Le film <em>Cleo</em>, de Erik Schmitt, sera présenté en première canadienne lors de l’édition spéciale en ligne du FCMS, du 18 au 25 juin.
Le film <em>Cleo</em>, de Erik Schmitt, sera présenté en première canadienne lors de l’édition spéciale en ligne du FCMS, du 18 au 25 juin.

Le Festival Cinéma du monde prend un virage numérique

Pas question de passer son tour... Le Festival Cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS) présentera aux cinéphiles huit jours de cinéma gratuit, du 18 au 25 juin prochain. Un rendez-vous interactif... et les organisateurs espèrent que le public sera au rendez-vous.

En raison du contexte de la COVID-19 et des mesures restrictives imposées par le gouvernement, le FCMS n’a eu d’autres options que d’annuler son édition régulière qui devait avoir lieu en avril.

« Mais ce n’est pas dans notre ADN et dans notre culture organisationnelle de baisser les bras. Le Festival Cinéma du monde a une utilité sociale et on doit travailler pour garder la culture vivante à travers le web dans les circonstances actuelles. On est une équipe créative et on pense à la communauté. Il fallait livrer quelque chose pour tous ceux et celles qui nous soutiennent », confie Malika Bajjaje, cofondatrice et directrice générale du FCMS.

« C’était un coup dur de voir tous les efforts de l’année s’envoler, mais la tristesse et la déception se sont vite transformées en quelque chose de très encourageant lorsque nous avons entamé le virage numérique. »

La directrice Malika Bajjaje a dû faire le deuil de la programmation initialement prévue pour le 7e Festival Cinéma du monde de Sherbrooke, mais se réjouit de l’édition numérique qui sera offerte aux cinéphiles du 18 au 25 juin, en guise de compensation.

Un festival en ligne

Toute l’équipe du FCMS a travaillé fort durant les derniers mois pour être en mesure de présenter cette édition virtuelle. Au programme, directement sur le site officiel de l’événement, dix longs métrages pourront être visionnés tout à fait gratuitement.

À partir de midi le 18 juin, le public canadien aura accès à la webdiffusion des films, dont certaines seront accompagnées d’une entrevue avec le réalisateur ou un autre intervenant.

Soucieuse de garder une certaine proximité entre les gens pendant l’événement, l’organisation assure que, cette année, « la dimension humaine du FCMS se fera par les interventions en direct et par le choix des films présentés, qui, eux, toucheront les gens sous plusieurs angles. Il y aura des films joyeux et d’autres qui aborderont des enjeux importants comme l’immigration », ajoute Mme Bajjaje.

Malgré quelques bonnes nouvelles et la fébrilité des derniers préparatifs, l’organisation avoue cependant s’inquiéter pour sa situation financière.

« On a moins de dépenses, mais on perd beaucoup de revenus autonomes, explique Mme Bajjaje. La situation financière du FCMS est fragile, mais le gouvernement semble à l’écoute. Nous serons bientôt en mesure de voir l’impact direct de la pandémie sur nos activités. Une chose est sûre, ce sera plus difficile pour l’an prochain », a-t-elle précisé.

Une édition spéciale du Ciné-moi

Cette année, le FCMS offrira une édition spéciale de son Ciné-Moi. Les psychologues Nathalie Plaat et David Poulin-Latulippe animeront ce rendez-vous virtuel, le samedi 20 juin, à 10 h. Pour suivre la discussion, les personnes intéressées devront au préalable avoir visionné le film Wild (on explique comment sur le site du Festival), réalisé par le québécois Jean-Marc Vallée.

« Ce Ciné-Moi permettra une plongée dans les thèmes de la conscience, de l’individuation, du rapport au masculin négatif et positif chez la femme, ainsi que des liens entre les compulsions (et dépendances) et leur rapport à la mort », énonce-t-on dans le communiqué officiel émis par l’organisation.

En plus des représentations gratuites, le scénariste et réalisateur Grégoire Viau offrira une conférence sur le thème L’importance de se raconter. Il parlera notamment de la façon dont son expérience a nourri son travail de créateur des raisons de son intérêt pour le cinéma africain.

Les enfants pourront également profiter d’une sélection de courts métrages animés offerte par l’Office national du film. Pour les jeunes de 10 ans et plus, le long métrage d’animation Le voyage du prince, de Jean-François Laguionie et Xavier Picard, est prévu au calendrier.

Pour plus d’informations et pour la programmation complète, on se rend au https://fcms.ca/.

Films offerts en webdiffusion du 18 au 25 juin


Longs métrages de fiction

Cleo, d’Erik Schmitt (Allemagne), présenté en première canadienne, en collaboration avec le Goethe-Institut Montréal

Joel, de Carlos Sorín (Argentine)

La vie invisible d’Euridice Gusmao, de Karim Aïnouz (Brésil-Allemagne)

The Body Remembers When the World Broke Open, de Kathleen Hepburn et Elle-Máijá Tailfeathers (Canada-Norvège)

Transit, de Christian Petzold (Allemagne-France), présenté en collaboration avec le Goethe-Institut Montréal


Longs métrages documentaires

Les jeunes filles de Meru, d’Andrea Dorfman (Nouvelle-Écosse)

Nin E Tepueian — Mon cri, de Santiago Bertolino (Québec)

Paris Stalingrad, de Hind Meddeb et Thim Naccache (France)

Sur la corde raide, de Claude Guilmain (Ontario)

Varda par Agnès, d’Agnès Varda (France)