Luc Fortin, député de Sherbrooke et ministre de la Culture, a remis le prix à la grande gagnante du Festival-concours musique de Sherbrooke, Marianne Chapdelaine, chanteuse classique.

Le chant classique comme heureux hasard

C'est par hasard que Marianne Chapdelaine s'est tournée vers le chant classique à l'adolescence. Un bien heureux hasard, puisqu'elle a été couronnée grande gagnante de la 28e édition du Festival-concours de musique de Sherbrooke (FCMS), après 10 années de participation.
« Depuis que je suis de toute petite, je m'intéresse au chant. J'ai participé à des chorales pour le plaisir. Par la suite, j'ai décidé de suivre des cours de chant à l'adolescence et le chant classique est venu par hasard. Mon professeur m'a demandé si ça me tentait d'essayer et je me suis dit pourquoi pas. Finalement, j'ai adoré et j'ai préparé mon audition pour le cégep. J'ai ensuite fait une maîtrise et un baccalauréat en musique », relate la jeune femme de 27 ans, le sourire aux lèvres et son trophée en main, dimanche à la salle Alfred-DesRochers du Cégep de Sherbrooke.
Celle qui a fait ses premiers pas dans les concours de chant au FCMS est extrêmement reconnaissante d'avoir vécu une telle expérience et obtenu la première place. « Je le fais chaque année, parce que c'est mon concours régional, c'est ma ville. Ma victoire, c'est tout le travail accompli, les années que j'ai mises, les expériences de scène que j'ai eues. C'est le fruit de tous mes efforts, de ma persévérance. Je suis très heureuse », dit celle qui s'est vu remettre la bourse Canimex de 2500 $ en plus de la bourse du Choeur symphonique de Sherbrooke pour son interprétation de Chanson triste de Henri Duparc.
Si elle entame maintenant un baccalauréat en travail social, le chant fera toujours partie intégrante de sa vie. « C'est ma grande passion. »
La directrice générale du FCMS, Madeleine Tremblay, n'a que des bons mots pour la lauréate. « Ça fait plusieurs années qu'elle nous charme par sa voix, c'est donc un plaisir de la voir gagner. La seule déception, c'est qu'avec sa première place, on ne pourra plus la voir ici avec nous », déplore-t-elle.
Mme Tremblay en profite pour féliciter Élizabeth Pion, en 2e position et récipiendaire de la bourse Lucienne Dupuis, et Fanny Grenier, en 3e position et gagnante des bourses Thérèse Lupien et du Centre de musique canadienne Claude Vivier.
Une fête de la musique
« Que tu aies eu l'or, l'argent ou le bronze, dis-toi que la musique est ton trésor le plus précieux après toi-même, ton coeur et ta vie. Elle est celle qui souvent te donnera des ailes pour continuer ton chemin », expliqua Francine Dufour, juge et violoncelliste, alors qu'elle s'adressait aux quelque 260 participants du concours.
Cette année, des jeunes de 7 à 26 ans ont participé à cet événement unique en région, qui met de l'avant la célébration de la musique et l'apprentissage.
« On veut faire une fête de la musique. C'est pourquoi je ne dis jamais le mot juge, je dis les gens qui sont venus vous écouter aujourd'hui pour mieux vous donner des pistes de conseils », indique Madeleine Tremblay, en spécifiant que les « juges » ressortent tout aussi grandis et nourris de leur contact avec la relève.
Depuis l'an dernier, le concours est ouvert à l'ensemble du Québec. Si 5 % des participants venaient de l'extérieur l'année passée, ils représentaient 15 % pour cette édition.
« Ces personnes-là me disent qu'elles vont revenir. Elles aiment beaucoup qu'on mette le musicien en premier et l'aspect chaleureux et humain qu'on veut donner à notre concours. Je pense que tous les musiciens partent d'ici avec une expérience enrichissante », indique la directrice générale.
Elle est aussi très fière de la visibilité qu'acquiert l'événement. Le député provincial de Sherbrooke et ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, le député fédéral de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault et le député de Saint-François, Guy Hardy, étaient d'ailleurs présents lors du concert-gala.
« On commence beaucoup à sensibiliser le milieu politique. Je pense qu'ils sont de plus en plus conscients que la musique, ça fait partie du développement et que c'est important. C'est un plus pour une ville d'avoir des événements culturels comme ça, qui permettent à des jeunes d'être mis en valeur. Ils sont notre futur. C'est plus facile de construire un être fort que de réparer un adulte brisé », conclut Mme Tremblay avec fierté.