Le trad : toute l'année et pour tout le monde

Le lien qui unit chaque personne ensemble, c’est ce que le calleur et conteur Donald Dubuc aime de la danse traditionnelle. C’est une joie de vivre contagieuse qui règne dans la salle chaque fois qu’il anime une soirée dansante, et la soirée de samedi n’était pas une exception. Sa célèbre veillée du jour de l’an a attiré plus d’une centaine de personnes à Richmond dans la salle du centre Sainte-Famille.

« C’est tellement un contact particulier, c’est un contact humain. Partout sur la planète, les gens célèbrent comme ça, chanter ou danser ensemble. C’est plaisant de pouvoir mettre les gens en contact avec cette expérience-là ici, dans la couleur de nos traditions au Québec », souligne M. Dubuc.

Ce contact les uns avec les autres, le calleur soutient « qu’on a besoin de ça à l’année longue », et que ça ne devrait pas être nécessairement associé aux célébrations de la nouvelle année. Le temps des fêtes reste toutefois le moment idéal pour les danses en ligne, avec son ambiance festive.

« Moi-même je ne dansais pas ces danses-là quand j’étais jeune. En m’intéressant à la musique et en voulant jouer, à un moment donné on a tassé les tables et dansé une danse. Cette première danse-là m’a fait vivre quelque chose de puissant, comme contact entre les gens justement. C’est comme ça que j’ai commencé et c’est sûr que j’allais organiser des veillées plus tard pour que tout le monde puisse connaître ça », raconte-t-il.

Donald Dubuc

C’est ce à quoi Donald Dubuc consacre sa vie aujourd’hui, parcourir les salles bondées de danseurs pour leur faire vivre une expérience heureuse. Et du bonheur, il y en avait beaucoup samedi soir à Richmond, pour la neuvième édition de sa veillée du jour de l’an, devenue une tradition en région. Expérimentés ou amateurs, les participants ont enfilé leurs plus beaux souliers pour venir danser au son de la musique folklorique.

« Ça devient quelque chose que les gens anticipent. Ils ont hâte de prendre part à ça », se réjouit M. Dubuc.

En tant que calleur, il annonce les mouvements de danses pendant la soirée, ce qui permet à tous de se prêter au jeu. La soirée festive se déroule donc sous la formule d’un atelier sur le trad québécois. La soirée s’adresse autant aux amateurs qu’aux danseurs aguerris.

La tranche d’âge des participants? Très variée! Enfants et adolescents se mélangent aux adultes et personnes âgées, créant une activité familiale des plus rassembleuses pour le temps des fêtes. C’est ce qui crée une ambiance spéciale, qui touche la plupart des participants.

« Autrefois, la danse folklorique avait comme une connotation plus nostalgique du passé. Et là on remarque que c’est intergénérationnel. Tout le monde a un beau sourire. C’est plaisant pour le temps des fêtes, mais il ne faut pas que ça soit juste pour le temps des fêtes. On ressort ça maintenant, mais quand on voit la joie des gens, on devrait y penser tout le temps », commente Danielle Bédard, pour qui l’expérience était toute nouvelle.

Elle en était à sa première soirée sous l’animation de Donald Dubuc. Sa pensée s’aligne bien avec celle du calleur, qui souhaite que les gens profitent en tout temps du plaisir que procurent les danses traditionnelles. Peu importe l’âge, le résultat reste le même : un sourire sur le visage.

D’autres participants avaient planifié leur sortie depuis plus longtemps.

« La danse traditionnelle, c’est la seule danse où je vais dans une salle et je ne connais personne, puis à la fin de la soirée tout le monde se parle. C’est une danse interactive, on a tout le temps le sourire, c’est rassembleur. On se sent toujours contents. C’est encore meilleur quand il y a de jeunes enfants, c’est toute une ambiance », exprime pour sa part Christian Bourdon, qui compte sa troisième participation à la veillée.

L’homme est même venu avec ses jeunes petits-enfants cette année, il insiste d’ailleurs sur l’importance de leur faire connaître cette tradition.

« Ça fait partie de l’identité québécoise, il faut leur montrer! »

Une séance d'entrainement

Étant donné l’intérêt grandissant pour ses activités, M. Dubuc tenait même un atelier préparatoire samedi après-midi, afin d’enseigner des pas de danse à l’avance à ceux qui le désiraient.

« C’est une activité familiale d’initiation à la veillée traditionnelle. C’est comme notre réchauffement pour le soir, à Richmond », explique M. Dubuc.

Le cours avait lieu à la Bibliothèque Éva-Senécal de Sherbrooke où quelque 60 places étaient disponibles. L’événement affichait d’ailleurs complet depuis plusieurs jours. L’activité s’y tient depuis déjà cinq ans, et cette année les organisateurs ont dû trouver une salle plus grande pour accueillir un peu plus de personnes qu’à l’habitude. Certains se sont donc préparés pour la célèbre veillée quelques heures avant.

Pour ceux qui douteraient de l’efficacité de la danse traditionnelle sur l’humeur, M. Dubuc maintient qu’une seule danse suffit pour procurer un sourire.

« Il faut y aller pour le comprendre. Le plus dur c’est d’amener les gens une première fois. L’important c’est d’être curieux et aller le vire… ça fait un grand bien », assure le calleur.

La veillée s’est étirée jusqu’à 23 h samedi.

La veillée du jour de l'an de Donald Dubuc est une activité intergénérationnelle.