La prochaine édition des Correspondances d'Eastman aura lieu du 10 au 13 août. Sur la photo, on aperçoit le porte-parole de l'événement annuel, Dany Laferrière, en compagnie de l'écrivaine Natasha Kanapé Fontaine, de Raphaël Bédard-Chartrand, directeur général des Correspondances, du fondateur du rendez-vous, Jacques Allard, ainsi que de la romancière Michèle Plomer.

Les Correspondances d'Eastman sans frontières

« La littérature permet de traverser des frontières sans que la police vienne jamais frapper à votre porte. Avant même le français, notre première langue, c'est l'émotion. »
Des phrases comme celles-là, le porte-parole des Correspondances d'Eastman, Dany Laferrière, en a aligné quelques-unes, mardi, lors du dévoilement de la programmation 2017 de cet événement annuel. Le romancier ressentait de toute évidence l'effet Eastman, un nom qui, pour lui, rime avec plaisir et vacances.
« J'adore être à Eastman », a déclaré Dany Laferrière, qui est membre de l'Académie française depuis deux ans. « Je suis probablement l'écrivain québécois qui est venu le plus souvent aux Correspondances. D'ailleurs, ma conjointe aussi aime énormément ce village qui devient littérature au mois d'août. »
Sur l'affiche annonçant l'édition 2017 des Correspondances, on voit le romancier, lunettes d'aviateur sur le front, volant à bord d'un avion en papier. Comme quoi la 15e édition de l'événement promet d'être à la fois amusante et rassasiante sur le plan intellectuel.
« À la fin des classes, je me servais de mes cahiers pour faire des avions ou encore des bateaux », a partagé Dany Laferrière, en soulignant que l'affiche des Correspondances fait également référence au Petit prince, une oeuvre connue mondialement.
La prochaine édition de l'événement explorera la thématique de la diversité à travers la vaste francophonie. Des auteurs provenant de « partout dans le monde » participeront à l'événement.
« Des mots appartenant à la langue française proviennent de différents endroits dans le monde, dont les pays arabes. On veut en refléter la diversité. On souhaite de plus présenter une diversité de visages », mentionne le directeur de la programmation des Correspondances, Étienne Beaulieu.
Programmation
Dans la foulée, M. Beaulieu a souligné que, contrairement à ce que plusieurs seraient portés à croire en raison du combat mené par les Québécois pour la préserver, la langue française « n'est pas un frêle esquif, mais un gros paquebot ». Elle figure en effet parmi les langues les plus parlées à travers le monde.
Parmi les activités prévues dans le cadre de l'édition 2017 des Correspondances, on retrouve une entrevue lors de laquelle le récipiendaire du prix Goncourt Patrick Chamoiseau répondra aux questions de Rodney Saint-Éloi. Des entrevues avec Natasha Kanapé Fontaine ainsi que Michel Rabagliati figurent par surcroît à la programmation.
Présente à Eastman mardi, l'écrivaine d'origine innue Natasha Kanapé Fontaine a confié qu'elle attend avec une certaine impatience l'événement. « J'avais hâte de recevoir mon invitation », a-t-elle noté, en saluant la décision des organisateurs d'inviter des représentants des Premières Nations à l'édition 2017 des Correspondances.
Comme à l'habitude, quelques spectacles seront présentés pendant la prochaine édition, qui se tiendra du 10 au 13 août 2017. Ils mettront notamment en vedette Marie-Thérèse Fortin, les soeurs Boulay et le romancier Robert Lalonde. Une série d'activités pour les enfants, dont une rencontre avec la chanteuse et auteure Stéphanie Lapointe, ont également été planifiées.
Plus important que prévu
Président fondateur de l'événement annuel, Jacques Allard est ravi que les Correspondances en soient à leur 15e édition cette année. Il ne s'attendait pas à un tel succès quand il a créé cet événement avec un groupe de gens du milieu, dont la comédienne et écrivaine Louise Portal. « C'est devenu plus important que je l'imaginais au départ », admet-il.
M. Allard révèle d'ailleurs une série de chiffres qui permettent de mieux saisir l'importance du rendez-vous annuel. « Parfois, les chiffres parlent, dit-il. Ce sont au total 500 écrivains et artistes qui ont pris part à notre rendez-vous au fil des ans. Et, en ce qui concerne les visiteurs, on en a reçu entre 50 000 et 60 000 durant toutes ces années. Ce n'est pas rien quand on y pense. »
Le président fondateur de l'événement ajoute qu'il rêvait de créer une « grande fête » lorsqu'il a commencé à travailler à la mise sur pied des Correspondances. Il estime que la littérature, qui est au coeur du rendez-vous, fait probablement « vivre le monde. Même la Bible est une grande fable ».