Lise Lapointe, préposée aux expositions au Musée Beaulne, est la femme derrière l'exposition Tiens bien ton chapeau!, présentée à Coaticook jusqu'au 28 janvier 2018.

Le Musée Beaulne fait un tour du chapeau

Canotier, haut-de-forme, melon, panama, faluche, béret, bibi... Jusqu'en janvier 2018, le Musée Beaulne de Coaticook propose une exposition qui pourrait faire tourner bien des têtes. Présentant une collection de plusieurs dizaines de couvre-chefs issus de toutes les époques et des quatre coins de la planète, l'exposition Tiens bien ton chapeau! raconte l'histoire de cet accessoire de mode à la fois farfelu et classique qu'est le chapeau.
« L'exposition montre d'abord l'historique du chapeau, en commençant par des images de modèles qui remonteraient à 3000 ans avant Jésus-Christ, et en terminant dans les années 2000 avec les casquettes, les tuques, les chapeaux qu'on est habitué de voir aujourd'hui », explique Lise Lapointe, préposée aux expositions au Musée Beaulne.
Les visiteurs pourront notamment en apprendre davantage sur le bonnet phrygien, porté par les esclaves libérés en Grèce et à Rome, ou encore sur le pétase grec, le premier chapeau connu avec rebord.
D'autres modèles plus récents, tels que les cloches que les femmes arboraient dans les années 20 ou les chapeaux extravagants des années 1980, ont été offerts au Musée par des citoyens et sont intégrés à l'exposition.
« Ce sont des chapeaux que l'on collecte depuis que le Musée a ouvert ses portes, en 1976, indique Mme Lapointe. Presque tous ceux qui sont ici sont des dons, il y a seulement un ou deux achats. »
D'ailleurs, une section de l'exposition réservée aux chapeaux portés dans d'autres pays est composée entièrement de couvre-chefs offerts par un résidant de Baldwin. « C'est un homme qui a beaucoup voyagé dans sa vie et qui a décidé de nous donner généreusement sa collection de chapeaux, raconte Lise Lapointe. Ça permet aux visiteurs d'admirer des chapeaux provenant entre autres du Mexique, de la Chine, de la Turquie, du Maroc, du Portugal et du Sénégal. »
Chapelier et modiste
L'exposition Tiens bien ton chapeau! présente aussi la distinction entre deux métiers autrefois très répandus et désormais en voie de disparition : ceux de chapelier et de modiste.
« Traditionnellement, le chapelier fabriquait surtout des chapeaux de feutre, de paille et de tissu, alors que le modiste les décorait, par exemple avec des fleurs artificielles qu'il créait lui-même ou avec des plumes », résume Lise Lapointe.
Jusqu'en 1950, en France, chaque ville de province comptait au moins un chapelier et un modiste. Aujourd'hui, au Québec, quelques artistes ont repris le flambeau de la chapellerie, même si ce domaine a été grandement délaissé.
Des portraits de Geneviève Dostaler, créatrice québécoise formée à l'École nationale des Arts décoratifs de Paris, de Manon Lortie, Montréalaise d'origine établie à Rimouski, et de Julie Lecours-Ouellet, modiste et costumière chez Créations Sydéral, à Saint-Eustache, sont notamment affichés dans l'exposition.
Au troisième étage du Musée, l'atelier d'un chapelier et celui d'une modiste sont reconstitués. On peut y voir des formes en bois utilisées anciennement pour mouler les chapeaux, des patrons qui servaient à les fabriquer et des boîtes rondes ou hexagonales qu'on achetait pour les transporter.
Vous voulez voir?
Exposition Tiens bien ton chapeau!
Musée Beaulne de Coaticook
Jusqu'au 28 janvier 2018, du lundi au dimanche
Entrée : 7 $ (aînés : 5 $; étudiants : 3,50 $)