David Goudreault se prépare à lancer un nouveau spectacle hybride, composé d'humour et de poésie, dans lequel il a réuni les moments les plus drôles de ses précédentes conférences et prestations. 

L'humour, passerelle vers la poésie

On connaît le David Goudreault slameur, poète, conférencier, romancier, ani-mateur, chroniqueur, auteur de théâtre... On connaît même, depuis le mois dernier, le David Goudreault sauveteur, qui a extrait d'une piscine municipale une femme qui s'y était jetée. Sommes-nous prêts maintenant à découvrir le David Goudreault humoriste?
Le principal intéressé s'empresse de tempérer, même si son plus récent spectacle, dont la grande première aura lieu dans dix jours à Saint-Venant, s'intitule Au bout de ta langue - Humour debout et poésie drette.
Oui, on lui a déjà fait remarquer qu'il ressemblait à Adam Sandler, mais le Sherbrookois n'est pas prêt à se plier à la dictature d'une ligne, un gag. Cherchez plutôt du côté d'Yvon Deschamps et Clémence DesRochers, dont les spectacles avaient autant le pouvoir de faire rire que d'émouvoir.
« Ce sera plus près du monologue. Je ne suis pas humoriste et mon intention n'est pas de le devenir. J'ai même pensé recourir au mot humeur, parce que je suis surtout quelqu'un qui réfléchit, en utilisant la langue d'une façon drôle. Mais avec ce spectacle, je souhaite faire prendre conscience aux gens qui aiment l'humour qu'ils aiment aussi la poésie. C'est juste que la plupart ne le savent pas, parce qu'on ne la leur a jamais fait ressentir. »
En effet, la prestation de 90 minutes sera ponctuée de poèmes. Les siens, mais également ceux de Gaston Miron, Gérald Godin, Marie Uguay, Hélène Dorion, Joséphine Bacon, Zachary Richard et Patrice Desbiens, qu'il considère comme un des plus importants dans la poésie francophone d'aujourd'hui, au point de souhaiter l'inclure au Sentier poétique de Saint-Venant (voir encadré).
« Je ferai aussi quelques clins d'oeil au vieux continent, avec Baudelaire et Rimbaud », ajoute celui qui a eu l'occasion de tester son spectacle hybride trois ou quatre fois, assez pour lui confirmer que la formule fonctionne.
Rapailler le meilleur
L'idée de mélanger humour et poésie performée lui est venue de commentaires d'auditeurs de ses conférences, lesquelles prenaient de plus en plus la forme d'un spectacle. « Ils ont trouvé plusieurs passages très drôles et m'ont demandé pourquoi je n'essaierais pas l'humour sur scène », raconte David, qui a donc essentiellement, pour sa nouvelle prestation, « rapaillé » les meilleurs extraits et anecdotes de son répertoire devant public.
Le créateur avait déjà remarqué que l'humour lui permettait justement d'ajouter une respiration, de sortir de la gravité qu'impose la déclamation de textes poétiques.
« Dans mes précédents spectacles, ça réagissait souvent plus fort quand je parlais entre les poèmes », dit celui qui s'est quand même laissé de l'espace pour improviser. « La soirée a déjà duré deux heures trente! »
Et si jamais ça ne rit pas? Sa porte de sortie est toute prête : « Je dirai au public que, cette blague-là, finalement, c'était plutôt de la poésie! De toute façon, l'humour est pour moi un moyen pour faire ressentir des choses, pas une finalité. »
À travers tout ça, David Goudreault a amorcé l'écriture de son prochain roman. L'adaptation cinématographique de La bête à sa mère par Simon Sauvé suit aussi son cours. « J'ai une contribution plus légère à ce projet (j'ai offert de participer aux dialogues), mais c'est toujours en attente de financement. On ne sait pas encore si ce sera un film à 300 000 $ ou à 3 millions $, mais c'est certain qu'il se fera. »
Le Sherbrookois a aussi un projet d'écriture de série télé, dont il ne peut révéler la teneur, mais qui a obtenu l'appui de la maison Zone 3 pour la production. « Nous discutons avec les diffuseurs. »
Ne rien brusquer
Depuis le 14 août, jour où il a croisé la route d'une femme en train de se noyer dans une piscine municipale où elle s'était jetée, David Goudreault a pu s'entretenir par téléphone avec celle qu'il a rescapée.
« Nous devions nous rencontrer en personne, en présence de sa travailleuse de rue. Elle ne s'est finalement pas présentée au rendez-vous. J'ai retendu une perche, je n'ai pas eu de nouvelles. C'est quelqu'un qui semble avoir des difficultés personnelles, alors je ne veux rien bousculer », souligne le travailleur social de formation.
Une plaque pour Patrice Desbiens
Également directeur artistique des Amis du patrimoine de Saint-Venant-de-Paquette, David Goudreault a lancé une campagne de sociofinancement afin d'ajouter au Sentier poétique une plaque consacrée au poète franco-ontarien Patrice Desbiens.
« Comme c'est l'un des plus grands poètes de la francophonie toujours vivants et qu'il a permis un important rayonnement de la poésie francophone au Québec, je me demandais pourquoi il n'avait pas encore sa plaque. »
La campagne ayant cours jusqu'en décembre sur le site Haricot.ca en est à 1175 $ d'amassés pour un objectif de 2500 $. Les organisateurs aimeraient inaugurer la plaque à la prochaine édition de la Grande nuit de poésie de Saint-Venant, le 18 août 2018.
« C'est le fun de permettre aux gens de s'approprier une partie de cette réussite-là. Dans cinq ou dix ans, ils pourront se dire : "Cette plaque est là un peu grâce à moi" ».
Natif de Timmins, Patrice Desbiens a écrit 24 récits poétiques depuis 1974. Il est réputé pour être accessible à tous. « C'est une passerelle vers la poésie pour des gens qui n'en lisent pas régulièrement. » Tommy Brochu
Vous voulez y aller?
Au bout de ta langue - Humour debout et poésie drette
David Goudreault
Samedi 23 septembre, 20 h 30
Église de St-Venant
Entrée : 20 $