Le peintre Joe Beaulieu vit maintenant à East Angus.

Le parcours du peintre Joe Beaulieu immortalisé

Le parcours du peintre Joe Beaulieu, dont l’ascension dans le monde artistique a failli être freinée lorsqu’il a été diagnostiqué de la polyarthrite rhumatoïde, est maintenant immortalisé : l’artiste aujourd’hui établi à East Angus a fait l’objet d’un documentaire de 16 minutes réalisé par Francis Charpentier et produit par Martin Mailhot, alias les Frères Panache.

L’idée de réaliser un documentaire sur le parcours du peintre a été proposée par Julie Pomerleau, du bureau touristique et culturel de Dudswell. Cette dernière s’est tournée vers les Frères Panache pour que le projet devienne réalité. 

« On a aimé son idée et on est allés à la rencontre de Joe Beaulieu, se souvient Martin Mailhot. Ça a vraiment cliqué entre Joe et Francis, ils ont eu une chimie instantanée. M. Beaulieu a même dit qu’il se retrouvait dans Francis lorsqu’il était jeune. C’est comme ça que le projet a commencé. »

Conscients qu’ils n’avaient pas un gros budget pour concrétiser cette entreprise, les deux amis de longue date, qui ont nommé leur boîte de production en honneur de leur amour commun pour l’observation des cerfs, ont pris les moyens du bord pour donner vie au documentaire.

Les Frères Panache Martin Mailhot et Francis Charpentier ont réalisé un court documentaire sur le parcours de l’artiste peintre Joe Beaulieu, qui a su persévérer dans la création malgré un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde reçu à 38 ans.

« On trouvait le projet trop intéressant pour le laisser filer. On avait déjà du matériel professionnel à notre disposition, donc on savait qu’on était capable de le faire. Ça a pris presque cinq ans pour réaliser le projet. On avait beaucoup de matériel, donc le montage a été long à faire, mais on est extrêmement contents du résultat final. »

Porte-à-porte

Le parcours de Joe Beaulieu a été sinueux. L’homme a vu le jour à Notre-Dame-du-Lac, un petit village à l’intérieur des terres du Bas-Saint-Laurent, là où il a commencé modestement sa carrière de peintre.

« C’est toujours difficile de démarrer sa carrière dans le milieu des arts et ma situation n’a pas fait exception, raconte Joe Beaulieu. Je me suis beaucoup promené pour tenter de me faire connaître. Je faisais du porte-à-porte pour vendre mes tableaux au prix de 50 $. C’était bien peu, mais je le faisais pour moi. Même si c’était dur, j’ai toujours gardé la passion. À force de persévérer, j’ai eu du succès dans les galeries et mes tableaux se sont vendus plus cher. »

Au moment où sa carrière dans le milieu de la peinture a pris son envol, on lui a diagnostiqué un cas de polyarthrite rhumatoïde, une maladie dégénérative inflammatoire.

« J’avais 38 ans. Les médecins me disaient que je ne pourrais plus marcher et que j’allais devoir arrêter de peindre. Ils m’ont dit qu’habituellement, une intense dépression suit un tel diagnostic, enchaine-t-il. J’ai réussi à trouver l’optimisme nécessaire pour ne pas sombrer et j’ai continué à peindre, même en fauteuil roulant. »

Sa carrière s’est miraculeusement poursuivie et l’artiste a pu réaliser des milliers de toiles depuis.

En quête de festivals

Présenté pour une première fois devant le public d’East Angus le printemps dernier, le film, intitulé Sur les traces de Joe Beaulieu, a maintenant besoin d’une plus large diffusion. 

Les Frères Panache sont rendus à l’étape de proposer leur documentaire à plusieurs festivals de films.

« On aimerait peut-être même l’envoyer à MaTV, confie Martin Mailhot. On va probablement le mettre sur les réseaux sociaux. Si le Festival Cinéma du monde de Sherbrooke est intéressé, ça nous ferait plaisir de le présenter à cet évènement. On travaille actuellement à organiser des projections dans des centres de diffusion de la culture en région. »

Quant à Joe Beaulieu, il continue de vivre sa passion, qui devait lui être volée il y a 40 ans.

« Je peins pour l’amour, pour la paix et pour ceux qui ont bâti notre pays. Tant mieux si mon histoire peut encourager des gens qui vivent des difficultés », conclut-il, heureux que sa passion pour la peinture ait pu le suivre dans sa nouvelle vie.