Guy Édoin

Le plus naturellement possible

Ceux et celles qui ont vu les deux premiers longs métrages de Guy Édoin, Marécages (2011) et Ville-Marie (2015), savent que l'homosexualité est présente dans ces deux oeuvres, même si elle n'est pas au coeur du propos. C'est d'ailleurs ainsi que le cinéaste voit l'intégration de cet élément dans son cinéma : une toile de fond, une facette de ses personnages, mais pas une fin en soi.
« Probablement parce que, lorsque j'écris un film, tout part des personnages. Je ne réalise pas des films à thèmes. Je n'ai pas non plus un objectif d'éducation ni de revendication, et je déteste les étiquettes. L'homosexualité vient simplement donner une couleur aux personnages, et j'essaie de la représenter à l'écran le plus naturellement possible, sans tomber dans les clichés. Je pense que c'est la meilleure façon de "passer le message", si j'ose m'exprimer ainsi. »
C'est d'ailleurs le principal commentaire que Guy Édoin a reçu à propos des deux « grands-mères » de son film Marécages. « Les gens ont aimé que ce soit amené aussi simplement. Un baiser et on comprend tout. »
Ce qui ne veut pas dire que l'homosexualité ne sera jamais au coeur d'un de ses films à venir. Ni qu'elle sera représentée dans toutes ses oeuvres, précise-t-il.
Guy Édoin n'a jamais senti que la composante gaie freinait l'ardeur d'aucun de ses collaborateurs ou commanditaires. « S'il y avait eu censure, elle risquait davantage de venir de moi-même que des autres. »
Une oeuvre marquante
Mon arrivée à Montréal, à 17 ans, coïncide avec un certain questionnement sur mon identité, mais surtout avec ma découverte du cinéma. J'ai donc vu plein de choses à l'époque et j'ai été touché par Lost and Delirious de Léa Pool [un film paru en 2001, tourné à l'Université Bishop's et dont le titre français était Rebelles]. Ce film est arrivé à un moment de ma vie où je me posais plein de questions. Il a eu un certain écho en moi.