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Même s’il s’est retrouvé sans emploi et sans spectacles à cause de la pandémie, le Sherbrookois Frank Custeau s’est retroussé les manches pour enregistrer son deuxième album, Xénial Blues, accessible à tous les tympans depuis le 29 janvier.
Même s’il s’est retrouvé sans emploi et sans spectacles à cause de la pandémie, le Sherbrookois Frank Custeau s’est retroussé les manches pour enregistrer son deuxième album, Xénial Blues, accessible à tous les tympans depuis le 29 janvier.

Le nouvel album thérapeutique de Frank Custeau

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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Ni X ni Y. L’auteur-compositeur-interprète Frank Custeau se considère comme un xénial. Il fait partie de cette microgénération de personnes, nées à la fin des années 1970 et au début des années 1980, « qui rentraient les pieds gelés juste à temps pour Passe-Partout », mais qui ont suivi avec attention le courant technologique. En pleine crise identitaire de la mi-trentaine, voilà qu’il présente Xénial Blues, un album « folk rock épicé » à saveur thérapeutique.

Frank Custeau a commencé à « postillonner dans les micros » à l’âge de 19 ans sur la scène « souterraine » de Sherbrooke au sein du défunt groupe de musique punk Les Conards à l’orange. En vol solo depuis 2017, il souhaite « se raconter » davantage.

Dans Xénial Blues, son deuxième album autobiographique en carrière, l’auteur-compositeur-interprète estrien s’est inspiré de ses doutes et de ses incertitudes. En chanson, il a l’habitude de se livrer sans gêne, avec humour et transparence.

« Il m’arrive d’avoir des phases plus ou moins dépressives dans lesquelles je trouve que je suis un bon à rien qui n’a pas réussi à faire ce qu’il voulait dans la vie », raconte l’artiste, somme toute l’air serein et... heureux.

« À 35 ans, dans mon appartement d’une pièce et demie, je me suis demandé si je n’étais pas trop attaché à mon rêve de jeunesse, à mes illusions. Je sais que ce n’est pas grave, mais je n’ai pas atteint les objectifs de carrière que je m’étais fixés. C’est principalement ce qui a motivé l’écriture de cet album », confie-t-il.

Vrai ou faux gâchis?

« Je fais de la musique depuis presque 20 ans. Je devrais voir et aborder le sujet autrement, mais quand il m’arrive d’avoir du mal à payer mon loyer, je me dis que ma vie est un gâchis. Je sais que, dans les faits, ce n’est pas vrai, mais dans ces moments-là, je n’ai pas de psychologue pour me taper dans le dos », ajoute en riant celui qui attend impatiemment de pouvoir retourner sur scène.

En mars dernier, Frank Custeau s’est retrouvé bien malgré lui sans date de spectacles et sans emploi. « Quand la pandémie est arrivée, je n’avais littéralement plus de raisons d’exister », confie celui qui est également barman au Théâtre Granada « pour survivre ».

« Ça n’allait pas bien du tout. J’étais complètement dysfonctionnel. Mais après m’être acharné sur mon sort, j’ai finalement décidé de continuer à écrire ce que j’avais entamé un an auparavant. Après avoir signé une entente avec ma maison de disques (Slam Disques), j’ai retrouvé la motivation et la discipline nécessaire en vue de prévoir une entrée en studio en été 2020. »

Pour l’occasion, Frank Custeau se réjouit d’avoir pu compter sur la collaboration d’Alex Crow, un multi-instrumentiste qui a notamment travaillé auprès de Diane Dufresne et du groupe Les Vulgaires Machins, ainsi que du batteur Luc jr Bélisle (Greenwood, 2Frères).

« La sauce a vraiment pogné, comme on dit. C’était dans l’hilarité totale », affirme le musicien, qui souhaitait un son plus groovy que pour celui de son premier album Départs d’août, paru en 2018.

FRANK CUSTEAU, <em>XÉNIAL </em><em>BLUES</em>, ROCK FRANCO, Slam Disques

Génération xéniale

C’est finalement en lisant un article de Marie Allard, journaliste à La Presse, sur la génération xéniale que Frank Custeau a trouvé le nom de ce nouvel album de dix chansons.

« J’étais tanné d’entendre les stéréotypes associés aux générations X et Y. Il faut dire que je ne me retrouvais dans aucune des deux. Quand j’ai lu l’article, j’ai réalisé que la description collait exactement à ce que je suis. Xénial Blues, c’est le fil conducteur de ma crise de la mi-trentaine », raconte celui qui se décrit comme un adolescent de bientôt 40 ans.

« J’observe mes amis avec des maisons, des emplois conventionnels et des enfants. Je me dis que je suis peut-être resté accroché au mode de vie de mes 20 ans », relate-t-il.

Et même s’il affirme ne pas avoir l’intention de « changer le monde avec son rock and roll », Frank Custeau espère pouvoir retrouver son public rapidement. Un lancement est d’ailleurs prévu pour le mois de mars ou avril si la situation sanitaire le permet.

« La musique, c’est thérapeutique. C’est mon échappatoire », conclut l’artiste.