Sylvie L. Bergeron, présidente du Conseil de la culture de l’Estrie.

Le Conseil de la culture de l’Estrie prend le pouls du milieu

À peine quelques jours après le début de la crise du coronavirus, le Conseil de la culture de l’Estrie était déjà à pied d’œuvre pour prendre le pouls des artistes, diffuseurs et organismes culturels de la région, lesquels ne vivent pas tous la situation actuelle de la même façon.

« On nous a demandé d’être le relais entre le milieu culturel et les principaux bailleurs de fonds (CALQ, SODEC, ministère de la Culture, les villes, Services Québec, etc.). Le CCE a d’ailleurs été un des premiers du Québec à lancer un sondage auprès de ses membres », souligne la présidente Sylvie L. Bergeron, ajoutant que cette initiative a été imitée par d’autres ensuite.

« L’objectif est surtout de savoir ce qui se passe dans toutes les disciplines et tous les territoires, pour avoir un échantillon représentatif et préparer l’après-crise. »

La présidente observe déjà que certains s’en tirent mieux que d’autres. Elle donne comme exemple les organismes qui reçoivent d’habitude un financement pour le fonctionnement, tel le Salon du livre de l’Estrie.

« Le ministère de la Culture, la SODEC et le Conseil des arts et lettres du Québec ont déjà mis sur la table des moyens pour leur venir en aide. On sait aussi qu’ils n’auront probablement pas de redditions de comptes à faire cette année et que leurs subventions seront reconduites pour l’année prochaine. Ce sont ceux qui fonctionnent par projets (et ils sont plus nombreux) qui vivent le plus durement le problème, car leur financement vient souvent du privé. »

Sylvie L. Bergeron cite le Théâtre des petites lanternes. « La directrice artistique Angèle Séguin était en train de signer des ententes avec des partenaires et tout est tombé à l’eau. La perte est estimée à 150 000 $. Est-ce que le projet pourra quand même avoir lieu après? On ne le sait pas, notamment parce que ses partenaires ne connaissent pas l’avenir non plus. C’est inquiétant. »

Saluer le fonds d’urgence

La présidente songe déjà à des moyens pour aider tous ceux et celles qui sont en difficulté, par exemple par une campagne de sociofinancement, notamment parce que cette avenue serait réalisable même dans le contexte actuel. « Mais évidemment, ça ne se fera pas demain. »

Sylvie L. Bergeron salue au passage l’initiative de la Ville de Sherbrooke de mettre sur pied un fonds d’urgence pour soutenir les secteurs les plus fragilisés à court terme, dont les industries créatives et culturelles. « Nous en sommes très heureux, car ça s’adresse à ceux qui sont dans une fente du plancher, comme les créateurs et artistes qui ne sont pas inscrits comme travailleurs autonomes. On peut aussi penser à un diffuseur important comme la Petite Boîte noire, qui n’est soutenu ni au fonctionnement ni par projets. »

Sylvie L. Bergeron espère atteindre la centaine de réponses au sondage d’ici la fin de la semaine. « Nous en sommes déjà à plus de la moitié. L’essentiel n’est pas tant le nombre de répondants que leur représentativité. »

Elle souligne quand même la créativité de plusieurs artistes estriens en ce moment. « Une Ariane Deslions qui prend le taureau par les cornes et fait son lancement sur le web, un Olivier Brousseau qui nous fait des chansons sur YouTube… Ça nous permet de continuer de les suivre. »