Les jeunes ont été plus nombreux que jamais à faire des découvertes littéraires lors du Salon du livre de l’Estrie.

Les jeunes accourent au Salon du livre

Les jeunes d’âge scolaire ont été plus nombreux que jamais à prendre d’assaut les allées du Salon du livre de l’Estrie qui s’est déroulé de jeudi à dimanche au Centre de foires de Sherbrooke.

« On a eu environ 4300 jeunes et accompagnateurs, souligne Émilie Pinard, directrice générale du Salon du livre de l’Estrie. C’est une année record. L’année dernière on en avait eu 3400. L’équipe du salon peut se donner une belle tape dans le dos parce qu’il y avait une belle proposition pour les jeunes. »

Mme Pinard se réjouissait d’ailleurs de voir autant de jeunes au Salon.

« Le livre, c’est le premier pas vers le développement de la citoyenneté culturelle, estime-t-elle. Avant d’aller voir un spectacle de danse contemporaine, il faut que les jeunes aient été immergés dans la culture. Le livre est le premier objet culturel que beaucoup de jeunes touchent, côtoient et manipulent. »

« Le livre a encore ses bienfaits en 2019 dans une industrie de consommation rapide et de loisir fast food, ajoute-t-elle. Je me plais à dire que le Salon du livre est un antidote aux algorithmes de Facebook et des autres réseaux sociaux qui nous montrent seulement ce qu’on veut voir et qui réduisent nos horizons. Le Salon du livre veut être un marché de découverte. »

En tout ce sont 19 610 personnes qui ont visité le Salon du livre ou participé aux différentes activités de la 41e édition.

Le Salon du livre de l’Estrie a connu un bel achalandage tout au long de la fin de semaine.

Un beau risque

Le défi Littérature contre la montre où des équipes de cinéastes ont eu 48 h pour donner vie à cinq lettres de rupture qui avaient été couchées sur papier à coups de machine à écrire jeudi, a été l’une des belles surprises du Salon selon Mme Pinard.

« On était tous sur la corde raide, les réalisateurs avaient une contrainte de rédaction et très peu de temps pour réaliser un film. Mais ç’a été un succès. Ç’a été un risque qu’on a pris, ça pouvait ne pas fonctionner du tout pour plein de raison. »

Les réalisateurs Anh Minh Truong, Mik Landry, Marie-Lou Béland, Marc-Antoine Chantal et Julian Lieutenant-Duval ont dû faire appel à leur réseau et à des bénévoles, tant pour les assister d’un point de vue technique que pour apparaître à l’écran. Toute la production était à leurs frais.

De gros noms

Marie Laberge, Louise Portal, Patrick Sénécal, David Goudreault, Francine Ruel, Larry Tremblay, Élise Turcotte, Matthieu Simard, Émilie Rivard, Véronique Grenier et Alexis Morin ne sont que quelques unes des grosses pointures qui étaient présentes au Salon.

« On avait beaucoup de beaux noms et de gros noms. C’est ce qui est intéressant du Salon du livre de l’Estrie face à un salon de plus grande envergure. On a le contact. On n’attend pas des heures pour saluer ou faire dédicacer un livre. Ils sont là devant nous. On achète notre café en même temps qu’eux, pour les visiteurs c’est impressionnant. »

Les auteurs ou éditeurs rencontrés par La Tribune ont tous apprécié leur expérience avec les gens de l’Estrie.

« Ça me permet de rencontrer mes lecteurs parce que j’habite à Montréal et je n’ai pas une expérience concrète de l’effet de mes livres en dehors des gens que je croise dans la rue à Montréal, explique Jean-Philippe Baril Guérard, auteur notamment de Manuel de la vie sauvage. Je ne veux surtout pas me confiner dans ma clique de gens que je connais. Et on passe beaucoup de temps seul quand on écrit un livre, d’arriver dans un salon ça permet d’avoir des contacts sociaux. »

« Ce qui est le fun ici, c’est la diversité anglais et français, résume Richard Langlois, copropriétaire de la maison d’édition ÉdiLigne qui produit des livres produits avec du papier écoresponsable du Québec. On a produit un livre qui est en français d’un côté et en anglais de l’autre et je vous dirais qu’on a une plus grande popularité ici pour ce type de livre. Certaines régions ailleurs au Québec sont entièrement francophones, mais il y a ici une belle diversité et un marché différent. »