Malgré des années plus difficiles, Sébastien Plante et ses mousquetaires des Respectables n’ont pas encore joué leurs dernières notes, loin de là. Ils seront à Magog ce samedi pour souligner les 25 ans (et plus!) du groupe.

Les 25 ans des respectables : toujours de quoi fêter [VIDÉO]

Si on voulait être tatillon, on dirait que la tournée du 25e anniversaire des Respectables devrait être terminée depuis au moins un an... voire davantage. C’est en effet en décembre 1991 que la formation rock de Québec a donné sa toute première prestation, dans un bar de Drummondville.

Les Respectables ont d’ailleurs refait un spectacle au même endroit, le 8 décembre 2016, pour marquer l’événement. « C’est juste que le club avait depuis changé de nom et d’administration, raconte Sébastien Plante. Ensuite, en 2018, ç’a été les 25 ans de notre premier album, No Dogs No Band », ajoute le chanteur pour justifier cet anniversaire qui semble ne pas vouloir s’arrêter, deux ans et deux mois plus tard.

En fait, il s’agit, pour le quatuor de Québec, de retrouvailles graduelles avec le public québécois, après quelques années de passage à vide. Le disque éponyme paru en 2015 chez Entourage n’a malheureusement pas fait grand bruit (il est sorti le jour des attentats à Paris). Les gars misent maintenant sur un nouvel opus, cette fois en anglais (The Power of Rock’n Roll), paru en septembre dernier et lancé ces jours-ci au Canada anglais.

Mais le spectacle actuel compte les plus grands succès francophones des Respectables, découverts par le public québécois en 1999 grâce à l’album $ = bonheur (eh oui, c’est son 20e anniversaire...). Toutes les incontournables y sont : L’homme 7 Up, Plaisir, Holà décadence, Amalgame, On fait c’qu’on aime, Virer le monde à l’envers, Mêle-toi de tes affaires, etc.

« Alors, oui, l’anniversaire se prolonge, dit Sébastien Plante avec un grand sourire. On a commencé ça en faisant le tour des bars où on a beaucoup joué à nos débuts, dont certains où on n’était pas allés depuis longtemps. Ensuite, il y a eu quelques événements spéciaux et festivals, dont certains en Louisiane et à Cuba. On est aussi retournés dans l’Ouest canadien. Maintenant, on renoue avec le circuit des salles québécoises en bonne et due forme, ce qu’on n’avait pas fait depuis dix, quinze ans. »

Le spectacle comporte également plusieurs clins d’œil aux moments-clés de la carrière des Respectables, notamment leur rencontre avec les Rolling Stones, dont ils avaient fait la première partie au Centre Bell en janvier 2003. Quelques extraits du plus récent opus complèteront le programme, pour montrer que le quatuor a su garder son côté rêveur et juvénile.

Passage à vide

Sébastien Plante ne le cache pas : le début des années 2010 a été difficile pour les Respectables. L’annonce prématurée, par leur équipe de l’époque, d’une entente avec une importante compagnie de production torontoise, laquelle devait les propulser sur le marché international, a fait mal lorsque le partenariat ne s’est finalement pas concrétisé.

« On est passé très près, mais malheureusement, ça ne s’est pas produit. Et pas forcément pour les bonnes raisons. Des enregistrements ont été refaits, alors qu’on venait de réaliser l’album Sweet Mama, lequel est, selon moi, celui qui nous ressemble le plus », confie Sébastien Plante, sans souhaiter s’étendre davantage.

« Des rendez-vous manqués, il y en a beaucoup dans une carrière musicale, mais lorsque tu annonces quelque chose de gros et que ça ne se produit pas, ça te fait mal paraître. »

La rupture subséquente avec leur maison de gérance et leur étiquette de disque a laissé les Respectables Gros-Jean comme devant. « On est retombé au bas de l’échelle et il a fallu qu’on se reconstruise par nous-mêmes. Ce qui a été une bonne chose, car ça nous a forcés (moi surtout) à apprendre tous les rouages du métier. »

Indéfectible symbiose

Heureusement, comme les anciennes chansons des Respectables n’ont jamais cessé de se faire entendre à la radio, la formation a pu « rester vivante ». Mais même durant ces années plus grises, les gars ne sont pas passés près de se séparer, estime Sébastien Plante.

« Justement parce qu’on se respecte les uns les autres et que le groupe n’est pas tout dans notre vie. Jean-Sébastien Chouinard [qui a remplacé Pascal Dufour, parti en 2007] joue avec Robert Charlebois, Garou, etc., en plus d’avoir son propre studio (où on enregistre des fois, d’ailleurs). Stéphane Dussault aussi a son studio dans les Laurentides et il travaille avec 2Frères et plusieurs autres artistes émergents. Stéphane Beaudin, avec son ami auteur-compositeur Randy Spears, fait des hommages à Leonard Cohen et Tom Petty, entre autres, et moi, j’ai mon projet blues en solo, le Seb’s Music Shop, pour lequel je retournerai en Louisiane au printemps. Bref, tout le monde est assez occupé. »

« C’est sûr qu’il y a des moments plus down où on a parfois envie de céder, mais je crois que ce sont ces moments-là qui nous rendent plus forts. Notre symbiose est encore là. Ce n’est pas rare qu’on essaie une nouvelle chanson et que ça marche tout de suite, les yeux fermés. »