L’exposition Spunkt Art Now, préparée par Sébastien Pesot, regroupe les œuvres de dix artistes et collectifs d’artistes. « Avec cette exposition, je veux faire un statement : il y a des traces de punk dans l’art contemporain », souligne l’artiste post-punk.

L’esthétique du punk

Avec la nouvelle exposition Spunkt Art Now dont il est le commissaire, Sébastien Pesot veut mettre en valeur l’esthétique unique et complexe de la culture punk en art contemporain.

Présentée à la Galerie d’art du Centre culturel à partir du 14 janvier, l’exposition collective étonne par son caractère hétéroclite.

Aux côtés d’une sculpture d’une méduse portant une cagoule entourée d’une cascade de papillons se trouvent deux télévisions soigneusement cassées. Un peu plus loin est accrochée une acrylique représentant des rivets (stud), icônes de l’esthétique punk, reproduits en très gros plan et sur lesquels est superposé le mot Sprezzatura, qui signifie « nonchalance ». Complètement à l’opposé, une série d’infographies noir et blanc sont toutes titrées du nom de l’exposition Spunkt, mot-valise formé du vocable anglais Spunk, qui signifie « avoir de la détermination », et du vocable allemand Punkt, qui rappelle l’idée d’un point d’équilibre et de rencontre.

« Le punk, ce n’est pas un courant homogène. Ce n’est pas monolithique. C’est vivant et c’est ce que transposent les œuvres que j’ai rassemblées, toutes bien différentes les unes des autres », explique Sébastien Pesot.

En plus de compositions de Sébastien Pesot, Spunkt Art Now présente les œuvres de B.L.U.S.H, Brett de Palma, FEED, Scooter LaForge, Paryse Martin, Meky Ottawa, Oli Sorenson, Chloé Surprenant et Arturo Vega. Certains sont sculpteurs, d’autres peintres ou encore infographistes. Ils proviennent du Québec, du Canada ou de New York. Si leurs styles artistiques divergent, ils ont comme point commun de présenter des idées audacieuses teintées de l’héritage punk.

Sébastien Pesot a décidé de faire un clin d’œil aux groupes rock avec cet acrylique. « Sprezzatura, ça veut dire nonchalance, laisser-aller, une attitude propre au punk. Mais j’ai également choisi ce mot en référence à tous les groupes rock qui finissent en a, comme Pantera, Sepultura, Metallica... »

« Par leur histoire, par leur parcours dans la vie, par leur intérêt, tous ces artistes ont été nourris par le punk d’une façon différente. Les techniques sont différentes, mais qu’est-ce qui reste du punk? C’est ce qui m’intéresse dans le travail de ces personnes », affirme l’artiste post-punk.

Il donne en exemple une toile d’Arturo Vega aux couleurs vibrantes, portant la mention Hey you fag (salut l’fif!).

« Cet artiste homosexuel s’est fait baver à mort à l’époque. Il a fait une série d’œuvres nommée Insults, une sorte de dénonciation de toutes les insultes qu’il a reçues pendant sa vie. L’esthétique de ce travail est propre, les couleurs sont pop, mais le propos est violent. »

Le vernissage de l’exposition se tiendra le mardi 14 janvier à compter de 17 h. Des performances du collectif féminin B.L.U.S.H. et de Sébastien Pesot ponctueront la soirée. Les artistes Annie Baillargeon, Isabelle Lapierre et Marie-Hélène Blay créeront un continent de plastique alors que Sébastien Pesot offrira sa « performance la plus engagée et radicale » présentée à ce jour. Les traces de leur performance s’intégreront à l’exposition.

Vesuvius, Will You Be My Girlfriend? (2019), une acrylique sur toile de Scooter LaForge.

Post-punk Art Now, la suite

Spunkt Art Now s’inscrit dans la foulée de la première publication Post-Punk Art Now, sortie en 2016 pour laquelle Sébastien Pesot a été honoré en 2017 au concours Grafika. Sorte de journal géant, Post-Punk Art Now était composé de textes bilingues, de photos et d’œuvres variées qui s’arrimaient tous autour de l’héritage de la culture punk en art contemporain et en littérature. Pour concevoir une suite à cette publication singulière, les artistes de l’exposition actuelle ont accepté de présenter une œuvre différente de celle accrochée aux murs noirs de la galerie d’art de l’Université.

Des textes d’auteurs du Canada, mais également de l’Allemagne, de l’Espagne et des États-Unis garniront également les pages de cet ouvrage collectif.

Le lancement de la publication Spunkt Art Now est prévu pour le 13 février à 17 h à la Galerie d’art du Centre culturel. Un lancement du livre est aussi prévu à New York quelques semaines plus tard, puis direction Montréal pour Sébastien Pesot et son exposition, qui ornera les murs de la Maison de la culture Janine-Sutto pendant quelques semaines.

Considérant que Spunkt Art Now est une suite logique de Post-Punk Art Now, laquelle découlait d’une expo pop-up du même genre ayant eu lieu en 2014 au pavillon Longueuil de l’Université de Sherbrooke, il est aisé de penser que Sébastien Pesot, qui n’a jamais un seul projet en chantier, soit déjà en train de mûrir de nouvelles déclinaisons de son concept.

« Malheureusement oui », rigole-t-il, en refusant d’en dire plus pour l’instant.

Une œuvre de Chloé Surprenant, intitulée Molly (Sweet bottle-based improvised incendiary weapons), réalisée en 2013 et composée de peinture acrylique, tissu, bois, matériaux mixtes et d’un collage numérique sur papier.