Les idées de grandeur d’Olivier Dion l’ont mené à bon port : le 24 mai, il dévoilera son album Exposed, une extravagante production de Sony Music à la couleur pop moderne qui ne ressemble en rien à la précédente.

Le projet inespéré d'Olivier Dion

Les idées de grandeur d’Olivier Dion l’ont mené à bon port : le 24 mai, il dévoilera son album Exposed, une extravagante production de Sony Music à la couleur pop moderne qui ne ressemble en rien à la précédente. Ce deuxième disque solo, cette fois enregistré principalement en anglais, est celui que le Sherbrookois « avait envie de faire depuis longtemps ».

En juillet 2017, il annonçait à La Tribune qu’il entrait dans sa phase de création. Aujourd’hui, Olivier Dion se prépare à dévoiler un projet « inespéré ». 

Déjà, il visait des chansons plus exportables, avec des textes anglophones. « J’ai toujours aimé chanter en anglais. Je pense que la première chanson que je chantais quand j’avais huit ans était de Sting, se souvient Olivier. C’était un rêve de faire du matériel original en anglais. J’ai un gérant qui a beaucoup cru en l’idée puis la maison de disque a embarqué dans le projet; j’ai tout de suite été mis en relation avec des producteurs avec qui je n’aurais jamais pensé pouvoir travailler. » 

Il dit ne pas avoir voulu se mettre de limites et son impressionnant éventail de collaborateurs ne lui en a pas imposé non plus. 

Entre les enregistrements à Los Angeles, Londres et Paris, le chanteur a notamment côtoyé des références du domaine comme Grades, qui a travaillé avec Dua Lipa et Khalid; Craig Stephen Dodds, qui a écrit pour Amy Winehouse, Gorillaz et Leona Lewis ; ainsi que Jimmy Burney, qui a collaboré avec Demi Lovato et les Backstreet Boys en plus d’avoir été nommé aux Grammys et aux Junos. 

« Tu grandis beaucoup quand tu vois leur façon de travailler. Il y avait une super belle connexion et beaucoup de partage. C’était sans pression, souvent en groupe de trois ou quatre. Dès les premières séances, on est sortis avec des chansons très fortes. Je me suis rendu compte qu’avec ces gars-là, une petite idée à l’apparence banale peut devenir vraiment cool. » 

Le résultat : 12 chansons pop aux bases électros « qui sonnent gros ». De ces 12 titres, deux sont aussi retrouvées en version française (Curious et Kinda Love), tandis que Baiser volé et Souvent j’ai peur constituent les seules pièces enregistrées exclusivement en français. « Je me suis dit que c’était possible d’aller dans un univers où se trouvent les plus grands; de pouvoir imaginer des productions qui sont dans l’air du temps. J’ai 27 ans, j’ai envie de triper sur la musique que je fais autant que je veux que les gens tripent dessus. Je n’avais pas envie de faire comme j’ai parfois fait dans le passé, soit des chansons qui me font un peu moins vibrer. » 

Olivier Dion

Chansons introspectives

Cette fois, Exposed est « un album good vibes qui donne autant envie de danser que de chiller ». Malgré le nombre considérable de signatures sur l’ensemble de l’œuvre, la touche Olivier Dion demeure, particulièrement dans sa collaboration aux textes. 

« J’ai plusieurs chansons qui sont inspirées de faits vécus, qu’ils soient plus récents ou plus vieux dans ma vie. » Une des quatre chansons en français sur le disque, Souvent j’ai peur, se penche sur les insécurités qu’il a vécues dans la dernière année. « J’ai trop peur de leur avouer. Sous les filtres, ma vérité. Je ne suis qu’un cliché éphémère. À tous ces visages, je dois plaire », disent les paroles. 

« C’est au sujet du métier, explique Olivier. J’ai eu des doutes, des incertitudes, de l’anxiété. Je n’ai pas été à l’abri de ça moi non plus, parce que je pense que je ne suis pas le seul à vivre ça dans le métier, où ça peut parfois être mouvementé. On peut avoir des hauts qui sont très hauts et des bas qui sont très bas. C’est ma chanson la plus introspective, celle où je me suis mis le plus à nu. »  

Ces plus sombres moments n’ont rien à voir avec la décevante descente aux oubliettes de l’émission Danser pour gagner, rassure-t-il. La production de Julie Snyder pour laquelle il a vécu sa première expérience d’animation n’a pas obtenu le succès attendu lors de sa diffusion au début de l’année 2018. 

« C’est arrivé un peu par hasard dans mon parcours, l’animation. Ce n’était pas prévu, j’avais envie de le vivre, d’apprendre et de m’amuser là-dedans, mais la priorité restait mon album. C’est très dommage que l’émission n’ait pas eu autant de succès qu’espéré, mais le fait que ça n’ait pas été renouvelé n’a pas été ma plus grosse source d’angoisse. Au final, je n’aurais probablement pas eu le temps de faire une autre saison. »

D’autres chansons parlent de ses expériences de voyage, comme Last Weekend, qui relate « un week-end incroyable » passé à Los Angeles. Le titre WPWT (Wrong Place Wrong Time), lui aussi plutôt personnel, est inspiré d’un moment particulier de sa vie, dit-il sans plus de précisions. « Des fois, on a l’impression d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment et on a l’impression que ça change un peu le parcours de ta vie. On se sent un peu pris au piège, si on veut. » 

Même si la chanson Survivor raconte une histoire d’amour fictive, son titre dérive toutefois de la participation d’Olivier à l’émission française The Island : Célébrités. Dans le cadre de cette production télévisuelle, lui et dix autres personnalités ont accepté de survivre sur une île déserte du Pacifique pendant 15 jours sans nourriture ni eau. 

Visée internationale

Depuis le 14 mai, Olivier est déjà en pleine opération promotion en France, là où il a interprété le célèbre D’Artagnan dans la comédie musicale Les Trois Mousquetaires en 2016 et 2017, et où il a remporté la troisième place dans l’émission Danse avec les stars. 

« Il y a beaucoup d’occasions de promotion là-bas et c’est là-bas que se trouve ma maison de disques. Je devrais y passer au moins deux mois », se réjouit celui qui prévoit participer à une série de plateaux radio, où des artistes se produisent en direct devant des milliers d’auditeurs. D’ailleurs, Kinda Love, extrait déjà sorti et diffusé dans les radios du Québec depuis un moment, s’est récemment frayé un chemin jusque dans une grande radio française. « Ça augure très bien », confie-t-il. 

Cependant, les projets de l’ex-académicien pour Exposed s’étendent au-delà des frontières de nos cousins européens. « Le but, c’est de le faire fonctionner à l’étranger. Je ne me ferme aucune porte; tous les marchés sont bons à travailler. Je suis vraiment excité, j’ai mon album en anglais et je ne suis vraiment pas gêné de le présenter partout. On verra à quels endroits on me réserve un bon accueil. »  

En espérant que Sherbrooke en fasse tout de même partie? « Bien sûr, je continue de venir très souvent à Sherbrooke; mes parents y sont encore. J’ai très hâte que les Sherbrookois entendent mon album, j’espère qu’ils vont l’aimer. Je suis vraiment fier de le présenter. C’est très différent de ce que j’ai déjà fait et j’espère qu’ils vont embarquer comme ils l’ont fait avec mes autres projets. »

David Ban (Porthos), Olivier Dion (D’Artagnan), Brahim Zaibat (Athos) et Damien Sargue (Aramis), la troupe des Trois Mousquetaires présentée au Palais des Sports de Paris en 2016.

Le feu de la danse

Album rythmé et aisance sur un plancher de danse font la paire. Avec la présence grandissante d’Olivier dans le milieu de la danse, en France comme ici, peut-on s’attendre à des spectacles chorégraphiés? « Je flotte pas loin du milieu de la danse, mais je ne suis pas tout à fait dans le milieu, répond-il humblement. Je peux apprendre à danser, mais je ne suis pas un grand danseur encore. C’est certain que j’ai envie de vivre mes chansons et de les danser un peu, mais je ne veux pas nécessairement intégrer des chorégraphies. » L’idée d’avoir des danseurs avec lui sur scène est cependant loin d’être mauvaise, ajoute-t-il. 

Olivier Dion 
Exposed
Sortie prévue le 24 mai