Rob Lutes

Le bleuté des mots de Rob Lutes

Dès le début de sa carrière de musicien blues, Rob Lutes s’est fait remarquer par la profondeur de ses textes. Ce qui n’est généralement pas le trait qui ressort le plus chez ses confrères et consœurs du même créneau. Mais l’écriture a toujours été une partie importante de la vie de l’artiste. Et il faut dire que la musique de ce Néo-Brunswickois, Montréalais d’adoption depuis 26 ans, est mâtinée de folk et d’americana, ce qui en fait déjà un artiste à part.

« Pour les amateurs de blues traditionnel, je ne suis pas un musicien blues. Mais pour moi, le blues est partout dans la musique. Il est aux racines du country et du folk. Mais c’est vrai que je passe beaucoup de temps sur mes textes et que j’essaie de repousser les frontières du blues. Les grands classiques sont là pour que nous les fassions évoluer, pour intégrer des idées jazz, country, folk, et créer quelque chose d’intéressant. »

Né à Toronto, Rob Lutes a passé les premières années de sa vie à Rothesay, près de Saint John, signant ses premières chansons dès l’école secondaire, avant de tomber amoureux d’une Montréalaise et de l’y suivre parce qu’ils attendaient un enfant. Toujours accompagné de sa guitare, ce grand admirateur de Joni Mitchell et Neil Young a d’abord gagné sa vie comme rédacteur dans le milieu de l’édition. C’est là qu’il a appris à peaufiner ses textes, selon le principe qu’une « écriture acharnée donnait une lecture facile ».

« Encore aujourd’hui, j’apprécie davantage un texte longuement travaillé », souligne qui s’est lancé dans une carrière musicale lorsque son employeur... a fermé boutique.

« La vie m’a aidé à faire le saut, raconte-t-il en riant. À l’époque, je n’avais qu’un seul album. Au bout de deux ans, je suis retourné travailler à temps plein, jusqu’en 2008, où je me suis lancé pour de bon », rapporte celui qui effectue maintenant des tournées dans tout le Canada, aux États-Unis et en Europe.

80 chansons

Rob Lutes s’amène au Sherblues (il n’était pas venu depuis 2012) au lendemain d’une prestation au Festival de jazz de Montréal. Son spectacle sherbrookois devrait ressembler à celui offert au public montréalais, mais le chanteur se garde toujours la possibilité de le modifier à la dernière minute.

« Je ne suis quand même pas Bob Dylan, qui exige de ses musiciens qu’ils connaissent 80 chansons de son répertoire par tournée et en choisit des différentes à chaque concert. Mais avec sept albums, j’ai maintenant un bon bassin. J’aurai les trois mêmes musiciens qu’au Festival de jazz, mais j’essaie de ne jamais donner exactement le même spectacle. Walk in the Dark [son plus récent disque, paru l’an dernier] sera mis en valeur, mais nous allons suivre notre humeur du jour. Comme je n’arrête jamais d’écrire, il y aura probablement une ou deux nouvelles pièces. »

Une de ses récentes chansons rend hommage au bluesman et harmoniciste James Cotton (1935-2017), qu’il a entendu en concert à London, en Ontario, à un moment difficile de sa vie. « Quand j’ai vu cet homme en chaise roulante, presque sans voix, chuchoter au micro, puis se mettre à jouer comme un train de marchandises, toute ma tristesse s’en est allée. Ce soir-là, le blues a rempli sa mission : il m’a guéri. J’ai écrit la chanson dès le lendemain, mais c’est après le décès de Cotton que j’ai senti qu’elle était prête à être lancée. »

Justin Saladino

Nuances de (sher)bleu

Précoce, Justin Saladino? À l’âge d’à peine 9 ans, le Montréalais jouait les succès de Stevie Ray Vaughn, Led Zeppelin et Jimi Hendrix. C’est d’ailleurs une célèbre pièce de Hendrix, Voodoo Child, qui lui valut d’être remarqué par CHOM FM deux ans plus tard. Si bien qu’à 23 ans, Saladino compte plus d’une décennie d’expérience de la scène québécoise, qu’il a partagée avec plusieurs artistes, dont Victor Wainright, Steve Strongman, Frank Marino et Paul DesLauriers. Son premier microalbum, No Worries (2016), lui a valu des présences au Festival de jazz de Montréal, à la Coupe Rogers et au Toronto Blues Summit. Nommé dans la catégorie du nouvel artiste de l’année aux Maple Blue Awards 2018, Justin Saladino promène maintenant les pièces de son nouvel album, A Fool’s Hearts, paru en mai dernier.
À 17 h 30, au Carré Strathcona.

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Rob Lutes
Mercredi 4 juillet, 20 h
Grande Scène / Wellington Sud
Jeudi 5 juillet, 23 h
Liverpool

Également au programme RL Boyce
Scène Rythme & Blues, 17 h

Xavier Rudd
Grande Scène / Wellington Sud