Le confinement en musique: la liste de La Tribune

À l’image de nombreux citoyens, plusieurs journalistes de La Tribune ont choisi la musique comme refuge afin de traverser la crise actuelle. Voici quelques-unes de leurs suggestions, regroupées en différents thèmes et états d’âme propres à cette période de confinement.

Pour écouter notre liste sur Spotify, cliquez ici

Chansons antianxiété

Saratoga

Saratoga

Elles sont nombreuses, en ce moment, les chansons qui font du bien, celles qui enveloppent toute la maison. Je ne me lasse pas de Saratoga, du duo si sympathique du même nom. Je lance la pièce Saratoga d’entrée de jeu, mais il y en a tant, tout aussi douces et réconfortantes. Je me souviendrai sans doute longtemps de mon dernier rendez-vous avec le duo dans l’ambiance feutrée du P’tit bonheur de Saint-Camille, un samedi soir de février… Mon tout dernier spectacle avant le confinement. ISABELLE PION

La tête en gigue

Jim et Bertrand

Pour te rappeler que c’est pas pire, la vie, y a quelque chose d’heureux dans La tête en gigue de Jim et Bertrand. On gardera cet esprit qui danse dans la cuisine avec La Jeanne qui explique Pour que la vie soit belle, puis on fermera les yeux en écoutant Merci d’Ivy. SONIA BOLDUC

Melody noir

Patrick Watson

Peut-être avec vous besoin d’alléger l’ambiance du foyer et de faire autre chose que de vous embrouiller à propos de la vaisselle sale avec votre être aimé ? Faites jouer Melody noir, montez le volume et esquissez votre plus créatif tango au milieu du salon. Cette douce chanson d’amour aux notes d’inspiration latine, que vous retrouverez sur le dernier album de Patrick Watson (Wave, 2019), vous aidera à laisser les tracas du confinement derrière et à vous préparer à un plus tendre été. JASMINE RONDEAU

La fatigue du nombre

Les sœurs Boulay

Que ce soit avec Nous après nous, La fatigue du nombre ou l’éternelle Mappemonde, les sœurs Boulay ne sont jamais bien loin, à la maison comme en voiture. Parce qu’elles savent si bien raconter la vie et qu’elles font naître des images de fleuve, de guitares et de roadtrip… ISABELLE PION

So Long Marianne

Leonard Cohen

C’est un refuge et une boussole : le vaste répertoire de Leonard Cohen est un incontournable vers lequel je retourne tout le temps. Peu importe le moment de l’année ou de la journée, pour peindre, cuisiner, réfléchir, roupiller ou se laisser porter, sa poésie et sa voix à nulles autres pareilles sont une soie pour le cœur. Si j’ai d’ordinaire une préférence pour les chansons plus mélancoliques et moins connues de son catalogue, je me surprends ces jours-ci à faire tourner en boucle son classique So Long Marianne, pour le rythme réconfortant de la mélodie. KARINE TREMBLAY

L’étranger

Erika Angell, Ines Talbi et Queen Kà

Pour prendre ça cool quand il commence à faire noir, pourquoi pas un retour vers Pauline Julien par l’entremise de l’album La Renarde avec les voix magnifiques des sœurs Talbi, entre autres? On enchaîne ensuite vers la reprise du Temps des fleurs par Dear Criminals, on savoure Benjamin Clementine longtemps, l’album Between Dogs and Wolves de Piers Faccini, puis retour sur Cohen, histoire de fermer la boucle. SONIA BOLDUC

Ines Talbi

Are You in Love?

Basia Bulat

Je vous propose cette chanson pour vous faire découvrir le tout dernier album qui porte le même nom (Are You in Love?) de cette Montréalaise d’adoption, mais je pourrais tout aussi bien vous énumérer Paris or Amsterdam ou Tall Tall Shadows, qui donnent envie de se terrer à la maison juste pour écouter la musique et la voix de cette multi-instrumentiste, que l’on a pu voir au Théâtre Granada en 2016. ISABELLE PION

Chansons pour garder espoir

Désert blanc

Emilie Clepper

Des fois, on a l’impression, sinon la certitude, que notre vie touche le fond du fond, que plus rien ne va, que ça n’ira plus pis qu’on n’a personne à qui se raconter le désespoir. On a envie de gueuler, d’être entendu, écouté. Sur son dernier album La grande migration, la Montréalaise Emilie Clepper a déposé Désert blanc, un cri magnifique sur la solitude, à écouter en boucle à plein volume dans le milieu du salon, avec en main une brosse à cheveux en guise de micro. On chante fort en s’imaginant la voix aussi pleine que celle de Clepper, on laisse sortir ce qui doit le faire, puis on est prêt à rebâtir de grands pans de sa vie... à sa façon. SONIA BOLDUC

Lili

Vincent Vallières

Lancée en 2013 sur l’album Fabriquer l’aube, la pièce Lili de l’auteur-compositeur-interprète sherbrookois prend tout sens en cette période de confinement et d’incertitude. La version sur YouTube, où la fille de l’artiste qui a inspiré la pièce accompagne son paternel au glockenspiel, la rend encore actuelle, alors que les enfants doivent rester à la maison et multiplier les apprentissages hors des murs de l’école. Et Lili permet surtout de se rappeler qu’« on va s’en sortir ensemble »... RENÉ-CHARLES QUIRION

Vincent Vallières et sa fille Lili

Sous le vent du monde

Bïa et Marie-Jo Thério

Bien qu’inspirée par la pentalogie romanesque Sous le vent du monde de Pierre Pelot, qui y raconte l’odyssée préhistorique de l’être humain sur une période allant de 1,7 million à 32 000 ans avant notre ère, cette très douce chanson, extraite du deuxième album de Bïa (Sources, 2000), peut aussi servir d’encouragement, de manière métaphorique, en nous rappelant toute la résilience humaine dont nous sommes les héritiers. STEVE BERGERON

Welcome Soleil

Jim et Bertrand

Même si on ne sait pas si ce sera possible l’été prochain, le simple fait d’anticiper le pique-nique party où on invite tous ses amis donne espoir. On ne peut s’empêcher de sourire en fredonnant ce classique de l’album La tête en gigue à toute heure du confinement. Lorsque les nuages de la COVID-19 seront un peu plus loin, on pourra enfin se rassembler à nouveau sous le soleil. RENÉ-CHARLES QUIRION

Chansons pour plonger en soi

Mendocino

Anna McGarrigle, Rufus et Martha Wainwright

Certains moments de solitude appellent des chansons plus introspectives. J’aime particulièrement Mendocino des Sœurs McGarrigle, dans la version faite par Rufus et Martha Wainwright avec leur tante Anna. Le mariage de leurs trois voix est magnifique de douceur et d’intensité. L’écouter me fait l’effet d’une méditation. KARINE TREMBLAY

Rufus Wainwright

Plus tôt

Alexandra Stréliski

Alexandra Stréliski a cette capacité incroyable de nous faire plonger en nous, et, je le jurerais, de nous rappeler, parfois, de respirer… tout simplement. Ces jours-ci, la pianiste apparaît parfois sur notre fil Facebook, afin de mettre un peu de couleurs dans nos journées. Voilà une artiste qui, comme le dirait la journaliste Émilie Perrault, fait « œuvre utile ». ISABELLE PION

Chansons pour cuisiner

Kraft Dinner

Lisa LeBlanc

Quand vient le temps de passer derrière les fourneaux en période de pandémie, le bon sens veut qu’on utilise ce qu’on a sous la main plutôt que de multiplier les allers-retours en épicerie. Kraft Dinner, de Lisa LeBlanc, nous rappelle qu’au fond, l’essentiel réside plus dans le moment partagé ensemble autour de la table que dans le contenu de l’assiette. KARINE TREMBLAY

Birds on a wire

Dom La Nena et Rosemary Standley

Pour se faire croire que ce que t’es en train de cuisiner va être le meilleur repas de ta vie, on dirait que ça prend de l’exotisme, non? Tu peux en trouver ici, retrouver Lhasa, te tourner naturellement vers Bïa, Alexandra Ribeira, Mamselle Ruiz. Ailleurs, coup de cœur récent pour Birds on a Wire, duo formé de Dom La Nena et de Rosemary Standley (Moriarty) qui joue à plein dans notre confinement. SONIA BOLDUC