Louis-José Houde a présenté vendredi soir la première de deux représentations à guichets fermés de son quatrième spectacle solo, Louis-José Houde préfère novembre, à la salle Maurice-O’Bready.

L’humour dans le rétroviseur

CRITIQUE / Novembre parce que Louis-José reconnaît son tempérament un peu gris, son besoin d’être lent comme une fin d’automne, ce plaisir un peu mélancolique de retourner dans le passé, le nôtre collectivement, mais davantage le sien dans la deuxième moitié du spectacle. Thématique charismatique, mais aussi élastique, qui lui servira surtout de prétexte, car avec son habileté à tricoter, Louis-José réussit à insérer une multitude de sujets disparates, des légers comme des sérieux, des ciné-parcs à la vie après la mort, du porc effiloché au racisme.

C’est toutefois avec ceux les plus proches de lui qu’il fait le plus mouche, à commencer par le passage sur sa période où il fréquentait des mères monoparentales. Derrière cette série de blagues sur des femmes volontaires qui savent ce qu’elles veulent, on sentait des monceaux d’admiration.

Même tendresse lorsqu’il évoque, dans une série de petits détails hilarants, le moment où son père lui a appris à ne pas être raciste ni homophobe. Louis-José exploite d’ailleurs à merveille l’humour de répétition, notamment quand il tourne en ridicule les fausses raisons pour ne pas vouloir d’enfants, ne pas boire d’alcool, refuser d’acheter une voiture ou éviter les aventures d’un soir. Il fera même un clin d’œil à un gag de Simon Gouache, qui a fait sa première partie.

GOLF ET BICYCLETTE

Si Louis-José a déjà été le roi des « baguettes en l’air » quant à l’humour physique, il s’est aujourd’hui calmé, préférant la précision à l’expansion. Son imitation de swing de golf ressemblant à un accident de bicyclette était à se rouler par terre.

Encore une fois, l’humoriste livre le tout dans un seul souffle de près de 90 minutes, sans pause et sans essoufflement, à peine le temps de prendre une gorgée d’eau. La soirée commence lentement et suit un crescendo qui ne sera interrompu que par un passage moins réussi : celui où il imagine comment les gens du futur percevront notre gaspillage de l’eau potable. Peut-être parce que le sujet est vraiment trop sérieux…

On ressort quand même de cette prestation avec le sentiment d’avoir fait un apaisant et utile retour dans le passé, de ceux qui ne rendent pas triste, qui font même prendre conscience que la vie est meilleure sous plusieurs aspects aujourd’hui. Qu’il y a plein de situations de notre vie qui, si elles ont pu être vécues tragiquement sur le coup, méritent aujourd’hui leur risée.

Le tout, sans avoir le sentiment d’avoir trop sacrifié de son intelligence.