Le romancier Michel Bélil.

Les cinq saisons de l'Avenir : et si l’Estrie vivait l’apocalypse?

Que se passerait-il dans notre coin de pays si une forme d’apocalypse survenait? Le romancier Michel Bélil tente d’imaginer à quoi pourrait alors ressembler la région, dans son livre intitulé Les cinq saisons de L’Avenir — Qui avaient des âmes en panne, le premier tome d’une série de cinq romans avec comme décor le sud du Québec.

Auteur primé à quelques reprises dans le passé, Michel Bélil, un Magogois de naissance, a vécu sa jeunesse en Estrie et dans le Centre-du-Québec avant de faire carrière dans la fonction publique à Québec. Il a acquis un chalet dans la municipalité de L’Avenir il y a huit ans et est maintenant résident permanent de cette localité de 1300 âmes.

On le devine aisément en raison du titre de son œuvre, son arrivée à L’Avenir aura été une grande source d’inspiration pour lui. Quiconque connaît cette municipalité ou sa région sera familier avec de nombreux éléments du décor décrits dans ce nouveau roman, publié par les Éditions de l’Apothéose.

« C’est L’Avenir en tant que lieu géographique qui m’a inspiré au début. Certains de mes voisins ont également nourri mon inspiration », confie celui qui a fait des études en communications et en histoire à une autre époque. « Au départ, je pensais écrire un roman parlant seulement de la municipalité où je vis, mais finalement, j’ai pondu 1500 pages et une suite de cinq romans. »

Le romancier a aussi amorcé une nouvelle série de livres dont la trame narrative prend racine dans Les cinq saisons de L’Avenir. C’est dire à quel point le filon découvert était riche pour lui.

« Mes premiers livres en carrière donnaient plus dans le fantastique, avec une touche de science-fiction. Cette série est différente, mais ce n’est pas un virage à 180 degrés. J’ai essayé de pondre des histoires que j’aimerais lire personnellement. »

Glauque comme La route

D’entrée de jeu, l’auteur plante dans son roman un décor et une ambiance relativement glauques qui peuvent rappeler ceux des histoires post-apocalyptiques comme La route, de Cormac McCarthy. Le monde qu’il décrit paraît cependant un peu plus lumineux, puisqu’il reste une forme d’organisation sociale.

Ayant existé dans la Grèce et en Italie il y a de cela des siècles, le concept de cité-État se trouve au cœur du roman. « Ce genre de territoire régi par des règles ne compte pas nécessairement un nombre très élevé d’individus, mais l’histoire a démontré qu’il peut survivre par lui-même », note le romancier.

Joachim O’Bomsawin, le personnage principal, travaille pour la cité-État de L’Avenir. Illettré et souffrant par surcroît d’un trouble du langage, il agit à titre de directeur des travaux publics et de chef de police par intérim depuis le probable suicide du grand patron des policiers.

Les problèmes auxquels est confronté O’Bomsawin sont multiples et pas toujours excitants. Son quotidien prendra toutefois une tournure inattendue après la découverte du corps d’une vieille femme désœuvrée dans un conteneur à déchets.

« En trame de fond, il y a de graves problèmes environnementaux. Un ghetto a par ailleurs été créé dans la cité-État pour les étrangers à la recherche d’une terre plus hospitalière. Des relations de pouvoir s’exercent également entre les nombreux personnages. L’univers que je dépeins est en fait un microcosme reflétant diverses réalités liées à la vie dans nos sociétés », explique Michel Bélil.

Si les thèmes abordés peuvent sembler angoissants, l’auteur prend soin de mentionner qu’il s’est efforcé de teinter son roman d’humour. « J’ai besoin de donner une dimension humoristique à ce type de livre. »

Devenu conseiller municipal assez récemment, l’auteur reconnaît appréhender légèrement les réactions des habitants de L’Avenir depuis la publication de son livre. « J’ai une certaine crainte que des gens prennent le roman au pied de la lettre. Mais, pour le moment, les réactions que je reçois dans mon milieu sont uniquement positives », assure-t-il. 


MICHEL BÉLIL
LES CINQ SAISONS DE L’AVENIR T. 1 – L’AUTOMNE : QUI AVAIENT DES ÂMES EN PANNE
SCIENCE-FICTION
Éditions de l’Apothéose
328 pages