Nathalie Sanche présente son exposition Densité au centre culturel Yvonne L. Bombardier jusqu’au 22 avril.

L’intensité de Nathalie Sanche

Les sculptures en métal de l’artiste estrienne Nathalie Sanche, auxquelles les gens sont habitués, font maintenant place à des sculptures en papier : l’exposition éphémère Densité occupera le rez-de-chaussée du Centre culturel Yvonne L. Bombardier de Valcourt jusqu’au 22 avril.

« Tout a débuté avec un rêve fait une nuit. Dans le sous-sol d’une maison, tout était humide. L’atmosphère mystique était peuplée de nymphes et de cocons suspendus au plafond, comme les papiers roulés que l’on voit dans les œuvres. Les cocons représentent l’éclosion, la transformation, le changement », explique l’artiste-sculptrice, qui vivait alors plusieurs changements dans sa vie.

Densité illustre donc la profondeur des transformations à effectuer lors d’un nouveau départ. Les flûtes de papier sont superposées de façon à ce que le spectateur ressente la densité de ce matériau beaucoup plus léger.

« Chacune des feuilles est très légère, mais ensemble, les 1200 feuilles sont difficiles à soulever. En même temps, si on pense aux cocons, la transformation de la nymphe en papillon est une étape qu’on peut qualifier d’assez dense », ajoute-t-elle.

« J’utilise le papier depuis 2015. J’ai pris une longue pause après avoir travaillé plus d’une douzaine d’années en métallurgie, avec un style figuratif où des femmes s’envolaient sur la pointe des pieds. Maintenant, c’est plus abstrait : ce sont les feuilles elles-mêmes qui s’envolent. Je voulais travailler avec quelque chose de plus doux et de plus silencieux. Densité est le fruit d’une longue recherche.»

Oeuvres éphémères

Nathalie Sanche a créé les pièces de son exposition à même le Centre culturel. Elle s’est installée dans des salles attitrées pour rouler son papier et le poser aux murs. Les œuvres seront détruites à la fin de l’exposition.

Une de ses installations, Forêt réflexive, est la reproduction d’une pièce initialement réalisée en métal. « Les trois arbres de papiers qui la composent rappellent les trois épinettes pleureuses qui se trouvent à l’extérieur du Centre culturel, vis-à-vis de la fenêtre près de l’installation. Je trouvais que c’était propice à Valcourt et à son paysage », affirme celle chez qui l’attrait de la création en métal demeure malgré tout présent.

« Pour moi, l’art est un processus sacré, de l’ordre de l’inconscient qui me devance, me parle, me nourrit, me fait du bien. C’est comme une thérapie », admet l’artiste estrienne.

En février, Nathalie Sanche réalisera une exposition éphémère sur un mur de 30 mètres à l’exposition The Artist Project de Toronto, à la suite de l’obtention d’une bourse de 2000 $ provenant de l’évènement même. Près de 15 000 visiteurs sont attendus à l’édition 2018.

« L’œuvre sera inspirée de ce que je fais maintenant, mais avec de l’aluminium plus mince, comme le revêtement d’une maison. On va donc chercher la brillance. Les visiteurs verront leur reflet dans la centaine de cônes au mur », explique l’artiste avec une lueur dans les yeux.