Danièle Henkel
Danièle Henkel

Les mots d’humanité de Danièle Henkel

L’ex-dragonne et femme d’affaires Danièle Henkel partage un message humaniste dans son troisième ouvrage, Ces différences qui nous rassemblent.

Dans ce premier essai paru en octobre aux éditions Plon, la Québécoise d’adoption aborde, « en puisant dans son vécu d’immigrée, de voyageuse et d’observatrice » des sujets tels que l’immigration, la radicalisation, la famille, les jeunes ou encore l’égalité des sexes.

« Je voyage beaucoup. Je rencontre beaucoup de gens issus de différentes cultures, de différentes générations, de différents milieux. Mais je me rends compte que nous avons tous les mêmes désirs, les mêmes besoins. On aspire tous à être en sécurité, à bien vivre, à avoir une vie simple et noble », fait remarquer Danièle Henkel.

Cette dernière se désole d’observer une peur de l’immigration un peu partout sur le globe. « La peur des autres cultures, des autres langues, des autres faciès, des autres accents, de l’étranger. Bref, de l’autre. Nous avons même peur d’avoir peur ! » peut-on lire dans son essai.

« C’est grave, parce qu’il n’y a plus de place à l’amour et à la pensée humaniste », déplore-t-elle en entrevue avec Le Droit.

Changer les mentalités

Née au Maroc d’une mère juive et d’un père allemand qu’elle n’a pas connu, Danièle Henkel a vécu en Algérie jusqu’à la montée de l’intégrisme, avant d’immigrer au Québec au début des années 90.

Si elle croit fermement qu’il est plus facile aujourd’hui pour un immigrant « d’évoluer » dans sa société d’accueil, elle s’inquiète d’une montée de l’intolérance au Québec et au Canada.

Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, « il y a cette permission de parler de n’importe quoi, n’importe qui, parce qu’il n’y a pas de visage ».

Pour Danièle Henkel, et c’est en partie la raison de son essai, c’est en influençant les gens autour de nous que les mentalités vont changer. 

Pour la femme d’affaires qui s’est fait connaître grâce au gant Renaissance, l’immigration est un atout pour l’économie du pays. « On a besoin de tous les cerveaux, de tous les bras possibles. Si on ne “pond” pas des centaines de milliers d’entrepreneurs, nous sommes en danger », clame la fondatrice de l’entreprise médico-esthétique Daniele Henkel inc.

Mille et un chapeaux

Atypique, le parcours de Danièle Henkel l’a menée à être nommée en novembre dans le Top 100 des femmes les plus influentes au Canada par le Women’s Executive Network.

En plus de s’être fait une place parmi les grandes du pays, elle s’est aussi forgé une renommée à l’internationale, en agissant notamment comme conférencière.

Le jour de notre conversation, Danièle Henkel s’apprêtait à s’envoler pour Dubaï, aux Émirats arabes unis. Elle devait assister dans la péninsule arabique à la deuxième édition du Global Women’s Forum pour y donner une conférence au Sommet régional (Afrique du Nord et Moyen-Orient) de la Women Entrepreneurs finance initiative.

« Je suis l’unique représentante du Canada, et c’est la première fois qu’une francophone, qu’une Québécoise, est choisie. Je représente donc ce fonds d’un peu plus d’un milliard de dollars, créé il y a deux ans et géré par la Banque mondiale, qui est destiné à aider les femmes et leur indépendance économique dans les pays en voie de développement », explique celle qui a été nommée championne du leadership pour l’indépendance financière des femmes par le Canada en 2018.

Le cœur, c’est la famille

Si elle a pu avoir ce parcours riche, non sans embuches, mais au succès indiscutable, c’est grâce au soutien indéfectible de sa famille. Mère de quatreenfants, grand-mère comblée de sept petits-enfants, épaulée par un mari aimant, Danièle Henkel le clame haut et fort : sa force ce sont eux.   

« Ça me prend un moteur 24 h sur 24. J’ai besoin de savoir que je fais les choses pour une bonne raison. Mon mari, mes enfants, mes petits-enfants sont ma raison de vivre », lance-t-elle humblement.

D’ailleurs, elle accorde dans son livre une grande place à la famille parce qu’elle estime que celle-ci est reléguée au second plan. « C’est le fil conducteur de mon essai, parce que malheureusement on l’a délaissée trop souvent, ce qui entraîne un déséquilibre », regrette Danièle Henkel.

Malgré ses nombreux chapeaux, elle s’efforce de garder un équilibre. « Chaque fois que je fais quelque chose, je le fais à 100 %. Mais je ne suis pas partout en même temps, j’essaye juste d’être équilibrée », confie-t-elle.

Et quand on lui demande si à 64 ans, elle songe parfois à la retraite, elle répond sans hésiter et avec beaucoup d’humour. « Jamais ! Voyons donc ! Vous allez me voir avec ma petite canne et mes dents qui tombent, mais je vais encore essayer de parler ! »