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Les rois de l’impro
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Isabelle Blais et Sophie Cadieux interprètent les deux rôles principaux de Bête noire.
Isabelle Blais et Sophie Cadieux interprètent les deux rôles principaux de Bête noire.

Bête noire : Autopsie d’un acte irréparable [VIDÉO]

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
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Fidèle à sa démarche artistique de constamment rechercher des rôles différents des précédents, Sophie Cadieux a enfilé l’automne dernier la peau d’une psychiatre-coroner qui enquête sur les causes d’une tuerie dans une école. Réalisée par Sophie Deraspe et diffusée sur Séries Plus à partir du 31 mars prochain, Bête noire a notamment plu à l’actrice parce que le scénario va beaucoup plus loin que de simplement trouver un coupable.

« C’est à 100 pour cent opposé à Rue King. Le sujet est extrêmement délicat : un adolescent qui commet un acte irréparable, et sa famille qui doit vivre avec ce geste-là. L’histoire montre toute la fragilité de l’écosystème d’une tragédie de ce genre. Ce qui m’a le plus interpellée, c’est que tous les points de vue sont présentés. Il n’y a rien de machiavélique, aucune diabolisation du geste et, surtout, aucune réponse. C’est là toute l’intelligence des scénaristes [Patrick Lowe et Annabelle Poisson] et de la réalisatrice : s’organiser pour qu’on éprouve de l’empathie envers tout le monde, autant les personnages qui sont dans une colère incroyable que ceux qui sont tétanisés. On comprend que les mécanismes de défense de chacun sont valables. »

Alors que les réflexes des médias et du grand public sont souvent d’essayer de trouver l’individu ou la chose qui a poussé le tueur à poser son geste, Bête noire empruntera plutôt, sur six épisodes, le sentier plus réaliste de la motivation multifactorielle, ce qui rappelle pourquoi la prévention de tels crimes est généralement difficile, note Sophie Cadieux.

« Mon personnage doit donc expliquer tout ça, alors qu’il est associé à un enquêteur plus corrosif et vieux jeu, qui, lui, veut trouver un coupable et le faire payer. On se rend compte toutefois que la quête n’est pas la réparation, mais le chemin qui semble y mener. »

« Une chose est sûre : il n’y a pas une seule raison, renchérit-elle. Mais la tendance est souvent de vouloir simplifier (il venait de se faire laisser, il était victime d’intimidation...). Ce genre de geste est plutôt la somme de plusieurs choses : des traits de caractère de la personne ou de son entourage, des failles dans les relations avec les membres de sa famille ou ses amis, les jeux vidéos, etc. Bref, une constellation de facteurs qui n’attend qu’une étincelle. »

Le réalisatrice Sophie Deraspe

Une série dense

Isabelle Blais assume l’autre rôle principal, celui de la mère du tueur, entourée de Stéphane Gagnon, Martin Dubreuil, Zakary Auclair, Lévi Doré, Marine Johnson, Nahéma Ricci et Audrey Roger.

« C’est une série extrêmement dense, mais Sophie Deraspe, comme elle l’a fait avec son film Antigone, apporte beaucoup d’humanité. C’est ça qui sera touchant : devant l’horreur, la réponse est impossible. Il faut plutôt trouver ensemble une façon de faire quelque chose avec ce qui est arrivé pour que ça ne se reproduise plus. Sophie [Deraspe] a aussi choisi d’en faire une série visuellement très belle et de ne rien montrer [de macabre], pour rester dans le drame psychologique et pousser le spectateur à se positionner dans tout ça. Parce qu’on peut avoir des jugements très rapides avec ce genre de faits divers. »  

Marine Johnson, Isabelle Blais et Stéphane Gagnon incarnent une famille dévastée.

Être prête au théâtre

Sophie Cadieux devait avoir un hiver et un printemps principalement dévolus au théâtre. Même si tout semble tombé à l’eau pour l’instant, il faut savoir que les répétitions ont quand même lieu, comme si le calendrier était respecté (du moins, c’est ce qui était prévu avant l’annonce du reconfinement du 6 janvier). La comédienne travaille donc en ce moment sur la mise en scène de Nassara, une pièce signée Carole Fréchette et dont le rôle principal est tenu par Marie-Thérèse Fortin. La première devait avoir lieu le 26 janvier au Théâtre d’Aujourd’hui. Lors de l’entrevue, l’équipe était déjà quasi certaine de ne pouvoir jouer à cette date.

« Mais contrairement au printemps dernier, les théâtres vont de l’avant avec tout le processus de création et de répétition. Donc les artistes peuvent continuer à travailler. Le spectacle sera terminé à la fin de janvier, et s’il ne réussit pas à rencontrer son public, disons en février, on le met dans l’entrepôt, mais il sera prêt à être présenté dès que les scènes seront de nouveau accessibles (si, évidemment, l’agenda des interprètes le leur permet à ce moment-là). C’est même un spectacle distancié, déjà adapté à une petite jauge (deux actrices et un acteur préenregistré). »

Nassara, un mot qui veut dire « le Blanc, la Blanche » au Burkina Faso, est coproduit par le Théâtre des Récréâtrales de Ouagadougou. Il s’inspire du séjour de l’auteure dans ce pays d’Afrique occidentale et raconte l’histoire de Marie-Odile, une Montréalaise participant à un colloque international sur l’agriculture urbaine. Bouleversée intérieurement par un incident étrange survenu la veille qui a réveillé en elle des douleurs enfouies, elle bascule lorsque, son tour de parole venu, la porte de la salle s’ouvre brusquement.