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Wonny Song est directeur général et artistique d’Orford Musique.
Wonny Song est directeur général et artistique d’Orford Musique.

Le Festival Orford Musique fébrile à la veille de retrouver le public

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
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À quelques jours des premiers événements en présentiel, après un an sur presque pause, l’enthousiasme est contagieux dans l’équipe du Festival Orford Musique 2021, le centre d’arts célébrant son 70e anniversaire cette saison.

« Je constate que les artistes sont aussi excités que nous, témoigne le directeur général et artistique d’Orford Musique, Wonny Song. On a eu un premier concert en mai avec le Montréal Guitare Trio et, en coulisses, ils nous ont dit que c’était la première fois depuis des années qu’ils étaient nerveux pour un concert! On ressent cette fébrilité. C’est un peu comme un retour. Les artistes ne savent pas à quoi s’attendre. »

Alors qu’une organisation comme le Festival Orford Musique commence généralement à préparer sa programmation une année à l’avance, le défi était immense, on s’en doute, pour concocter une édition digne de ces 70 ans sans savoir de quoi l’été 2021 serait fait sur le plan pandémique.

« Ç’a tellement changé, on a fait tellement de scénarios, ce n’est pas possible, lance M. Song. On était rendu au plan H ou même I! Ç’a toujours été en évolution. » 

« Il fallait être présent »

Avec pour résultat que le Festival Orford Musique 2021, qui se tient du 26 juin au 13 août, offrira un heureux mélange de grands concerts adaptés aux mesures sanitaires dans la salle Gilles-Lefebvre, de concerts dans les municipalités environnantes presque comme à l’habitude, ainsi que de concerts d’étudiants en virtuel, étant donné que l’académie tient à nouveau ses activités en ligne.

« Au début, on a cherché ce qu’on pouvait faire pour minimiser les risques, explique Wonny Song. C’est sûr que le volet international a été écarté assez rapidement puisqu’on ne savait pas quand les frontières allaient rouvrir. D’ailleurs notre académie est seulement en virtuel parce que la plupart de nos élèves et de nos professeurs viennent de l’étranger. Mais on se disait aussi qu’il fallait revoir notre public cet été et que, s’il y avait une chance et même si ça représentait un risque financier, il fallait le prendre parce qu’on voulait garder un lien autant avec notre public qu’avec les artistes. Il fallait être présent cet été. »

Dévoilée depuis la fin d’avril, la programmation est articulée autour du Québec, du Canada et des Premières nations. « C’est un peu un retour aux sources, une réunion entre amis. On a invité des artistes qui sont très proches de nous, que ce soient des professeurs de notre académie ou des artistes qui ont joué souvent à notre festival. On voulait les remercier, en fait. »

Les fondateurs des Jeunesses musicales du Canada et d’Orford Musique : Anaïs Allard-Rousseau, Gilles Lefebvre, l’abbé J.H. Lemieux et Laurette Desruisseaux-Boisvert.

Souvenir des tentes

Le 70e anniversaire appelait aussi à jeter un coup d’œil sur le chemin parcouru depuis que Gilles Lefebvre a créé un camp musical pour une dizaine de personnes en 1951, où on dormait alors sous la tente…

« Imaginez-vous! De coucher dans des tentes jusqu’à avoir une académie internationale qui reçoit au moins 500 élèves chaque année et des professeurs des meilleures écoles. De créer un festival avec des artistes qui viennent d’un peu partout, des artistes qu’on reçoit et qu’on découvre en Estrie. C’est tout un honneur pour moi de continuer cette belle aventure et il fallait que ce soit souligné », lance le pianiste virtuose qui a lui-même été étudiant, puis artiste invité au Festival Orford Musique avant d’en devenir le directeur artistique en 2015 puis le directeur général en 2017.

« Pour une organisation comme la nôtre, c’est tout un exploit, 70 ans! reprend Wonny Song. C’est vraiment une célébration de la persistance et de l’effort que nos fondateurs ont mis pour créer ce festival et cette académie en Estrie. C’est un joyau dans notre région. »

Après un an où les artistes l’ont eu à la dure, allant jusqu’à quitter la profession, le festival arrive réellement comme une bouffée d’air frais pour Wonny Song.

« On travaille fort pour retrouver les artistes. On veut vivre les émotions d’un concert live et ressentir les vibrations. C’est totalement une autre expérience, qui est très sensorielle, d’être assis dans une salle de concert, de vivre les sons qui viennent vers vous, de ressentir quelque chose en communion avec d’autre monde. Je trouve que c’est unique. Et je vais être dans les gradins pour écouter ça avec le public! » 

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