Le Sherbrookois André-Daniel Drouin lance dimanche son nouveau recueil de nouvelles, Au dancing de l’hôtel.

L’hôtel comme une clé littéraire

André-Daniel Drouin avait six ou sept ans. Son père était gérant au chic Queen’s Hotel de Lac-Mégantic. Un palais dans l’œil du petit garçon qui rêvait de posséder son propre établissement hôtelier, plus tard.

« À 20 ans, j’ai travaillé à l’hôtel pour payer mes études. Veilleur de nuit, réceptionniste, laveur de verres : j’ai tout fait. »

Et il a vu les choses autrement. L’endroit a perdu un peu de son lustre.

« J’ai compris mon père qui disait : si tu veux souhaiter du malheur à quelqu’un, souhaite-lui de travailler dans un hôtel. Les gens qui défilent au bar ont parfois l’existence triste. »

Une existence triste, peut-être, mais qui mérite d’être racontée. Ou inventée. Porté par l’envie de rendre hommage à son père, « un homme vaillant qui travaillait six jours et demi sur sept », André-Daniel Drouin a fait de l’hôtel le noyau qui lie plusieurs des courts textes de son nouveau recueil, Au dancing de l'hôtel.

« J’ai imaginé des personnages variés, j’ai romancé des histoires, j’en ai inventé d’autres. »

Le deuxième tiers du livre est tissé de nouvelles qui n’ont pas de liens entre elles et qui ont été écrites lors des rendez-vous du cercle d’auteurs estriens dont fait partie André-Daniel Drouin. La dernière portion du recueil, publié aux Éditions de Mine, glisse dans le merveilleux avec une poignée de contes où une ogresse retrouve une taille normale le jour de son mariage et où les chats ont davantage de sagesse que leurs maîtres.

« Explorer les possibilités du conte me permettait de laisser le champ libre à mon imagination », exprime l’auteur de 70 ans, qui a enseigné à l’école primaire Desjardins pendant 33 ans et qui a signé une quarantaine de pièces de théâtre. Entre autres réalisations culturelles.

« J’ai toujours dit que je ne me bercerais pas sur le perron à la retraite », résume celui qui, enfant, avait coutume de jouer sous la galerie. Là, isolé du reste du monde, il s’inventait des histoires et des univers.

Poèmes à l’agora

« C’est d’ailleurs cette habitude d’enfance qui a inspiré la nouvelle Sous la galerie, un texte qui me touche particulièrement parce que j’y reconnais le petit garçon que j’étais », souligne M. Drouin, qui a découvert les bonheurs de l’écriture sur les bancs de l’université : « J’écrivais des poèmes à mon amoureuse, je les lui lisais à l’agora, sur l’heure du midi. »

L’arrivée des enfants, la vie de famille et le quotidien bien rempli ont mis en veilleuse son élan littéraire, mais pas son engagement culturel, lui qui s’est investi dans Arts Fleurimont pendant une quinzaine d’années.

« Il y a eu une époque où j’avais moins de temps pour écrire, mais j’ai toujours aimé camper des personnages et leur faire vivre toutes sortes de choses à travers les situations que j’imagine. C’est vrai au théâtre, c’est aussi vrai lorsque j’écris des livres », indique celui qui a publié deux autres recueils et reçu le prix littéraire Juge-Lemay 2017, remis par la Société Saint-Jean-Baptiste du diocèse de Sherbrooke.

Le lancement du recueil se fera en présence de six comédiens qui incarneront différents personnages. Le tout se déroule à la Salle du Parvis le dimanche 4 février, à 14 h.