Gregory Charles a célébré les 35 ans de l’Ensemble vocal l’Escaouette avec la chorale vendredi et samedi, faisant chaque fois salle comble.

L'Ensemble vocal l'Escaouette célèbre avec Gregory Charles

Gregory Charles avait prévenu les choristes de l’Ensemble vocal l’Escaouette : il dérogerait fort probablement du programme qu’ils avaient préparé pour célébrer leurs 35 années d’existence. S’il a bel et bien respecté la douzaine de pièces inscrites dans le dépliant de la soirée, il s’est laissé aller à quelques improvisations portant le nombre total de chansons à près de 25, au grand bonheur du public.

Ce sont d’ailleurs près de 1200 personnes qui se sont réunies aux représentations à guichet fermé de vendredi et samedi à l’église Saint-Hippolyte de Wotton. Ceux-ci ont vu Gregory Charles apparaître sur scène en fin de première partie, accompagnant d’abord les choristes comme soliste alors qu’ils interprétaient la chanson de Roger Matton qui a inspiré le nom de l’ensemble vocal L’Escaouette.

Puis, le groupe de chanteurs l’a laissé seul sur scène où il a alors pris le contrôle du piano. « Avec ma famille, on aimait jouer à des jeux interactifs quand j’étais plus jeune. Celui que ma mère préférait, c’était celui des années. Les gens donnaient des années, et moi, je devais jouer des pièces qui leur correspondaient », a-t-il expliqué à la foule avant de l’inviter à jouer une partie en souvenir de ses parents décédés récemment.

Les années choisies ont été 1920, 1958, 1970 et 1972. C’est sans difficulté que l’artiste a dégoté de son répertoire deux à trois pièces pour chacune d’entre elles. Il a par exemple transporté la foule en 1972 avec le succès de Pagliaro J’entends frapper. Il n’y a pas à dire, Gregory Charles est une véritable encyclopédie de la musique.

Puis, les choristes sont venus le rejoindre pour la deuxième partie du spectacle où se sont notamment enchaînés Danny Boy, Mack the Knife, Imagine et Quand les hommes vivront d’amour. Quelques improvisations se sont évidemment glissées entre ces pièces, au gré des anecdotes et des souvenirs qui venaient au virtuose.

Si, pour la majorité des chansons, le nombre de choristes augmentait alors que le public entonnait aussi les paroles, un moment magique s’est déroulé lors de la pièce Hallelujah. Car même si les gens la connaissent probablement par cœur, personne n’a chanté, comme pour laisser toute la place à la grandeur de l’interprétation proposée par l’Escaouette.

Puis, malgré les 23 heures qui allaient bientôt sonner, le public a réclamé un rappel après la finale de O Happy Day. Une demande à laquelle Gregory Charles a acquiescé avec plaisir, non pas sans faire une ode au chant choral avant.

« Je suis un amoureux du chant choral. Je trouve que dans un monde où tout le monde veut mener sa vie, diriger sa propre affaire, c’est merveilleux de voir des gens abdiquer leur libre arbitre et se réunir en chantant », a-t-il dit avant d’entamer Ma mère chantait toujours de Luc Plamondon.

Cofondateurs à l’honneur

Pour la première partie du spectacle, l’ensemble vocal des Sources a interprété quatre pièces sans l’artiste invité.

C’est Louise Deslongchamps, la chef de chœur actuelle, qui a assuré la direction pour l’ensemble de la deuxième partie du concert. Chantal Boulanger, cofondatrice de l’Escaouette, ainsi que sa fille, Isabelle O’Reilly, l’ont toutefois rejointe pour les premières pièces, elles qui ont dirigé l’Escaouette pendant quelques années.

Notons que le cofondateur de l’Escaouette Marc O’Reilly s’est vu remettre samedi le prix Marie-Bernard par l’Alliance des chorales du Québec pour son implication comme compositeur et arrangeur de même que pour sa contribution à l’avancement du chant choral en Estrie.