La professeure émérite de l’Université de Sherbrooke Micheline Dumont est l’une des récipiendaires des Prix du gouverneur général en commémoration de l’affaire Personne.

L’historienne Micheline Dumont recevra un Prix du gouverneur général

Pour « sa contribution remarquable » à l’égalité des sexes au pays, la professeure émérite de l’Université de Sherbrooke Micheline Dumont est l’une des récipiendaires des Prix du gouverneur général en commémoration de l’affaire Personne.

Cette affaire fait référence à la lutte qu’ont menée cinq militantes canadiennes (Emily Murphy, Henrietta Muir Edwards, Louise McKinney, Irene Parlby et Nellie McClung) afin d’obtenir la reconnaissance des femmes comme personnes à part entière au sens de la loi au Canada.

« Après que les femmes eurent le droit de vote (en Alberta), on voulait proposer une femme pour être sénatrice. Il y a eu une objection : les femmes ne pouvaient pas être sénatrices parce qu’elles n’étaient pas des personnes. (...)  Il y avait des femmes au cabinet à ce moment-là et il y avait des femmes juges. Des avocats, quand ils plaidaient devant elles, disaient que leur jugement n’était pas valide parce que selon la constitution canadienne, elles n’étaient pas des personnes (...) » Le groupe de militantes s’est battu notamment à Ottawa, puis jusqu’au conseil privé de Londres, pour se faire entendre. « Le 18 octobre 1929, il a déclaré qu’au Canada, les femmes étaient des personnes. »

L’historienne n’en est pas à sa première distinction, mais elle revêt un caractère particulier.

« Ce prix-là est intéressant parce qu’il a été créé pour reconnaître le travail des femmes qui ont fait beaucoup pour la cause des femmes. On en nomme chaque année, une dans chaque région du Canada », commente Mme Dumont. Elle suit ainsi la trace de Thérèse Casgrain, qui a été l’une des premières récipiendaires.

Spécialiste de la question des femmes, Micheline Dumont a signé plusieurs publications au fil des ans, en plus de prononcer de multiples conférences.

Mme Dumont participera à la cérémonie des prix à Rideau Hall, à Ottawa, le 19 octobre. Julie Payette est la 29e gouverneure générale du Canada.

Les autres récipiendaires de cette prestigieuse distinction sont Betsy Bury, Ramona Lumpkin, Elizabeth Sheehy et Linda Slanina. Melissa Sariffodeen recevra quant à elle le prix jeunesse.

Malaise avec le féminisme

La Presse rapportait mercredi que le parti Coalition Montréal, dans la métropole, a défendu une candidate, Caroline Orchard, qui a dénoncé le féminisme à plusieurs reprises sur les médias sociaux. « Ça m’a frappée que beaucoup de femmes en politique ne veulent pas être associées au féminisme. Dans leur esprit, elles représentent tout le monde. Elles se disent que si elles sont féministes, les gens vont penser qu’elles ne vont représenter que les femmes. Il y a une recherche qui a été faite sur les députés hommes et femmes de la Chambre des Communes par Manon Tremblay de l’Université d’Ottawa. Elle avait montré que les hommes se disaient plus volontiers féministes que les femmes. J’ai appliqué cette recherche-là aux femmes qui sont entrées en politique au Québec et j’ai trouvé aussi que les femmes avaient plus de réticences que les hommes à se déclarer féministes. C’est une des dernières manifestations du double standard. Le féminisme marque très positivement un homme politique tandis qu’il marque — du moins il y a des candidates qui le pensent — négativement les femmes qui se lancent en politique. »