Les coups de coeur de Josélito Michaud

La journée où l'Orford Express a brûlé, fin avril dernier, le téléphone de Josélito Michaud a bipé et bipé et bipé encore. Pareil à un avertisseur de fumée. «Ton train brûle!» l'alarmaient par textos des dizaines de connaissances.
Aux yeux de bon nombre de gens, ce train, il était à lui. Dans ce wagon panoramique, qui s'est enflammé à cause d'un chiffon imbibé de solvant, l'animateur a fait du camping professionnel pendant six étés et quelques hivers. Entre le plafond de verre et les rails de fer, il a tourné des dizaines d'émissions de confidences.
Dans le brasier disparaissait donc l'écho des deuils de centaines de personnalités, qui avaient trouvé refuge dans le cuir capitonné des banquettes.
«Je n'ai pas encore été capable de m'approcher du site. Je ne veux pas voir ça», confiait l'ex-passager régulier, lors d'une récente visite à Sherbrooke.
Du bar vitré de l'Hôtel Times, où il avait choisi de nous rencontrer, il avait une vue directe sur les voitures gardées en gare pour l'été. «Je trouve ça trop triste, pas matériellement, mais humainement pour la région, pour Donald Thompson, le chauffeur, pour l'équipe d'André L'Espérance, en début de saison touristique en plus. Ça me brise le coeur.»
Le roi de l'empathie rappelle qu'il avait déjà vécu lui-même un début d'incendie lors du tournage d'Un train pour Noël, en 2010. Le feu avait toutefois été vite maîtrisé et n'avait pas compromis la production.
Ce nouveau brasier, plus ravageur, arrive un an après la fin du long chapitre ferroviaire de sa carrière. Le chemin d'On prend toujours un train pourrait toutefois se prolonger et se creuser jusqu'en France, où des producteurs s'intéressent au concept.
Son conducteur, lui, est déjà rendu ailleurs. Après s'être consacré à l'écriture du recueil La gloire démystifiée, paru ce printemps chez Libre Expression, le touche-à-tout développe présentement le scénario d'une télésérie basée sur son récit Dans mes yeux à moi, sorti en 2011. Il annonce aussi son retour à la radio et à la télé cet automne: «Je ne peux en dire plus, les négociations se poursuivant. Je travaille toujours sur huit projets en même temps. Je ne sais pas me limiter.»
Il aime...
Cette table où prendre une bouchée :
«Je ne suis pas très carnivore, mais quand j'ai besoin de manger de la viande, je vais chez Méchant Steak. Je suis fou de ce restaurant, où j'ai tenu avec mon équipe plusieurs réunions de production. Les gens sont fins, la bouffe est bonne, surtout le filet mignon, dont la cuisson est parfaite. J'ai aussi découvert L'Antidote sur le tard, quand il ne me restait qu'une saison à tourner. Sa cuisine, qui flirte avec la tendance moléculaire, est jeune et créative.»
Cette terrasse où prendre un verre :
«Pendant mes étés de tournage, tous mes 5 à 7 se passaient sur la terrasse du Savoroso. C'était une habitude sacrée. Pour me détendre après les longues journées dans le train, j'avalais un smoothie, un mojito ou un verre de Sancerre. Parfois, j'y retournais même plus tard le soir.»
Ce lieu où prendre l'air :
«Sans surprise, c'est le parc Jacques-Cartier. Quand je travaillais ici, je faisais le tour du lac au moins une fois matin et soir. C'était un de mes plus grands bonheurs de séjourner ici et un des plus beaux charmes de cette ville. Je me levais le matin, et mes pieds m'y emmenaient inconsciemment. Mes enfants aimaient aussi aller voir les canards à l'autre bout du lac.»
Ce village où errer :
«Je suis un maniaque de l'Estrie. Depuis mes années à CIMO, j'ai longtemps pensé à déménager ici. J'aime notamment Knowlton, avec son lac immense. Eastman, aussi. J'ai dû aller au Spa Eastman des centaines de fois, bien avant que l'endroit soit réputé. J'associe l'Estrie à la zénitude, au calme, ça me rappelle la Provence. Quand j'ai besoin de vacances plus violentes et agitées, je vais dans les Laurentides.»Il partage...
Ce livre qui le suivra cet été :
«J'ai dévoré en une nuit En finir avec Eddy Bellegueule, du jeune auteur français Édouard Louis. C'est un récit percutant sur l'intimidation. D'une certaine manière, son livre m'a rappelé le mien, Dans mes yeux à moi, par sa façon d'aborder les épreuves de l'enfance et d'utiliser l'écriture pour les exorciser. Je n'offrirai peut-être pas ce livre en cadeau, parce qu'il est violent et dur, mais je le conseille à tous ceux que le sujet intéresse.»
Cet album qui jouera dans sa voiture :
«Je suis un fan fini de Coeur de pirate. Dans son filet de voix, il y a une grande âme. Je ne me sépare donc pas de son album de reprises anglophones pour la série télé Trauma. Son interprétation de Summerwine est écoeurante. La chanson Happy, de Pharrell Williams me rend aussi heureux ces temps-ci. Cette chanson est arrivée au moment où le monde entier avait besoin de légèreté et de fraîcheur.»
Ce film qu'il ne ratera pas :
«J'irai voir La petite reine, avec Laurence Leboeuf, une très bonne comédienne qui peut porter un tel film sur ses épaules. Comme j'ai beaucoup étudié le phénomène de la gloire, l'histoire de la cycliste Geneviève Jeanson m'intéresse. Son parcours illustre tous les moyens qu'une personne peut déployer pour atteindre la gloire et la garder, mais aussi comment on peut vivre une fois qu'on la perd.»
Cette application qu'il utilise compulsivement :
«La Presse + est une application exceptionnelle. J'ai dû être la deuxième personne à la télécharger tellement j'avais hâte de l'utiliser. Tous les matins, quand je n'arrive plus à dormir, je m'assois et j'attends que l'édition du jour soit mise en ligne.»