Johanne Bilodeau devant l'une des toiles de son exposition, En bordure des Îles-de-la-Paix .

Les passerelles de Johanne Bilodeau : des paysages qui rattachent aux origines

Dans sa plus récente exposition Les passerelles, présentée à l'Espace Hortense du P'tit Bonheur de Saint-Camille, l'artiste sherbrookoise multidisciplinaire Johanne Bilodeau propose de voyager à travers les paysages d'une manière unique.
« J'étais assise dans ma cour à Saint-Élie-d'Orford. Lorsque je regardais vers la forêt, les odeurs et la brise qui en sortaient me donnaient l'impression d'être ailleurs. Je me sentais propulsée dans la cour de ma grand-mère à Beaconsfield et une foule de souvenirs me revenaient à propos d'elle, qui était une immigrante de Boston. Je me suis mise à penser à la manière dont elle avait pu se sentir en arrivant sur un nouveau territoire », explique l'artiste.
C'est cet événement qui est le point de départ de sa nouvelle exposition. Grâce à ses peintures, Johanne Bilodeau souhaite refaire le parcours de ses ancêtres jusqu'à son territoire d'origine.
« Je pensais à la façon dont je pouvais voyager à travers les paysages. J'ai alors imaginé des ponts suspendus entre les toiles », relate Mme Bilodeau.
Ces ponts sont les passerelles qui ont inspiré son oeuvre, représentées par des rubans suspendus, reliant chacune des toiles au centre de l'espace d'exposition, occupé par un petit bateau.
L'artiste donne également une place importante aux textes dans son travail : chacune des oeuvres est accompagnée de sa description et l'exposition est ponctuée de quatre grands textes, imprimés de la même grosseur que les toiles.
« Cela crée différents niveaux de lecture, ce qui permet de toucher autant les gens attirés par l'image que ceux qui préfèrent les mots », mentionne-t-elle.
Paysages humanisés
Johanne Bilodeau accorde aussi beaucoup d'importance à la présence de la nature dans ses écrits et dans ses peintures, lesquelles représentent des paysages humanisés où « la nature et l'humain sont en harmonie, en équilibre ».
« J'aime prendre en photo des végétaux que je reproduis dans mes oeuvres. J'ai l'impression qu'ils sont proches de nous. Comme eux, nous sommes vulnérables, et s'ils n'étaient pas là, nous ne pourrions pas survivre », ajoute l'artiste, qui souhaite éveiller les consciences écologistes.
Les passerelles s'inscrit dans un projet beaucoup plus grand pour Johanne Bilodeau : refaire tous les arrêts migratoires de ses ancêtres sur le territoire nord-américain. Parmi ses prochaines destinations, on compte le Saguenay, la Nouvelle-Écosse, Boston, l'île aux Coudres, l'Île d'Orléans et New Bedford au Massachusetts.
« Je me rends compte que ces chemins représentent l'histoire de tellement de Québécois et qu'on est tous reliés ensemble », mentionne l'artiste au sujet de l'importance que revêt ce projet à ses yeux.
Ce voyage vers son territoire d'origine se fera par les paysages qui sont, selon elle, « les témoins de notre vie ».
« Je me sens investie de la responsabilité d'être la voix de personnes qui n'auraient pas cette chance de pouvoir manier le pinceau ou le crayon », conclut-elle.
Vous voulez y aller ?
Les passerelles de Johanne Bilodeau
Espace Hortense du P'tit Bonheur de Saint-Camille
Jusqu'au 21 mai 2017