Le président du jury du Festival cinéma du monde de Sherbrooke, Pierre Lebeau, s'est réjoui de la programmation proposée par la directrice Catherine Viau.

Le FCMS toujours plus ouvert sur le monde

Il faudra aux cinéphiles un tantinet d'organisation afin de maximiser leur séjour en sol sherbrookois pour la tenue, du 4 au 9 avril, de la quatrième édition du Festival cinéma du monde de Sherbrooke. Les organisateurs auront beau proposer en ligne un outil permettant de cibler les films qu'on tient à voir en priorité, avec plus d'une centaine de courts et longs métrages et une quinzaine d'événements divers, en salles et dans la rue, il y aura vraisemblablement des choix à faire, et pas toujours des plus faciles.
D'autant plus que la directrice de la programmation du FCMS, Catherine Viau, assure qu'elle a réuni, avec cette proposition grappillée dans une quarantaine de pays, « ce qu'il faudra impérativement avoir vu en 2017 », rien de moins.
Variations sur plusieurs thèmes, le FCMS propose une immersion dans le cinéma allemand, des incursions dans le cinéma suédois, mexicain, néo-zélandais, marocain, indien et québécois, avec à l'affiche 59 longs métrages de fiction, 32 longs métrages documentaires et une quarantaine de courts métrages en provenance de 45 pays.
Un hommage au cinéaste polonais Andrej Wajda, décédé l'automne dernier, a également été inséré au programme avec la présentation de quatre de ses films, soit Les fleurs bleues, L'homme de fer, La Terre de la grande promesse et Katyn.
Patients de Mehdi Idir et Grand Corps malade ouvrira le festival en grande première canadienne, tandis que Tanna, coproduction de l'Australie et du Vanuatu, Prix du public de la Mostra de Venise, viendra clore les festivités avec une couleur toute particulière.
Le président du conseil d'administration du Festival, Claude Belleau, promettait en début de conférence de presse une programmation qui allait « dépayser, décoiffer et faire réfléchir », une promesse qui ne laisse pas indifférent le président du jury, le comédien Pierre Lebeau.
« Il y a tellement d'éducation à faire par l'entremise du cinéma », note celui qui a laissé sa marque sur les planches, au petit et au grand écran. « On vit dans une époque où on peut difficilement se fermer les yeux devant la situation. Il faut plus que jamais aborder dans le cinéma les grandes questions qui secouent le monde. Le monde a changé, même si les sentiments qui nous animent, eux, sont toujours les mêmes. »
Catherine Viau abonde dans le même sens en soulignant que le pouls du monde se fait aisément entendre dans le cinéma actuel, qu'il soit d'ici ou d'ailleurs. Alors que bon nombre de films abordaient d'une façon ou d'une autre les questions migratoires l'an dernier, les thématiques entourant les rapprochements, la guérison des blessures sont plutôt au programme pour l'édition 2017.
« Ces thématiques sont explorées de différentes façons, mais elles sont récurrentes », fait valoir la directrice de la programmation.
Triple compétition
Alors que les festivaliers seront appelés à voter pour leur film coup de coeur, les différents jurés devront aussi trancher dans les catégories Meilleur long métrage de fiction (Fukushima, mon amour de Doris Dörrie, Heartstone de Guðmundur Arnar Guðmundsson, Home Care de Slávek Horák, Mr. Ove de Hannes Holm et Noces de Stephan Streker), Meilleur documentaire (A Flickering Truth, de Pietra Brettkelly, La résurrection d'Hassan, de Carlo Guillermo Proto, La sociologue et l'ourson, d'Étienne Chaillou et Mathias Théry, Mr. Gaga, de Tomer Heymann et Un journaliste au front, de Santiago Bertolino), et Meilleur court métrage de la région estrienne (24 H de Marie-Lou Béland, Arrêt d'urgence de Jean-Jacques Dumonceau, Lundi de Jean-Benoît Baron et Nature humaine de Mathieu Drouin).
« J'établirai des paramètres auxquels nous allons nous soumettre et qui nous permettront d'évaluer toutes les étapes d'un film », explique Pierre Lebeau, qui présidera les sélections internationales.