écoutant chanter, que j'étais du sud des États-Unis. »
Bonnes valeurs
Guylaine Tanguay a aussi inclus sur Mon livre vert la chanson À mes filles, que Paul Daraîche lui a écrite après une conversation où elle lui avait confié que la réussite de sa famille lui importait davantage que celle de sa carrière.
« Il trouvait que mes priorités étaient louables, que j'avais de bonnes valeurs. Il m'avait envoyé une petite cassette peu après, avec cette chanson, en me disant d'en faire ce que j'en voulais, qu'il ne l'utiliserait sur aucun de ses albums. Je l'ai endisquée, mais elle est un peu passée sous silence à l'époque. Je l'ai trouvée encore plus actuelle aujourd'hui. Parce que nos filles sont vraiment la plus grande réussite de notre vie », insiste-t-elle.
Guylaine Tanguay a aussi inclus sur l'album sa version de Ce n'était qu'un rêve de Céline Dion, chanteuse qu'elle admire depuis sa tendre enfance.
« Céline m'a fait prendre conscience qu'on pouvait accéder à quelque chose de différent même si on ne vient pas d'une famille riche ni d'une famille d'artistes. Elle m'a beaucoup inspirée. Et juste avant de décider de mettre la chanson sur l'album, j'ai reçu un appel me demandant si je pouvais la chanter pour Maman Dion [qui, rappelons-le, a écrit le texte], pour son 90e anniversaire. Cette coïncidence a été pour moi un signe que la chanson devait être sur le disque. »
Certains se souviendront d'ailleurs qu'il y a quelques années, Guylaine Tanguay chantait aussi une version country de Power of Love dans la revue musicale On the Road Again, La grande virée country, un spectacle qu'elle coproduisait avec son agent Carl Bazinet.
« C'était devenu un must. Les gens aiment les chansons où on pousse vocalement. Ils étaient presque fâchés quand je l'ai retirée. »
Vous voulez y a aller
Guylaine Tanguay
Mercredi 9 août, 22 h
Dimanche 13 août, 19 h
Festival des traditions du monde de Sherbrooke
Entrée : 7 $ (passeport du FTMS : 15 $)
Vendredi 25 août, 20 h
Cabaret Eastman
Entrée : 36 $