Jeff Scheckman, le maître-verrier de l’Atelier Studio du Verre, de Montréal, à gauche, a supervisé pendant huit mois la rénovation de la verrière de l’église Sainte-Agnès de Lac-Mégantic, une œuvre datant de 1848-1849. Avec trois employés, dont Bernardino Caetano, son bras-droit d’origine portugaise, à droite, il gère aussi la réinstallation de la verrière à Lac-Mégantic, cette dernière semaine.
Jeff Scheckman, le maître-verrier de l’Atelier Studio du Verre, de Montréal, à gauche, a supervisé pendant huit mois la rénovation de la verrière de l’église Sainte-Agnès de Lac-Mégantic, une œuvre datant de 1848-1849. Avec trois employés, dont Bernardino Caetano, son bras-droit d’origine portugaise, à droite, il gère aussi la réinstallation de la verrière à Lac-Mégantic, cette dernière semaine.

L'église Sainte-Agnès retrouve sa verrière

Ronald Martel
Ronald Martel
La Tribune
Après huit mois de travail et 440 000 $ d’investissements, la restauration de la verrière de l’église Sainte-Agnès est pratiquement terminée à Lac-Mégantic. La restauration de l’immense œuvre d’art, évaluée à un million de dollars, était une nécessité.

Elle est revenue lundi dernier de l’atelier Studio du verre, de Montréal, où le maître-verrier Jeff Scheckman a supervisé les travaux. Depuis son installation lors de la construction de l’église, en 1913, le temps avait fait son œuvre de destruction, rapporte-t-il, en plus des conséquences de l’installation d’origine par de simples ouvriers non spécialisés.

« La partie du haut était moins détériorée et a été mieux installée au point de départ. Elle a pu être restaurée sur place. Nous avons enlevé les deux tiers de la verrière, la partie du bas, pour la traiter à Montréal. Ce fut une restauration dans les règles de l’art. Cette partie a été mal installée à l’origine, en superposant les vitraux, faisant en sorte que ceux du haut pesaient sur ceux du bas, ce qui devenait fatiguant pour eux, les faisant bomber et même gondoler », raconte M. Scheckman, un Américain d’origine.

« Nous avons ajouté de nouvelles barlotières, les barres de métal qui tiennent les vitraux en les supportant, et des vergettes avaient été oubliées, au point de départ. Les vergettes, ce sont des baguettes qui aident également à supporter les vitraux, dans la structure, et qui sont attachées avec des fils de cuivre. Le plomb de périmètre a été changé et les autres plombs ont été restaurés. »

Un petit atelier a été créé sur place afin de pourvoir au remontage de la verrière de façon professionnelle. « Il est important que les barlotières de métal et les vergettes soient coupées au millimètre près. Je m’occupe ici des dernières retouches avant l’installation, avec les dernières analyses. Il faut prévoir la condensation par une ventilation statique, assurée par des mouchettes, des petits morceaux de verre qui permettent l’aération dans le haut de la verrière », ajoute un des trois employés du Studio du verre, Bernardino Caetano, qui accompagne M. Scheckman.

Plus d’une centaine de vitraux composent la verrière qui mesure 32 pieds de haut par 20 pieds de large, en forme d’ogive, la partie du bas étant constituée de neuf lancettes illustrant l’Arbre de Jessé, soit la généalogie du Christ, un descendant du Roi David, et le tympan, la partie supérieure, offre des scènes relatives à la Vierge Marie.

Jeff Scheckman, le maître-verrier de l’Atelier Studio du Verre, de Montréal, a supervisé pendant huit mois la rénovation de la verrière de l’église Sainte-Agnès de Lac-Mégantic, une œuvre datant de 1848-1849 et valant un million de dollars.

« Nous serons ici jusqu’à lundi prochain, il aura donc fallu huit jours à quatre personnes pour cette réinstallation effectuée avec précaution. Il faut ajouter à cela du travail de menuisier assuré par un autre sous-traitant, et le travail du verre extérieur, un verre thermos, plus efficace que celui d’origine. Il s’agit d’une des belles verrières que nous avons eu à travailler au Québec, une des plus belles qui soient même au Canada. Nous sommes très fiers de notre travail », conclut Jeff Scheckman.

La restauration a été largement subventionnée, entre autres par un montant de 170 000 $ du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Cette verrière serait le plus ancien vitrail de style néogothique à se retrouver en Amérique du Nord. Elle aurait été conçue par William Wailes et produite par l’entreprise de John Hardman, à Birmingham, en 1848