Le chef de l’Ensemble à vents de Sherbrooke François Bernier.

L’EVS sur une bonne lancée

En l’espace d’un an, l’Ensemble à vents de Sherbrooke a fait trois salles combles. D’abord en décembre dernier, alors qu’il a participé au Casse-Noisette préparé par les Ballets classiques de Richmond et le Cape Cod Dance Center de Bourne, au sud de Boston. Le spectacle a non seulement rempli deux fois le Théâtre Centennial, mais il vient de valoir à l’EVS une nomination pour un des prix en arts et culture de l’Estrie, dans la catégorie Développement culturel.

Les sièges ont également tous trouvé preneurs en août dernier pour le concert Harry Potter à la Place Nikitotek. Nul besoin de préciser que le chef François Bernier, peu habitué à d’aussi grosses assistances (l’EVS réussit quand même à attirer régulièrement des auditoires de quelque 300 spectateurs), aimerait bien poursuivre sur cette lancée. Ce qui n’est pas toujours facile lorsqu’on joue un répertoire dont la plupart des compositeurs sont inconnus.

« N’empêche qu’il y a plusieurs personnes qui, au cours de la dernière année, nous ont entendus pour la première fois. C’est une belle occasion, pour nous, de mousser notre mission musicale, soit celle de faire connaître le répertoire d’orchestres à vents », résume le maestro, qui dirige l’EVS depuis maintenant 17 ans et qui a bricolé une saison 2017-2018 un peu à l’image de la précédente : un mélange de concerts plus populaires et d’autres qui, « même si les noms des compositeurs au programme ne sont pas ceux qui font le plus réagir », peuvent charmer le public sur plusieurs aspects.

Le chef promet d’ailleurs quelques moments « assez prenants » pour le premier concert de la saison, comportant une musique imprégnée d’Amérique latine, de ses couleurs, de ses danses, de ses sites, de ses rituels passés comme... les sacrifices humains. Les œuvres s’intitulent Machu Picchu, Escenas de los Aztecas (Scènes aztèques), Amazonia, Lake of the Moon (inspirée du lac Texcoco au Mexique) et Mangulina (une danse populaire de République dominicaine).

Sur les six compositeurs au programme, quatre se retrouvent pour la première fois sur le lutrin de François Bernier. « Je les ai découverts pendant l’été, à peine quelques mois avant le public. Tous sont vivants, ce qui peut être très pratique : on peut leur envoyer un courriel lorsque, par exemple, on a besoin de clarifier un passage de la partition. Plusieurs sont très heureux d’apprendre que leur œuvre sera à nouveau jouée et certains demandent s’il est possible d’entendre l’enregistrement de la prestation. »

Planètes transcrites

À nouveau cette année, l’EVS donnera un concert conjointement avec les jeunes de l’Harmonie Montcalm, soit celui du 21 janvier. Pour François Bernier, cette association permet non seulement aux élèves de vivre une expérience différente, mais aussi de leur faire prendre conscience qu’ils peuvent continuer de faire de la musique même s’ils choisissent un tout autre domaine d’études après le secondaire.

« En ce moment, ce sont des dizaines de jeunes instrumentistes que nous perdons chaque fin d’année. Ce n’est pas comme en Europe, où tout le monde joue d’un instrument, peu importe son métier. »

La saison se terminera par une œuvre majeure du répertoire symphonique, Les planètes de Gustav Holst, le 18 mars. François Bernier a réussi à mettre la main sur une transcription par le Texan Merlin Patterson. Ce sera du sport pour ses quelque 55 musiciens, reconnaît-il. Parfois, le transcripteur oublie, en remplaçant les cordes par les vents, que flûtistes, hautboïstes, cornistes et compagnie doivent reprendre leur souffle.

« Lors du concert Harry Potter, nos bois ont pitonné en maudit! Mais le répertoire de Holst (il jouait du trombone et de l’euphonium) se marie très bien à l’ensemble à vents. La transcription est parfois à notre avantage, parfois non, mais cela fait partie du jeu. Au début du XXe siècle, le rôle des orchestres à vents était d’adapter le répertoire pour les gens qui n’avaient pas les moyens d’aller entendre les orchestres symphoniques », rappelle-t-il.

Certains extraits du Casse-Noisette qu’a joué l’EVS en décembre 2016 étaient transcrits de longue date. Mais il restait environ 85 pour cent de la partition à faire, estime le chef d’orchestre. « Le hasard a voulu que l’Harmonie senior de Victoriaville, que je dirige aussi, ait déjà joué une transcription du ballet entier. J’ai été capable de mettre la main dessus et de la compléter. »

Casse-noisette sera donc repris et bonifié cette année, avec trois représentations qui seront données les 16 et 17 décembre au Théâtre Centennial, avec les deux mêmes compagnies de danse. Espère-t-on encore des guichets fermés?

« Plus rien ne va m’étonner! » répond François Bernier.

Vous voulez y aller

Les terres du Sud : entre légende et histoire
Ensemble à vents de Sherbrooke
Samedi 11 novembre, 20 h
Théâtre Centennial de l’Université Bishop’s
Entrée : 22 $ (prévente : 17 $)