La directrice générale du Salon du livre de l’Estrie, Émilie Pinard, a dévoilé hier la programmation de la 41e édition de l’événement, qui se déroulera du 17 au 20 octobre sous la présidence d’honneur de l’écrivaine et comédienne Francine Ruel (à droite). La Sherbrookoise Véronique Grenier (au centre) fait partie des quatre autrices à l’honneur.

Le Salon du livre de l'Estrie ancré à l’imaginaire

Un quintette tout féminin sera à l’honneur du 41e Salon du livre de l’Estrie (SLE). Les autrices Valérie Fontaine, Véronique Grenier, Martine Delvaux et Alexie Morin rayonneront chacune pendant une journée tandis que la romancière Francine Ruel assumera la présidence d’honneur de l’événement littéraire.

« On avait la volonté, cette année, d’avoir une sélection où les femmes seraient majoritaires. Ça ne se produit pas si fréquemment en littérature et ce n’était pas arrivé lors des dernières éditions. De fil en aiguille, on a joint cinq autrices de grand talent qu’on est très fier de présenter », expose Émilie Pinard, directrice générale de l’événement.

David Goudreault

Celui-ci se déploiera du 17 au 20 octobre sur le thème Imagine..., avec tout ce que cela veut dire de possibles.

« C’est un ancrage qui nous permet d’aller dans plusieurs directions : imagine une histoire, imagine un monde meilleur, imagine un auteur, imagine un enjeu politique... On peut décliner l’idée de différentes façons. Et non seulement ça touche tout le monde, mais l’imagination, c’est aussi le cœur de la littérature », précise Mme Pinard.

Robert Lalonde

Cette idée rejoint la vision de Francine Ruel. « Parce que l’imagination, c’est la matière première des auteurs, c’est avec elle qu’on travaille tous les jours. Oui, ça prend un peu de talent, beaucoup de discipline et pas mal de boulot, mais sans imagination, on ne peut pas noircir bien des pages », résume l’autrice et comédienne, qui sera sur place pendant toute la durée du Salon.

Parce que c’est un éditeur « qui accorde une place importante aux influences des littératures de l’imaginaire », Alto sera particulièrement mis en lumière au cours du SLE, notamment lors d’une lecture théâtrale des Villes de papier, de Dominique Fortier, (le jeudi soir) et au cours de différentes rencontres d’écrivains qui sont publiés par la maison.

Mylène Gilbert-Dumas

De façon plus générale, tables rondes, discussions, séances de dédicace, prescriptions littéraires, soirée jeunesse, animations et autres activités autour des mots sont au menu du rendez-vous d’octobre. Des sujets aussi variés que les Premières Nations, la littérature post-apocalyptique, le féminisme, la création, la résilience et la sexualité positive y seront abordés.

Du nouveau et des tête-à-tête

Pour une troisième année consécutive, la fête du livre ose par ailleurs d’originales activités hors les murs à la Maison du cinéma et au Refuge des brasseurs. La Petite Boite noire accueillera aussi une édition spéciale de Littérature et autres niaiseries, le jeudi, ainsi qu’un original cabaret des curiosités, le samedi soir. Dans tout ça, quelques nouveautés sont enchâssées dans la programmation.

Véronique Drouin

La tendance verte, par exemple, s’exprimera lors de la soirée La planète s’invite au SLE, le samedi soir, alors que deux conférences sur le sujet seront présentées par Alain Péricard et Éric Pineault. Autre neuve formule : des rencontres tête-à-tête devant public seront orchestrées entre deux auteurs qui partagent un point commun. Amélie Dubois et Carl Rocheleau, par exemple, causeront ensemble de chick lit, un genre littéraire auquel ils touchent tous deux. David Goudreault et Francine Ruel, eux, ont chacun été le premier lecteur de l’autre. Ce sera le point de départ de leur conversation.

« David et moi, on s’est connus aux Correspondances d’Eastman. On s’est lié d’amitié. Il m’a demandé de relire son manuscrit au moment même où je lui envoyais le mien. Je souhaitais l’avis de l’ami, de l’auteur, mais aussi du travailleur social », exprime Francine Ruel, qui a tout récemment lancé Anna et l’enfant-vieillard, roman à travers lequel elle aborde le délicat sujet de l’itinérance de son fils.

Marie Laberge

Un tabou qu’elle avait tu jusqu’à cette soirée où, à la bibliothèque de Lac-Mégantic, des lecteurs lui ont fait remarquer comment son fils devait être fier et heureux d’avoir grandi dans pareil cocon où les livres et la culture avaient grande place.

« À ce moment-là, j’ai eu l’impression de ne plus pouvoir parler. Après un long silence, j’ai regardé les gens. Et je leur ai dit que mon fils vivait dans la rue. C’est la première fois où j’en ai parlé. »

L’accueil, bienveillant, a en quelque sorte ouvert une fenêtre d’écriture. « Maintenant que je l’avais dit en public, c’est comme si je pouvais écrire cette histoire qui trouve un écho incroyable. Plus de 14 000 livres ont été vendus en une semaine, on vient de retourner sous presse. Je réalise à quel point ça touche les gens, pour toutes sortes de raisons. J’en suis renversée », dit celle qui, au SLE, se réservera du temps pour aller à la rencontre des lecteurs.