L'auteur Jean-Pierre April, confortablement installé dans son havre de paix de Saint-Lucien.

Le Centre-du-Québec sous la plume critique de Jean-Pierre April

L'écrivain Jean-Pierre April vient tout juste d'accoucher d'Histoires centricoises, une 18e oeuvre qui prend la forme d'un recueil de sept nouvelles mettant en vedette des enfants et se déroulant dans les différentes municipalités du Centre-du-Québec.
Comme d'habitude, les écrits de l'ancien professeur de Cégep ont été conçus pour divertir, mais non sans poser un regard critique sur la société actuelle, avec une brève fenêtre sur ce à quoi pourrait ressembler le monde de demain.
« Les romans à l'eau de rose, ce n'est pas pour moi. Je veux que mes oeuvres poussent à la réflexion. À travers mes histoires, je donne dans l'anticipation, la critique sociale et l'ironie », explique-t-il.
Ces petites histoires accessibles, comptant une vingtaine de pages chacune, sont aménagées en ordre chronologique. La première a lieu en 1948, année de naissance de l'auteur, alors que la dernière se déroule en 2048 et donne davantage dans la science-fiction, un genre que Jean-Pierre April maîtrise depuis de longues années.
L'écrivain s'est effectivement spécialisé dans ce créneau au cours de sa « première vie ». Il a publié sept romans entre 1980 et 1995 avant de prendre une première retraite.
« Je n'étais pas vraiment à ma place, à côté des histoires de Star Wars et Star Trek. Moi, j'étais beaucoup plus dans le concret, explique-t-il. Je ne me retrouvais pas non plus dans la littérature, à cause de mes allégories. J'étais donc entre deux chaises. »
Au moment de se retirer du Cégep de Victoriaville, en 2006, M. April est vite retourné à sa vieille passion, cette fois sur la base d'histoires plus réalistes, mais tout aussi créatives.
Le Centre-du-Québec en valeur
Au cours des dernières années, l'auteur s'est fait un réel plaisir à dépeindre les paysages de la région à travers ses oeuvres. Dans Histoires centricoises, il raconte notamment le récit d'un Drummondvillois qui perd toute confiance en son père lorsqu'il découvre que ce dernier entretient une relation avec une mineure, ainsi que l'histoire d'un Victoriavillois qui est passé maître dans l'art de recréer numériquement des forêts.
« Ça se passe en 2048, alors que les forêts sont presque toutes disparues. Il y a un conflit qui subsiste entre le jeune homme, qui fait des forêts numériques hallucinantes, et son père, qui fait tout en son pouvoir pour que les vraies forêts continuent d'exister, explique-t-il. Trente ans, c'est bientôt, mais c'est très loin en même temps. Il s'en est passé des choses depuis trente ans. »
Le Louperivois d'origine a vu juste à plusieurs reprises avec ses romans des années 1980, entre autres quant au cyberespace.
L'histoire qui promet de frapper le plus l'imaginaire est celle d'un homme qui renoue avec une ancienne flamme dans la cadre de retrouvailles de collège classique. Cette dernière a perdu ses jambes dans un accident d'automobile. La nouvelle décrit une scène torride au cours de laquelle la demi-femme est suspendue à un pommier alors que l'homme se tient debout dans la vase.
Une imagination sans borne
Jean-Pierre April avait une dizaine d'années lorsqu'il a eu l'occasion de lire son premier livre. Le coup de foudre fut immédiat. La télévision n'ayant pas bercé son avance, il venait de trouver au sein de ces quelques pages une puissante échappatoire afin de catalyser son côté rêveur.
C'est maintenant à son tour de chatouiller l'imaginaire des lecteurs. Bien installé dans son havre de paix de Saint-Lucien, dans la MRC de Drummond, il crée de façon spectaculaire. Ses 19e et 20e livres sont en attente de publication et il a trois autres projets sur la table, dont un roman noir.
« Ce sera une première pour moi. Il s'agira d'un roman de 500 ou 600 pages. Je suis sur une lancée. Je ne sais pas encore comment ça se terminera. J'ai une direction, mais ce sont les relations entre les personnages qui dicteront la suite », précise-t-il.