Dans la série Vanitas, Paul Béliveau a représenté des livres appuyés les uns sur les autres, comme dans une étagère de bibliothèque.

Les œuvres de Paul Béliveau exposées à Valcourt

Les œuvres du peintre Paul Béliveau tapisseront les murs du Centre culturel Yvonne L. Bombardier de Valcourt en entier jusqu’au 16 décembre prochain. Mémoires émergentes porte l’attention sur de nombreux souvenirs collectifs, en regroupant des séries réalisées par l’artiste entre 1998 et 2018.

Chaque série a été installée dans une salle du centre culturel reflétant l’ambiance des œuvres. Par exemple, la salle 3, plus sombre, guide les visiteurs vers un moment d’introspection, en s’imprégnant des séries Nigthwatch et Drone.

« Nightwatch représente un sujet pris dans le système. Le chien, qui est présent dans plusieurs de mes créations depuis de nombreuses années, est muselé. C’est aussi un chien de course, un lévrier, qui est inévitablement engagé pour effectuer un travail obligé, celui de gagner. Le lévrier semble sortir de la noirceur. Pour créer cet effet, je dessine l’ombre et ensuite la lumière, ce qui est contraire à la technique habituelle. À l’aide d’un crayon blanc, je crée donc le sujet avec toutes ses subtilités », explique Paul Béliveau, qui célèbre 40 ans de créations professionnelles cette année.

Sur un mur de cette même salle, la série Drone est le témoin de la désolation laissée par les attaques armées perpétrées sur les villes d’Alep et de Homs en Syrie.

« Cette série de photographies captées sur le vif est habituellement présentée au sol, par terre. Ces photos des décombres nous rappellent que l’horreur existe encore en Syrie, même si le sujet ne fait plus les manchettes. Nous devons garder en mémoire que des drames se poursuivent. Comme artiste, je ressens profondément les secousses humaines, qu’elles soient ici ou ailleurs, puisque je fais partie de ce monde. J’exprime ces sentiments de façon artistique, en créant », déclare l’artiste peintre, graveur et dessinateur.

Paul Béliveau

Peindre des jaquettes

À l’étage du Centre culturel Yvonne L. Bombardier, la série Vanitas côtoie les murs de la bibliothèque municipale. Elle était une des séries les plus appréciées lorsque l’artiste Paul Béliveau exposait à la galerie Bellefeuille de Montréal. Les tableaux représentent des livres appuyés les uns sur les autres, comme dans une étagère d’une bibliothèque.

« Le choix de présenter cette série à cet endroit précis est tout à fait à propos. Ce sont des montages de jaquettes de livre que j’ai inventées en intégrant le nom d’auteurs, d’acteurs, de musiciens et de films qui ont connu ou connaissent du succès. C’est, encore, un travail de mémoire. Lorsque les gens regardent cette série, ils se rappellent des moments de leur vie où ils ont consommé ces différentes sortes d’arts. Ce fut un très long travail de recherche parmi les artistes populaires, tout comme pour mes nombreux coups de cœur à travers les années », affirme cet amoureux des œuvres de Proust.

Les toiles des séries Capture, Les Vies parallèles, Cantus, Les Éphémères et Museum complètent l’exposition en proposant des réalisations en acrylique sur toile, sur bois et sur ciment ainsi que de l’huile sur bois et sur ciment également.

« Le comité de sélection a choisi Paul Béliveau pour son talent et son potentiel de couvrir l’entièreté du Centre avec ses œuvres. En étant bibliothécaire, la série Vanitas m’a particulièrement attirée », déclare la directrice du CCYLB et responsable de la bibliothèque municipale, Karine Corbeil.

« L’Autodafé situé à l’entrée du centre culturel est aussi vraiment impressionnant. Nous sommes très enthousiastes de pouvoir présenter quelques-unes des séries de cet artiste québécois qui connaît un grand succès aussi sur la scène internationale. »