Dotée d’une nouvelle cuvée de 100 cobayes au dévouement remarquable, l’équipe de Jean-René Dufort transforme pour une deuxième fois le campus de l’Université Bishop’s en petit Québec expérimental.

Le Gros laboratoire de retour à Bishop's [VIDÉO]

Dotée d’une nouvelle cuvée de 100 cobayes au dévouement remarquable, l’équipe de Jean-René Dufort et de Marie-Pier Élie transforme pour une deuxième fois le campus de l’Université Bishop’s en petit Québec expérimental. Ce qu’ils y mijotent en l’espace de huit intenses journées : la deuxième saison de l’émission Le gros laboratoire, ce singulier spécimen télévisuel aux simulations et aux rencontres improbables.

Réunis mercredi sur la grande plateforme extérieure pour une journée d’expérimentations en groupe, les cobayes obéissent aux directives de Jean-René. Incrédules, ils inscrivent les deux derniers chiffres de leur numéro de téléphone avant de devoir estimer... le prix d’un cône orange. Quel est le lien ? Ils ne le découvriront qu’en même temps que le public, lors de la diffusion des dix nouveaux épisodes, dès le 11 décembre sur ICI Explora. Cloîtrés sur place du 7 au 15 juillet, les cobayes se prêtent à une quarantaine de nouvelles expériences d’ordre physique, psychologique ou social, allant du simple lancer de la pièce de 25 cents jusqu’au confinement en compagnie de tarentules.

« C’est vraiment une émission qui ne ressemble à rien », de commenter Jean-René Dufort à propos du concept importé des Pays-Bas. Un genre de téléréalité peut-être, mais où on ne tente pas de faire émerger la personnalité des participants, souligne Richard Gohier de Zone3, producteur de l’émission.

« J’aime vraiment qu’il n’y ait pas de gagnants ni de perdants. J’ai justement dit aux cobayes au début de ne pas tricher, ça ne sert à rien. Ce qui nous intéresse, c’est la tendance du groupe », note Jean-René, précisant qu’il n’y a pas de mauvaises réponses.

La saison 2 du Gros laboratoire est en pleine semaine de tournage intensive, sur le campus de l’Université Bishop’s, à Sherbrooke. Les dix épisodes seront diffusés dès le 11 décembre, sur ICI Explora. Le producteur Richard Gohier et l’animateur Jean-René Dufort. Absente : la coanimatrice Marie-Pier Élie.

C’est cette objectivité scientifique qui, dans ce projet, allume le diplômé en biochimie de l’Université de Sherbrooke depuis le début, sans qu’il prétende pour autant détenir la vérité. « On ferait le même scénario dans le Canada anglais, et on pourrait avoir des résultats bien différents », précise-t-il.

C’est néanmoins l’occasion d’aborder la province avec un œil différent. Il se rappelle notamment l’exercice de la première saison qui tentait de déterminer si les Québécois étaient « inconsciemment racistes » et qui s’était révélé plutôt concluant, particulièrement pour les représentants des régions et de la ville de Québec.

« C’est ce qui fait qu’on est capables d’aborder des sujets qui sont habituellement très délicats pour les médias. On dit plutôt : “Voilà, c’est ça qui est arrivé, ouvrez-vous une bouteille de vin et discutez-en!” » rapporte celui qui qualifie une expérience parfaite de « simple et éloquente ».

D’autres expérimentations sont plus cocasses, comme celle de mardi, où on a évalué la qualité de l’anglais de certains participants après la consommation d’une bière. « On a ri en tabarouette! » dit Jean-René, assurant que personne n’est ridiculisé dans son labo.

Expérience « nourrissante »

Dans l’œil des cobayes, Le gros laboratoire est par-dessus tout une expérience sociale. La cohésion du groupe de l’an dernier a été marquante pour l’équipe, et déjà, à la mi-parcours, la deuxième vague semble suivre la même tangente.

« C’est quand, dans la vie, que tu rencontres 100 nouvelles personnes et que vous êtes tous reclus pendant huit jours et sans téléphone ? » demande Jean-René.

La privation de contacts avec l’extérieur n’aurait peut-être pas été cruciale, mais elle fait partie de l’écosystème visé. « La plupart disent “enfin !” » remarque Richard Gohier.

Formant le seul couple de l’émission, les Sherbrookois Pascal Roussel (numéro 83) et Rachel Beauchemin (numéro 20) prévoient déjà revoir des camarades du laboratoire après le tournage.

« C’est merveilleux, j’adore ça! C’est une rencontre vraiment incomparable de gens hyper différents. C’est tellement nourrissant! » confie Mme Beauchemin, avant d’ajouter qu’un participant a déjà pris l’initiative de collecter toutes les adresses courriel.

C’est son conjoint qui lui avait fait découvrir l’émission et qui avait mentionné l’appel de candidatures. Elle s’est lancée à pieds joints dans l’aventure, même si cette semaine en chambre à part représentera probablement leur seul temps en couple de l’été.

« Mais il y a beaucoup de moments où on n’est pas en tests et là, c’est un gros party de 100 personnes », ajoute Pascal Roussel, qui n’avait pas été retenu en début de processus, mais qui a finalement comblé une place laissée par un désistement, à sa plus grande joie.

Ni la nature des expérimentations ni le secret des variables observées ne dérangent les deux cobayes, qui se disent même prêts à affronter leurs plus grandes peurs s’il le faut.

« Pour moi, c’est ça le plaisir, dit Mme Beauchemin. C’est un lâcher-prise. On savoure et on se laisse aller sans s’inquiéter de ce qui va se passer. »

Ceux qui auront manqué la saison 1 du Gros laboratoire pourront la voir en rappel sur ICI Télé dès le 22 septembre, le dimanche à 19 h 30.

Tournée de façon condensée sur une période de huit jours, l’émission comporte un certain nombre d’expériences se déroulant dans la cour intérieure de l’Université Bishop’s, avec tous les 100 cobayes en même temps.