Le risque a eu du bon pour Pierre Hébert, qui a vendu à moitié prix 20 000 billets pour son spectacle Le goût du risque sans dévoiler son nom. Aujourd'hui, l'humoriste sherbrookois a devant lui un chapelet de dates qui affichent déjà complet jusqu'à l'automne prochain, notamment à Magog le 10 mars, à Drummondville les 22 mars, 22 avril et 19 mai, à Thetford Mines le 15 avril et à Sherbrooke le 27 octobre.

Le goût du risque de Pierre Hébert

Avant d'entreprendre sa nouvelle tournée, l'humoriste Pierre Hébert a réussi un « trou d'un coup » en vendant quelque 20 000 billets à l'intérieur d'un court laps de temps, grâce à une stratégie marketing audacieuse. Et il a reçu, depuis cette astuce éclatante, un bon accueil de la part des critiques pour sa prestation intitulée Le goût du risque. Pleins feux sur un homme qui file le parfait bonheur.
En mars 2016, des billets à moitié prix pour un spectacle d'humour ont été mis en vente au Québec sans qu'on annonce publiquement qui en serait la vedette. Seul le titre était connu et les gens n'avaient que 48 heures pour profiter du rabais.
Celui qui se cachait derrière cette stratégie casse-cou, c'était Pierre Hébert. Le principal intéressé ne croyait pas que son coup d'éclat produirait un tel effet.
« On n'avait jamais prévu qu'on se rendrait à 20 000 billets avec ça, affirme ce Sherbrookois d'origine. Les gens voient un succès là-dedans, mais, dans le fond, c'est un coup de chance. »
À première vue, le résultat obtenu tend à démontrer que les Québécois sont spectaculairement friands d'humour. L'artiste, lui, estime que Le goût du risque est un « titre qui fait écho parmi la population ». Il note à cet effet qu'on essaie constamment de réduire les risques à zéro dans nos sociétés occidentales, et ce, en dépit du fait que l'humain soit indéniablement attiré par l'inconnu et les défis.
Évidemment, une fois ces 20 000 billets vendus, la partie n'était quand même pas gagnée pour l'humoriste. « Il fallait encore livrer un bon spectacle. Le marketing, ce n'est pas tout », lance-t-il.
Pour s'assurer d'être à la hauteur des attentes du public et de celles qu'il entretenait lui-même, Pierre Hébert a trimé dur. Il ne sait d'ailleurs pas d'autre moyen que le travail pour connaître du succès en humour.
« J'ai tout peaufiné à l'extrême. Avec la compétition qu'il y a dans ce milieu au Québec, on ne peut pas arriver sans être vraiment prêt. Il faut que la mise en scène soit bonne, que les textes marchent et que tout le reste fonctionne aussi. Je sais que certains collègues sont capables d'improviser une fois sous les projecteurs, mais moi, j'ai besoin de tout régler au quart de tour. »
Sans doute un peu pour se convaincre qu'il n'en fait pas trop, il souligne que Louis-José Houde a lui-même déjà confié « ne pas avoir assez de talent pour être paresseux ». Si Louis-José le dit...
Vie inspirante
Pierre Hébert n'a pas eu de grande recherche à effectuer pour trouver la matière première dont il avait besoin pour écrire son nouveau spectacle. Il s'est simplement tourné vers son passé et son actuelle vie de papa trentenaire.
« Contrairement à d'autres humoristes, je ne suis ni un dénonciateur ni un provocateur », prend-il soin de mentionner lorsqu'on lui demande à quoi ressemble sa prestation. « Moi, j'aime ce qui est rassembleur. Mon show, je voulais donc qu'il soit du genre feel good et que les spectateurs aient du plaisir. J'ai choisi de parler de moi et je me rends compte que plus je le fais, plus les gens embarquent. »
Bien que sa vie lui ait inspiré la presque totalité des histoires et blagues qu'il raconte sur scène, Pierre Hébert ne semble pas croire que son existence soit ponctuée de tant de moments désopilants.
« Je suis un peu le gars next door. Dans mon spectacle, je parle de l'amour, de la mort, de la peur, de l'excitation causée par le risque et de la recherche de soi. Mais puisque je suis humoriste, j'ai un regard particulier sur les histoires et anecdotes qui m'arrivent et ça me permet de trouver des éléments intéressants pour des numéros. C'est mon boulot », explique-t-il.
Secouer la poussière
Le titre de son spectacle, l'humoriste l'a déniché avant même d'avoir commencé à écrire de nouveaux numéros. Il avait préalablement entendu une personne à la télé parler d'un projet « 100 pour cent risques » et avait alors réalisé qu'il était temps pour lui de redevenir plus aventureux.
« Je m'étais dit, en écoutant cette personne, que jamais je ne me lancerais dans un projet 100 pour cent risque. Ma réaction m'a vite amené à comprendre que j'avais commencé à prendre la poussière dans ma vie. »
Non seulement Pierre Hébert a-t-il décidé de se réinventer pour son propre bénéfice, mais il a aussi fait ce choix en pensant à sa fille. « Je ne souhaitais pas qu'elle s'aperçoive que je fuyais les risques. J'avais le goût de lui léguer une autre approche devant la vie. Chaque jour, on peut se mettre en mode découverte. C'est possible au restaurant, dans les voyages, à travers nos projets, etc. », soutient-il.
Les commentaires émis par la presse et le public depuis la première du Goût du risque ont confirmé à Pierre Hébert que sauter dans le vide constitue parfois un choix judicieux. « Je suis super content de la tournure des événements. Après seulement 20 représentations, j'ai vu que ce spectacle marchait. J'ai pris de l'assurance peu à peu et maintenant, avec plus de 60 soirs de faits, j'ai beaucoup de plaisir sur scène. »
Une couche avant les Olivier
Si la carrière occupe évidemment une bonne place dans la vie de Pierre Hébert, l'ancien animateur du Grand jeu des animaux à Télé-Québec précise que sa famille demeure sa priorité. « C'est la chose la plus importante à mes yeux. Je considère que c'est la base », lance l'humoriste, qui s'apprête à devenir une nouvelle fois papa.
Ayant mené plusieurs projets professionnels de front à une certaine époque, Pierre Hébert est aujourd'hui plus présent pour les siens. « La vie de tournée est beaucoup plus facile à vivre pour moi que les tournages pour la télévision, par exemple. J'ai eu des semaines de travail qui n'avaient pas de sens à une autre époque et là, je profite de la période que je traverse », confie-t-il.
En plus de lui apporter de nombreux instants de bonheur, sa famille constitue pour lui un rempart contre les dérives que peut entraîner le succès artistique. « Changer une couche avant d'aller au gala des Olivier, c'est le genre d'affaire qui te garde terre-à-terre. »
Quand il en a l'occasion, il lui arrive de rouler vers Sherbrooke pour revoir ses proches, qui y vivent toujours, et sa région natale, dont il conserve des tas de bons souvenirs. Parmi les meilleurs de sa jeunesse en Estrie, il y a ces balades qu'il effectuait avec son grand-père Benoît Hébert. « On partait sur un nowhere en auto. À certains croisements de routes, il me demandait si on tournait à droite ou à gauche. C'est vraiment de bons souvenirs », relate-t-il.
Le contraire d'un «clown triste»
À la mort de l'acteur américain Robin Williams, l'Amérique est restée stupéfaite : comment ce monstre sacré du cinéma pouvait-il nous avoir tant fait rire alors qu'il vivait d'intenses tiraillements à l'intérieur? Pierre Hébert est conscient qu'il existe des « clowns tristes », mais il assure que ce n'est pas son cas du tout. « Moi, je suis le contraire de ça. En fait, plus je suis heureux, meilleur je suis dans mes spectacles », affirme-t-il.
D'ailleurs, Pierre Hébert s'efforce d'avoir le plus de plaisir possible lorsqu'il est sur scène. Pas question pour lui d'enchaîner les blagues de façon mécanique sans savourer le bonheur que lui procure son boulot tous les jours. Il a réussi à se tailler une place en humour et goûte l'expérience quotidiennement. « Durant mes spectacles, je veux surtout m'amuser. Personnellement, je suis zéro carriériste et je n'ai pas le profil homme d'affaires non plus », confie cet ancien étudiant en psychologie de l'Université de Sherbrooke.
Vous voulez y aller ?
Le goût du risque
Pierre Hébert
Vendredi 12 mai, 20 h
Carré 150, Victoriaville
Entrée : 47 $
Vendredi 26 mai, 20 h
Polyvalente Montignac, Lac-Mégantic
Entrée : 40 $
Jeudi 26 octobre, 20 h
Maison des arts, Drummondville
Entrée : 45 $
Samedi 28 octobre, 20 h
Salle Maurice-O'Bready
Entrée : 47 $