Véronique Grenier recevra le prix Jean-Claude Simard 2017 de la Société de philosophie du Québec le 9 mai prochain.

Le don d'ubiquité de Véronique Grenier

Le temps file. Le nom de l'exposition à laquelle l'enseignante en philosophie Véronique Grenier prête sa voix et sa plume colle bien à la principale intéressée, dont les projets se multiplient à vitesse grand V.
L'automne s'annonce riche pour l'auteure et blogueuse. Elle publiera un deuxième livre - de la poésie cette fois - et Hiroshimoi sera publié en Suisse.
C'est Paulette Éditrice, basée là-bas, qui a approché l'éditeur de Véronique Grenier afin de publier Hiroshimoi en sol helvétique.
« C'est prévu à la mi-novembre. L'éditeur reprend le texte original  », indique celle qui a « poussé de petits cris » lorsqu'elle a appris la nouvelle. « J'ai hâte de voir la réception là-bas. Je suis vraiment touchée. Je ne pensais pas qu'il allait sortir du Québec. Je suis supposée y aller au moment du lancement. »
Ici, Hiroshimoi a fait l'objet de plus d'une réimpression.
Récompensée pour son enseignement
La semaine dernière, Véronique Grenier apprenait qu'elle remportait le prix Jean-Claude Simard 2017 de la Société de philosophie du Québec.
La récompense souligne le travail et l'engagement d' « une enseignante dévouée » et d'une « admirable ambassadrice de la philosophie » au Cégep.
« Véronique Grenier compte parmi ces philosophes qui investissent, toujours avec clarté et intelligence, divers médiums (...) permettant à la philosophie de se faire entendre dans l'espace public », fait valoir la Société de philosophie du Québec. Le prix lui sera remis le 9 mai prochain.
À travers l'enseignement au Cégep de Sherbrooke, Véronique Grenier multiplie ses engagements, notamment comme co-porte-parole de la campagne nationale « Sans oui, c'est non », qui vise à contrer les violences à caractère sexuel sur les campus.
L'enseignante est l'une de celle, aux côtés d'autres collègues, qui a fait naître la tradition de la Guignolée des cégeps. L'élan de solidarité était du même coup une bonne façon d'aborder certains enjeux avec les étudiants.
Quelle place occupent les enjeux du quotidien dans ses cours, et quelle est l'importance de mixer le magistral et le réel?
« C'est fondamental. J'ai envie que les cours que je donne servent concrètement aux étudiants dans la vie de tous les jours, qu'ils puissent mieux comprendre le monde dans lequel ils sont », lance-t-elle. Un simple statut sur Facebook et les commentaires qui vont en découler peuvent à eux seuls permettent de soulever différents enjeux.
« Je pars de leur matière... Une fois qu'ils se sentent touchés et concernés, qu'ils voient qu'il y a des enjeux éthiques, humains, de pensée critique, c'est tellement plus facile de les emmener plus loin dans l'abstraction, dans les textes difficiles, parce qu'ils en saisissent la pertinence. »
« Je veux qu'ils comprennent que la pensée est partout et que ça les concerne. Ce que je peux leur offrir dans mon cours, c'est une dizaine d'heures où on essaie de développer des outils pour mieux agir dans ce monde-là... »
Quand on lui fait remarquer qu'elle semble avoir le don d'ubiquité - elle est aussi mère de deux enfants - Véronique Grenier souligne à quel point l'écriture est partout, tout le temps. Quand elle ne dort pas la nuit. Ou encore dans la cuisine... Sa plume s'insère dans tous les petits moments de son quotidien.
Ceux et celles qui iront voir l'exposition Le temps file. La vanité dans la collection du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), qui aborde notamment le thème de la temporalité, pourront entendre la voix de Véronique Grenier. La jeune femme déploie son inspiration littéraire « afin d'enrichir l'exposition avec le médiaguide », comme l'explique le MNBAQ.
« C'est une création littéraire. On m'a parlé de la thématique, on m'a laissé partir : on m'a donné carte blanche. C'était à la fois effrayant et emballant. Le résultat final est émouvant à entendre et à voir. C'est un des plus beaux projets que j'aurai ever... »