Les voix de Véronic DiCaire

Véronic DiCaire ne se lasse pas des paysages québécois. Le froid et la neige de cet hiver qui n'en finit plus n'entament pas le bonheur qu'elle a à parcourir la province. Les routes glacées, les blanches falaises et le vent polaire lui font aussi chaud qu'un soleil de juillet.
« Parce que cette tournée au Québec, c'est un retour à la maison. Que je sois à Sherbrooke ou au Saguenay, je me sens chez moi. Ça fait du bien, je trouve un réel réconfort dans le fait de revoir des endroits connus. »
À Sherbrooke, où elle chantera ce mercredi soir et jeudi dans une salle Maurice-O'Bready remplie, le sentiment d'un retour aux sources est d'autant plus fort que c'est dans la région, au Vieux Clocher de Magog très précisément, que Véronic a fait ses premiers pas en tant qu'imitatrice. On connaît la suite. Renversé par la polyvalence de la blonde chanteuse, René Angélil l'a prise sous son aile. Après avoir fait un tabac à Paris, DiCaire a fait son nid à Las Vegas où, soir après soir, elle pastiche sans fausses notes tout un éventail de voix féminines. Édith Piaf, Céline Dion, Adèle, Whitney Houston, Beyoncé, Lady Gaga : elle les fait toutes vivre et sait les rendre réelles sans costumes ni perruques.
« Je vois mon travail comme celui d'une comédienne qui se glisse dans la peau de différents personnages. Lorsque j'aborde une voix, je m'imagine la silhouette de la chanteuse que j'imite, sa chevelure, son visage. Je plonge dans sa gestuelle. M'approprier une voix me prend parfois des jours, d'autres fois des semaines ou des mois. Avec le temps, je me suis fait une banque de voix, classées par genres et catégories, qui me sert lorsque je dois en interpréter une nouvelle. Je sais qu'il me faut mettre un peu de ceci, un peu de cela. C'est un peu comme faire une recette de gâteau. »
Pour sa virée dans les salles d'ici, l'imitatrice a remanié son répertoire. Ceux qui l'ont applaudie au Nevada n'éprouveront pas un sentiment de déjà-vu, promet-elle.
« Le spectacle est composé à 75 pour cent de matériel original. J'ai par exemple ajouté un segment avec les voix de Lisa LeBlanc, Valérie Carpentier et Brigitte Boisjoli. Six danseuses m'accompagnent, il y a quelques projections, un peu d'humour, aussi. J'interprète une cinquantaine de voix au total. J'image souvent en disant c'est comme embarquer dans des montagnes russes : on se promène dans toutes sortes d'émotions. »
Aimer le pays, rêver d'ailleurs
Dans moins d'un mois, la Franco-Ontarienne aura regagné le Jubilee Theater de Vegas, où un autre marathon de représentations l'attend. Les affiches annonçant son tour de chant tapissent déjà murs et panneaux. Elle y est attendue, mais assure que tout est encore à faire.
« Là-bas, rien n'est jamais acquis, il faut aller chercher le public, qui vient de partout. »
N'empêche. Après Vegas, on rêve à quoi?
« On rêve à de nouveaux coins de pays. J'aimerais bien que cette aventure-là puisse m'amener en Australie, en Asie ou en Europe anglophone, par exemple. Et c'est un horizon envisageable maintenant qu'on a monté un spectacle en anglais. »
À lire jeudi, une cirtique du spectacle dans nos pages et à voir une vidéo avec l'artiste sur notre site.