Les coups de coeur de Stéphane Laforest

Que le chef de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke Stéphane Laforest se dise bourreau de travail n'étonnera personne. Outre l'ensemble musical sherbrookois, le maestro mène les destinées de son propre orchestre, La Sinfonia de Lanaudière, qui célèbre ses 20 Ans cette année. C'est sans compter ses multiples contrats occasionnels avec les autres orchestres québécois et canadiens. L'automne prochain, il dirigera même son premier opéra, La veuve joyeuse de Franz Lehar, à l'Opéra de Québec. Et depuis l'an dernier, il s'est carrément lancé dans la production de concerts pop.
« En 2013, nous avons présenté un concert avec Marc Hervieux, Bruno Pelletier et Sylvain Cossette, à l'amphithéâtre de Lanaudière. Nous avons attiré 3200 personnes, la troisième plus grosse foule de l'été! Toutes des entrées payantes! Et nous n'avions aucune subvention ni commandite. Je me suis non seulement servi de ma propre marge de crédit pour produire le concert, mais j'ai moi-même installé les pots de fleurs sur la scène », rapporte le chef d'orchestre, qui aimerait bien faire vivre au Québec une série de concerts populaires, comme les Boston Pops aux États-Unis.
Fort de son succès de l'an dernier, Stéphane Laforest produira deux concerts populaires en août 2014, au même endroit : Les divas avec Diane Dufresne, Marie-Josée Lord, Natalie Choquette et Kim Richardson, puis Les divos, avec Marc Hervieux, Claude Dubois et Daniel Lavoie.
En attendant d'amorcer, l'automne prochain, sa 17e saison à la tête de l'OSS (lequel fêtera ses 75 ans), Stéphane Laforest a préparé un concert estival pour la place Nikitotek, avec un programme russe... jusqu'à ce qu'il se rende compte que le concert tombait le 4 juillet, fête nationale des Américains. Le programme mettra donc en vedette des compositeurs des deux superpuissances : Bernstein, Gershwin, Anderson et Brubeck d'un côté, Stravinsky, Tchaïkovski, Prokofiev et Kalinnikov de l'autre. « Kalinnikov n'est pas souvent joué, mais sa première symphonie est très jolie. »
Il aime...
Ce lieu où prendre l'air
« J'ai grandi à Sorel, alors comme plusieurs familles de là, nous avions un bateau pour nous promener dans les îles de Sorel. Aujourd'hui, j'ai une maison au bord de l'eau, à Lavaltrie. Mais en Estrie, dans mes rares moments de congé, j'essaie de jouer au golf, notamment au Club du mont Orford. Parfois. Je donne des noms aux balles et je les frappe très, très loin... »
Cette boutique où faire des emplettes
« Je ne fume pas et je ne bois pas, alors ma petite folie, c'est la coquetterie (il faut dire que c'est de famille). Étant donné que mon métier m'amène à participer souvent à des cocktails, des conférences, des entrevues, je vais régulièrement aux boutiques et merceries Roger Labonté, Réjan Mode, Simons et Pour lui. Je fais tourner l'économie d'ici! »
Ce village où errer
« J'aime bien l'architecture des villes et villages anglophones, surtout celle des années 1930 à 1950. J'aime donc beaucoup les endroits comme Lennoxville et Lac-Brome, que je trouve très pittoresques. Soudainement, on se croirait arrivé dans le Maine. »
Il partage...
Ce livre qui le suivra cet été
« À prendre ou à laisser, du Dragon François Lambert. En fait, je m'intéresse beaucoup à la gestion, étant donné mon poste de directeur général à la Sinfonia. Par exemple, j'ai lu un livre sur les 50 choses à faire en temps de crise. Ainsi, lorsque la Sinfonia a perdu une grosse subvention, j'ai tout de suite réagi. J'ai changé la programmation, même si les dépliants avaient été envoyés. J'ai tellement vu d'administrateurs pelleter vers l'avant et créer des déficits de 300 000 $, des présidents censés nous amener de grands commanditaires qui repartent avec un bilan de 2000 $, des chefs qui font une programmation d'abord pour eux-mêmes... Je suis donc assez prudent et j'essaie de glaner le plus de trucs possible. Je n'ai pas le choix : si les finances de l'orchestre vont mal, je serai le premier à écoper. Les bénévoles des conseils d'administration ne veulent pas forcément mal faire (ce sont même souvent de plus grands mélomanes que moi), mais ils n'ont pas toujours l'expérience de gestion d'un orchestre. »
Cette série télé qu'il dévorera les jours de pluie
« Les prisonniers, la série israélienne qui a inspiré Homeland. C'est l'histoire de deux soldats capturés, torturés et battus pendant 17 ans, puis libérés et retournés à leur famille. Sinon, quand j'ai vraiment envie de décrocher, je regarde un film ou une émission des Boys, un James Bond, ou Omertà, selon moi la meilleure série québécoise jamais réalisée. »
Cette application qu'il utilise compulsivement
« J'ai un iPhone, mais je suis loin d'être le plus à jour. J'essaie d'être actif sur Facebook, mais ma fille m'aide souvent pour ça. Je travaille surtout avec un ordinateur traditionnel, car il me faut un grand écran pour les partitions. J'ai quand même une icône Métronome, dont je me sers quand je ne suis pas sûr de mon tempo... »