En attendant son exposition Dé-constructions présentée à partir du 1er octobre au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, José Luis Torres a installé une première œuvre dans le stationnement du MBAS pour la belle saison.
En attendant son exposition Dé-constructions présentée à partir du 1er octobre au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, José Luis Torres a installé une première œuvre dans le stationnement du MBAS pour la belle saison.

Le phare de la Dé-constructions

La nouvelle œuvre de l’artiste José Luis Torres s’est édifiée dans les derniers jours dans le stationnement du Musée des beaux-arts de Sherbrooke (MBAS). Une installation extérieure qui est synonyme de phare pour la prochaine exposition Dé-constructions, laquelle sera présentée du 1er octobre 2020 au 31 mai 2021 à la salle Bombardier.

La déconstruction est un sujet qui interpelle personnellement l’artiste d’origine argentine, qui vit au Québec depuis 17 ans. Elle comporte un certain lien avec sa propre expérience immigrante, vu que l’exposition au Musée de beaux-arts de Sherbrooke sera évolutive. José Luis Torres explique d’ailleurs que cette dynamique d’adaptation est très liée avec ce qu’il vit lui-même : l’immigration implique une certaine « déconstruction » puisque les personnes qui immigrent doivent s’adapter à un nouvel environnement.

« Cette notion entre la construction et la déconstruction est en réalité la colonne vertébrale de ma démarche », explique José Luis Torres.

Il indique aussi que le « titre-concept » est quelque chose d’assez large, donc le créateur peut se permettre de prendre plusieurs directions. Pour la suite de l’exposition à l’automne, il aimerait orienter le public vers différents aspects de la vie.

« J’aime travailler avec des objets du quotidien, même quelquefois banals, négligés et mal aimés, puis les mettre en scène. Ce sont souvent des objets qui contiennent une histoire ou un souvenir », indique José Luis Torres.

Pour cette première œuvre extérieure, il a donc utilisé des chaises et d’autres objets usuels comme une bouteille de verre ou une pelle, notamment. À propos de son choix de mettre en scène plusieurs chaises jaunes dans une cabane argentée, l’artiste répond qu’il a pris cet objet « pour sa charge symbolique de rassemblement et de réunion. Elles attendent le moment de se rassembler ».

Dans sa pratique, l’artiste détenteur d’un baccalauréat en arts visuels, d’une maîtrise en sculpture et de formations en architecture et en intégration des arts à l’architecture, aime donner une seconde vie aux objets.

« Je les insère dans un autre contexte et je crée une sorte de théâtre d’objets. »

L’artiste souligne également que, contrairement à d’autres expositions, les visiteurs deviendront, par le fait même, une composante de l’œuvre. Ils seront observés comme lorsqu’ils se rendent dans un espace public. 

Des chaises jaunes ont notamment servi à l’artiste pour réaliser l’intérieur de l’œuvre.

L'art à la rencontre des gens

Même si, dans les plans initiaux, cette première d’œuvre ne devait pas être présentée avant l’exposition intérieure, le nouveau concept s’insère bien avec la vision du MBAS d’aller à la rencontre des gens.

« Avec la situation actuelle, nous avons pris la décision stratégique de commencer à l’extérieur, pour après faire entrer l’œuvre dans le musée », souligne l’artiste argentin.

Finalement, l’idée de créer une œuvre à l’extérieur du MBAS, dans un premier temps, est une manière d’intriguer les visiteurs et susciter chez eux une certaine curiosité.

« C’est important pour nous de changer notre approche auprès du public et d’aller vers lui. Nous aimerions d’ailleurs avoir un nouvel ancrage dans notre société, sortir l’art du musée et finalement être accessible 24 h sur 24 et sept jours sur sept », souligne notamment la conservatrice au MBAS, Sarah Boucher.

En temps de pandémie, elle ajoute que c’est encore plus important. D’ailleurs, le travail de José Luis Torres est une belle référence au contexte actuel où l’on doit s’adapter à un avenir plein de surprises.

« Lui, il n’a rien dénaturé de son travail, mais il a réussi à créer de beaux liens avec ce que l’on vit en ce moment en tant que société. C’est encore plus intéressant d’en parler », précise aussi Sarah Boucher.

Le soir, l’œuvre de José Luis Torres sera éclairée de l’intérieur.