Isabelle Boulay présentait son spectacle « En vérité » samedi soir au Théâtre Granada.

Les histoires chantées d’Isabelle Boulay

Isabelle Boulay l’a dit dès le début de son concert samedi au Théâtre Granada : pour elle, être une chanteuse interprète, ce n’est pas juste aimer chanter. C’est aimer par-dessus tout les chansons elles-mêmes.

Et en ce qui la concerne, on sent que c’est le cas. Tout au long de la soirée, elle a d’ailleurs fréquemment expliqué au public comment les œuvres qu’elle interprétait étaient arrivées jusqu’à elle, soit pendant la production de son album En vérité, sorti en 2017, mais aussi à d’autres moments de sa vie.

Certaines étaient introduites brièvement, comme Le train d’après, que lui a écrite Alex Nevsky, ou encore Nashville, de Béatrice Martin (alias Cœur de pirate), « la première chanson dont j’étais certaine qu’elle serait sur mon nouvel album », a-t-elle dit.

Mais d’autres appelaient toute une histoire; c’était notamment le cas de l’intense Still Loving You, de Scorpions.

En bref : durant son adolescence, Isabelle Boulay était « un vilain petit canard » (si on se fie à ses dires), et cherchait avec une amie le moyen d’attirer l’attention de garçons qui se baignaient à la piscine près de chez elle. Les deux filles ouvraient grand les fenêtres et écoutaient du métal. Quand venait le temps des slows, elles fermaient les yeux, et s’imaginaient danser avec les beaux garçons de la piscine.

La chanteuse a voulu faire vivre à son public cette période de sa vie, et a d’ailleurs invité chaque personne de la salle à s’imaginer danser un slow avec la personne de son choix pendant qu’elle interprétait cette chanson – la seule de la soirée en anglais, mis à part Won’t Catch Me Cryin’ de Willie Nelson.

Plus tard, Isabelle Boulay a même amené le public dans sa boîte de courriels : en introduction de Garçon triste, écrite par Carla Bruni, elle a fait jouer le message vocal que celle-ci lui avait envoyé, dans lequel elle lui offrait la pièce tout en lui conseillant quand même de la ralentir un peu lors de son interprétation…

Essentiellement, donc, le spectacle de samedi était composé des chansons de son dernier album; en plus de celles dont on vient de parler, Isabelle Boulay a chanté Mon amour (la supplique), Toi moi nous, Voir la mer, Una storia d’amore, le bel hommage aux réalités ouvrières Les mains d’or et bien sûr la chanson titre En vérité.

Relents de Reggiani

Avant de sortir son nouveau disque, Isabelle Boulay avait passé trois ans à chanter avec son album Merci Serge Reggiani le répertoire de celui-ci.

Deux pièces se sont faufilées dans le spectacle : Ma fille et Si tu me payes un verre. L’interprète a d’ailleurs qualifié la deuxième du « plus bel hymne à la tolérance », valeur qu’elle a acquise en grandissant dans le resto-bar de ses parents où défilait « une faune étrange » aux histoires variées; son premier public, en quelque sorte.

Un public au cœur qui s’envole

Son public actuel, en tout cas, n’a pas à se faire prier pour embarquer passionnément dans les chansons de la rouquine interprète. « Ce qui m’importe le plus, c’est que vous sentiez que ces chansons vous appartiennent, que vous en êtes les héroïnes et les héros. Laissez votre cœur s’envoler », avait-elle lancé en début de concert.

Tout de suite après, alors qu’elle a entamé son succès Jamais assez loin, ils étaient plusieurs à balancer les bras dans les airs et à pousser des cris de joie au son de sa voix. Tout comme ils ont été nombreux à se lever pour applaudir à la fin du spectacle… et à rester debout pour danser pendant Entre Matane et Baton rouge au rappel.

Si on sait que les spectateurs ont aimé le concert, ce qu’on ne sait pas, toutefois, c’est avec qui ils ont imaginé danser un slow pendant la chanson de Scorpions. « Si vous êtes venus accompagnés et que vous voulez repartir accompagnés… quand on vous demandera à qui vous avez pensé pendant le slow, ne dites juste rien », leur avait conseillé Isabelle Boulay.

Espérons qu’ils l’ont écoutée.